Comment sortir de la crise financière et de l’extension de la misère qui dévaste la planète ? Le Professeur Muhammad Yunus apporte des solutions

((/images/180px-Grameen_Yunus_Dec_04.jpg)) [http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/04/25/muhammad-yunus-le-systeme-est-aveugle-a-toute-autre-consideration-que-le-profit_1038321_1004868.html|http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/04/25/muhammad-yunus-le-systeme-est-aveugle-a-toute-autre-consideration-que-le-profit_1038321_1004868.html|fr]  » Tous les êtres humains ont la capacité et l’énergie nécessaires pour changer le cours de leur vie  » Pr Muhammad Yunus Notre système économique capitaliste arrive en fin de cycle. Le nombre de pauvres et de miséreux explose et les banques occidentales ne  » prêtent qu’aux riches  » pour caricaturer une situation pourtant bien réelle ! Elles perdent donc des clients ( qui ne les intéressent pas ! ), mais certains de leurs clients traditionnels connaissent de graves difficultés à cause des problèmes sociaux et économiques qui touchent tous les pays, y compris ceux qui sont dits riches. Car ici aussi la pauvreté s’étend. Il aura fallu la crise des subprime, qui a inquiété ou ruiné des millions de personnes aux U.S.A., pour servir de révélateur à une situation qui écrase depuis des décennies, et un peu plus chaque jour, les populations misérables des pays pauvres.%%%

