François Bayrou appelle à “une alliance des reconstructeurs”

LE MONDE 11.02.08 Article paru dans l’édition du 12.02.08

Le mouvement démocrate (MoDem) présentera des listes autonomes, aux prochaines élections municipales, dans plus de quatre cents villes de plus de 10 000 habitants.%%% Alors que se succédaient à la tribune de sa “convention municipale”, dimanche 10 février à Paris, quelques-unes des figures de proue engagées dans ce scrutin, François Bayrou n’a pu cacher sa fierté : “Avoir réussi à faire naître une nouvelle génération comme ça, c’est un rêve en train de se réaliser.”%%% Neuf mois après le rêve brisé de l’élection présidentielle, il paraît enfin en paix avec lui-même. Il s’est tellement entendu reprocher de n’avoir pas su négocier l’entre-deux-tours. Tant de ses anciens amis se sont détournés de lui. “J’ai vécu parfois douloureusement cette période, comme jamais dans ma vie d’homme politique je n’en avais vécue”, reconnaît-il. Mais, pour la première fois en public, il confie son soulagement de s’être exprimé dans les colonnes du Monde, au soir du débat ayant opposé les deux candidats du second tour. “J’ai dit que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy. Je voulais que cela fût dit à ce moment, même si je devais être seul à le dire.” La salle se lève instantanément pour l’ovationner.%%% Un choix qu’il revendique aujourd’hui. “J’étais inquiet, mais mon inquiétude n’allait pas jusqu’à imaginer que les choses iraient aussi vite, a poursuivi M. Bayrou. Je n’aurais pas imaginé la remise en question des piliers de notre République : la liberté de la presse et la laïcité. Je n’aurais pas imaginé la cour, le perpétuel concours de servilité, les grâces et les disgrâces des favoris. Au bout du compte, la vanité, la vacuité de tout cela.”%%% “De cet immense dérapage, notre pays risque de sortir traumatisé”, juge M. Bayrou, évoquant ” tant d’espoirs déraisonnables, tant de fascination et, au bout du compte, tant de désillusions”. “Le temps viendra assez vite, conclut-il, où la question sera celle de la reconstruction d’un projet national.” Un projet pour lequel il veut que se rassemblent “toutes les grandes familles de la République, des forces de gauche, des forces du centre démocratique et la partie la plus consciente de la droite républicaine”. Ce qu’il appelle l'”alliance des reconstructeurs”. %%% Patrick Roger