Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du MoDem: on a une chance pour le Mouvement démocrate, c’est d’avoir un président, reconnu par l’ensemble de ses membres

((/images/Logo_Modem.jpg))%%% ((/images/Andia_127325_Small.jpg)) Le député européen et vice-président du MoDEm était l’invité du Talk Orange-Le Figaro%%% [http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/07/01/01021-20080701ARTFIG00523-le-talk-jean-lucbennahmias.php|http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/07/01/01021-20080701ARTFIG00523-le-talk-jean-lucbennahmias.php|fr] %%% Anne Fulda – Ce soir nous recevons Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du MoDem. Bonjour. Si vous êtes là c’est que vous n’allez pas à la cérémonie de l’Arc de Triomphe qui célèbre le début de la présidence française de l’Union européenne. Vous n’étiez pas invité ? – J’étais à Bruxelles cet après-midi, avant de venir dans vos studios. Je fais des allers-retours avec Bruxelles. J’étais en commission sociale et emploi. Tout ce qui est commémoration, très bien, mais je n’ai pas que cela à faire.%%% Ce n’est pas parce que le MoDem est tricard à l’Élysée ? %%% – Ah ! Non.%%% Ca n’a rien à voir ? %%%

– Je rencontre différents ministres régulièrement à leur demande ou à ma demande par rapport à différents thèmes, européens ou autres. Non, pas tricard à l’Élysée pour autant par rapport à tout cela, ce sera vraiment stupide.%%% Avez-vous écouté le président de la République hier soir sur France 3 et qu’est-ce que vous avez pensé de son discours. Si vous ne l’avez pas écouté, vous l’avez lu. On est loin de l’Europe pleine d’allant des débuts, ça craque dans tous les sens ? %%% – Il n’y a pas que le discours de Nicolas Sarkozy qui m’énerve. Ce qui m’agace… Je vais vous poser une autre question : quelle était la priorité de la présidence slovène, de la présidence portugaise, de la présidence allemande ? Et nous on nous sort, depuis des semaines, médiatiquement et aussi au niveau de l’Élysée et des ministères, quatre priorités, cinq priorités. Comme si en six mois, une présidence allait tout changer. En plus avec le non irlandais, le refus du président polonais, les choses sont plus lourdes. Si dans les six mois, la présidence française avec Nicolas Sarkozy arrive à mettre en valeur la moitié d’une des priorités, par exemple sur le changement climatique. On aura fait un énorme pas en avant, on aura vraiment avancé par rapport à l’Europe. Le fait de dire qu’il y a dix mille priorités me sidère. Ce n’est pas comme cela que ça se passe l’Europe.%%% C’est de la communication ? %%% – Non, c’est de l’incompréhension.%%% Incompréhension de l’Europe ? %%% – Oui, de l’Europe.%%% De la façon dont elle fonctionne ? %%% – Et cela peut expliquer ici ou là les déceptions de nos concitoyens que ce soit ici en France ou ailleurs sur mais que font-ils ? Pourquoi ça n’a pas avancé si vite ? Vraiment c’est lent, surtout à 27 pays. Faire bouger les lignes ne serait-ce que sur la fiscalité, puisqu’il y a le paquet fiscal, TVA et ainsi de suite… C’est très lent. S’il n’y avait que ça déjà, si on avançait sur des bouts de fiscalité commune dans le cadre de l’Union européenne. Quand je dis cela, je sais que ce n’est pas possible malheureusement. Mais qu’on avance mais pas tout à la fois. Tout à la fois c’est mentir et c’est se mentir, c’est ça le problème.%%% Vous venez d’évoquer le non des Irlandais à la ratification du traité de Lisbonne et puis la position du président polonais, qui a déclaré que finalement plus besoin de s’occuper de ce traité européen puisqu’après le non irlandais, ça ne sert à rien. C’est un coup dur pour la présidence française, vous le pensez vraiment, pour l’Europe en tout cas ? %%% – Pour l’Europe le coup est très dur. Il n’y a pas de Plan B encore une fois. Il n’y avait pas de Plan B de la Constitution avec les référendum par rapport aux non des Pays-Bas et de la France. Il n’y a pas de Plan B non plus. Je crois qu’à un moment donné il faut savoir non pas stopper la construction de l’Union européenne qui est indispensable. Mais prendre aux mots les concitoyens quand ils votent. S’ils votent et qu’on leur dit après « ça ne sert à rien ». A un moment donné la rupture qui existe entre une majorité de nos concitoyens dans le cadre européen et les leaders européens, les institutions européennes, dont le parlementaire que je suis, va être devenir énorme. Je n’ai pas de solution miracle par rapport à tout cela. Il faut écouter, entendre cette espèce de volonté des différents peuples. Je suis pour le oui et même pour le traité de Lisbonne plus qu’illisible. Je dirai rien que pour le oui parce qu’il faut que ça avance. Il n’y a pas de force des États nations dans le cadre de l’Union européenne des 27 et de la France comprise s’il n’y a pas d’Union européenne qui se construit, qui est vraiment en construction. Le problème c’est qu’on ne sait plus comment faire.