Un peu comme la prise de conscience des problèmes écologiques s’est faite, d’un seul coup aux U.S.A., et un peu plus en Europe, après la passage dans plusieurs Etats de l’ouragan Katrina en février 2006. Bilan: près de 2 000 morts ou disparus, 800 000 déplacés, 110 milliards de dollars d’alloués pour reconstruire … et la surfacturation des travaux de déblaiements par des entreprises par 4 ou 6. Alors que les pays pauvres souffrent et payent les conséquences de pollutions qu’ils n’ont pas créées, désertification ou aggravation de la sécheresse notamment, depuis plus de 50 ans, dans l’indifférence presque générale des pays riches et sans aides efficaces.%%% Au niveau économique, on assiste à une distorsion grave. Certains pays pauvres s’appauvrissent de plus en plus. Et à l’échelon humain, l’enrichissement personnel explose pour les riches et la pauvreté s’aggrave de plus en plus pour les pauvres; et depuis quelques temps, cela est valable aussi dans les pays riches. Dans ces pays, seul les filets de sécurité sociaux, quand ils existent, masquent en partie cette terrible évolution mondiale qui marginalise et détruit des milliards d’individus ailleurs.%%% Pour en revenir à nos banques, elles ont un rôle social qu’elles ne remplissent pas.%%% Le Bangla Desh, pays de 150 millions d’habitants qui s’extirpent lentement de la pauvreté par leur travail, est un laboratoire dynamique et démocratique. Le microcrédit, idée géniale, doit progresser pour créer de la richesse et pas seulement la redistribuer.%%% Le Professeur Muhammad Yunus, économiste du Bangla Desh, prix Nobel de la paix en 2006 avec la Grameen Bank, et Co-Président du Comité d’Honneur de PlaNet Finance ( ONG internationale qui lutte contre la pauvreté par le développement de la microfinance ), est l’initiateur du microcrédit puis de l’entreprise sociale. %%% Il pense qu’une famille même misérable est une unité de production qu’il convient d’aider au départ pour qu’elle devienne rentable; et ça marche !%%% Bilan de 25 ans de microcrédit dans le monde: 150 millions de personnes sorties de la pauvreté ! Après le microcrédit, ce Bangladais développe l’entreprise sociale afin d’apporter un bénéfice social aux exclus du monde économique. Et le nombre de ses  » clients  » potentiels augmente de plus en plus, malheureusement !%%% Voici le début de l’article et l’interview passionnante de celui qui apporte de l’espoir aux désespérés broyés par l’ultralibéralisme mondial ambiant. Dans  » Le Monde  » du 25 avril 2008 ( voir lien au début ). %%%  » Elle s’appelait Sufiya Begum. Au début des années 1980, elle vivait dans une maison de terre, à la campagne, au Bangladesh. Elle fabriquait de jolis tabourets en bambou. Son mari, journalier, gagnait l’équivalent de quelques centimes d’euros par jour. Ne possédant pas d’argent, Sufiya Begum vendait tous ses tabourets à un commerçant, qui les lui échangeait contre 25 cents et un peu de bambou – c’était son prix. Un jour, Muhammad Yunus vient la trouver, étonné qu’elle gagne si peu. A cette époque, après des études économiques aux Etats-Unis, le professeur Yunus doute. En 1974-1975, le Bangladesh a été ravagé par une terrible famine, et, raconte-t-il, il trouvait alors  » de plus en plus difficile d’enseigner d’élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres, tandis que la mort ravageait [son] pays « . Il décide d’agir, bien déterminé à endiguer la pauvreté dans la région de Jobra. Il ne comprend pas pourquoi elle est endémique. En discutant avec Sufiya Begum, il réalise ce qu’il se passe. « Cette femme était étranglée par son prêteur. Il la condamnait à une sorte d’esclavage. Elle lui donnait toute sa collection de tabourets pour 25 cents, juste parce qu’elle ne pouvait acheter le bambou. Il lui manquait un crédit. J’ai mené une enquête. Quarante-deux villageois dépendaient des prêteurs. Tous auraient pu vivre de leur activité, avec un petit investissement. Il leur fallait, en tout, 27 dollars. Je les avais en poche…  » Les idées fondatrices de la Grameen Bank et du microcrédit sont nées de ces rencontres. %%% Le professeur Muhammad Yunus, depuis plusieurs années, développe une nouvelle initiative:  » l’entreprise sociale « , rentable ET sociale. Ainsi a-t-il créé au Bangladesh, avec Franck Riboud, le PDG de Danone, la société Grameen Danone Foods qui vend aux habitants de Bogra des yaourts frais à bas prix, qu’ils voudraient servir dans des coques comestibles – et vitaminées. L’initiative permet de lutter contre la malnutrition et les carences alimentaires et d’offrir des emplois locaux. Si elle fonctionne, elle sera étendue à tout le pays.  » Ce genre de petite entreprise sociale pourrait se généraliser, explique le professeur Yunus. Elle ouvre un nouveau type de marché, attentif à la pauvreté et aux besoins réels, qui va peut-être changer nos fondamentaux économiques.  » %%% Nous avons rencontré Muhammad Yunus à Paris, alors que le système mondial du crédit traverse une crise historique et que plusieurs grandes banques se sont effondrées. La peur de la récession gagne les Etats-Unis et des dizaines de milliers d’Américains se retrouvent poussés à la rue par les organismes prêteurs. Qu’en pense le fondateur de la Grameen Bank, où les taux de remboursement dépassent les 95 % ?%%% Comment expliquez-vous cette gigantesque crise du crédit populaire qui ébranle l’ensemble du système financier ? L’avez-vous vu venir ?%%% Dans l’affaire des subprimes, la crise est inhérente au fonctionnement du monde financier et bancaire. Les principes mêmes de crédit, les garanties exigées, les primes de risque réalisées sur le dos des moins solvables ont révélé combien ce système ne sait pas prêter aux pauvres. La faute revient donc d’abord aux banques. Elles ont prêté beaucoup d’argent en multipliant les fausses promesses. Elles se sont montrées très agressives dans leur publicité. Elles proposaient aux gens des offres fantastiques, assuraient que les plus modestes pourraient rembourser sur la durée. En fait, les crédits devenaient de plus en plus lourds. C’est la logique du système financier. Les pauvres doivent être mis sous pression pour rembourser. A la Grameen Bank, nous faisons l’inverse. Nous ne demandons pas de garantie pour prêter de l’argent. Nous n’étranglons pas les gens en pratiquant des taux exorbitants. Nous avons inversé le principe même du crédit. Chez nous, moins vous avez, plus vous nous intéressez. Si vous n’avez rien, alors vous êtes prioritaires. Et ça marche ! Notre taux de remboursement est supérieur à 95 %, comparez !%%% Les subprimes, les dettes transformées en produits financiers, l’aveuglement face à la situation des ménages les plus pauvres : comment en sommes-nous arrivés là ? %%% Le système financier cherche toujours le meilleur rendement, il est emporté par sa propre logique, les subprimes, les titres, les hedge funds… La seule voix qui se fait entendre sur le marché est la maximisation des profits. La vente des crédits consentis en titres financiers et créances hypothécaires, la création et les échanges d’actifs bancaires sans solvabilité ont accéléré la crise. De grandes banques, de grandes sociétés les ont utilisés pour se couvrir à l’heure des bilans. Le système est aveugle à toute autre considération que le profit. Aujourd’hui, les médias font leurs gros titres sur les sommes colossales perdues par les banques, tout cet argent dilapidé, ces patrons démis de leurs fonctions… Mais j’entends très peu parler des familles qui ont été dupées par les offres inadaptées des banques, qui se retrouvent poussées à la rue, poursuivies par les créanciers, ces centaines de milliers de gens qui les ont crues.%%% Vous remettez en cause le principe même de l’octroi du crédit sous garantie, fondement de la théorie économique classique et du fonctionnement financier… En effet, je critique le dogme selon lequel des prêts ne peuvent être accordés sans garantie, surtout aux plus pauvres. Tous les banquiers défendent ce principe sans même l’analyser. Quand nous avons commencé, en 1983, ils nous disaient :  » Vous gaspillez votre argent. Vous ne serez jamais remboursé. Votre système va s’écrouler.  » Mais c’est leur système qui s’écroule aujourd’hui. Depuis vingt-cinq ans, la Grameen Bank et les institutions du microcrédit ont distribué 6 milliards de dollars à 150 millions de familles, sans demander de garantie. Notre banque réalise des profits, comme toute banque bien gérée. Elle n’a pas eu recours à des dons depuis 1995. Elle fonctionne en collaboration avec 10 000 institutions de crédit dans le monde. Selon une enquête récente, 64 % de ceux qui nous ont emprunté pendant cinq ans sont sortis de la pauvreté chronique. Notre initiative constitue une opportunité pour ajuster l’ensemble du système financier. Il devrait permettre de penser un nouveau genre de crédit qui ne laisse personne de côté. Les principes actuels du système bancaire interdisent à la moitié de la population mondiale de participer à la vie économique. Pas seulement dans les pays du Sud, mais aux Etats-Unis et en Europe aussi. Les banques traditionnelles demandent aux gens d’être solvables avant même de leur prêter de l’argent. Mais alors à quoi servent-elles, si elles ne les aident pas à sortir d’une situation difficile, à créer de la valeur, du travail ? Les banques demandent tous les jours à leurs avocats de coincer leurs clients. Nous n’avons pas de juristes dans notre système. Nous n’en avons pas besoin. On mesure combien la théorie économique dominante présente plusieurs angles morts.%%% Pour la suite, voir le lien en haut de l’article.

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