%%% Phrase du jour prononcée hier par le président de la République sur France 3 : «L’Europe inquiète et pire peu à peu nos concitoyens se demandent si finalement l’échelon national n’est pas mieux à même de les protéger que l’échelon européen». C’est un terrible constat d’échec et comment renverser la situation parce que ça fait des années qu’on dit voilà il faut faire aimer l’Europe, la faire comprendre ? %%% – Cela fait des années que nos différents gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, présidences de droite ou de gauche, et d’autres gouvernements, on n’est pas les seuls, utilisent l’Europe, et chaque fois c’est la faute à Bruxelles. Qui c’est Bruxelles ? Bruxelles, c’est le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. La Commission vient après, le Parlement est complémentaire. Qui décide ? Les chefs d’État et de gouvernement, élus démocratiquement par les populations. Arrêtons de dire que c’est Bruxelles. Ce sont les chefs d’État et de gouvernement. J’aimerais bien que dans les conseils européens il y ait toute transparence sur ce dont ils ont discuté. Qui a discuté de quoi ? Qui a dit quoi par rapport à tel ou tel thème – l’agriculture, la consommation, l’énergie, les transports ? Qui dit quoi, qui défend quel projet, qui défend quelle proposition, qui défend quel budget ? Pour l’instant, le seul lieu non transparent de l’Union européenne, c’est le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement ou des ministres qui discutent entre eux. Une décision sort, parfois pas toujours, et on ne sait pas comment elle sort.%%% Parmi les motifs d’inquiétude il y a la possible entrée de la Turquie. Vous êtes pour ou contre. Vous faites une moue, vous pensez que ce n’est pas un motif d’inquiétude ? %%% – Non, je n’ai pas envie de me faire peur avec ça parce que c’est dans quinze ans si la Turquie entrait dans le cadre de l’Union européenne. Quinze ans, on a vraiment le temps. Je n’invente pas à chaque fois, comme beaucoup d’autres, le fait que c’est Eisenhower et De Gaulle au début des années 60, qui ont dit «La Turquie doit faire partie intégrante de l’Europe». Tout le monde l’a bien vu. Personne n’a sauté en l’air au championnat d’Europe de football. Quand on voyait l’équipe turque en demi-finale. Ce n’est pas demain la veille. De mon point de vue, il faut que l’État turque accepte, reconnaisse le génocide arménien. Deuxièmement, que l’ensemble des libertés démocratiques sur les discriminations, sur la parité homme femme, sur les reconnaissances des différentes populations vivant en Turquie, notamment les Kurdes… Tout cela doit être respecté. On voit que ce n’est pas si simple. On ne peut pas mentir à un peuple. On a depuis des années, l’Union européenne, nos chefs d’État et de gouvernement, qui encore une fois quelles que soient leurs couleurs, ont continué à discuter, à négocier. On verra bien. Ne nous faisons pas peur avec cela, parce que c’est dans quinze ans. Au minimum dans quinze ans.%%% Pour revenir à la politique plus franco-française. Cela fait un an que vous avez rejoint François Bayrou et son parti. Que pensez-vous de cette phrase de Xavier Bertrand qui a reçu un prix de l’humour politique : «Le parti socialiste c’est un parti sans leader, François Bayrou est un leader sans parti, ils sont faits pour fusionner» ? %%% – C’est amusant.%%% Ce n’est pas si faux que ça ? %%% – C’est un peu humiliant pour les gens qui sont encore avec François Bayrou. Je pense à quelques dizaines de députés, sénateurs, députés européens, puisqu’il y a quand même du monde, et pour les 50 000 adhérents du Mouvement démocrate, c’est quand même un peu humiliant. Je sais bien qu’il a eu beaucoup de départs, des ex-UDF. Chacun vit sa vie dans le monde démocratique dans lequel nous sommes. Nouveau centre, ceux qui se regroupent autour de Jean Arthuis. Ils font ce qu’ils veulent, ce qu’ils désirent. Mais le Mouvement démocrate existe totalement. Après, __on a une chance pour le Mouvement démocrate, c’est d’avoir un responsable, un leader, un président, reconnu par l’ensemble de ses membres__. Cherchez bien dans les autres partis politiques, ce n’est pas si simple.%%% Est-ce qu’une alliance avec le parti de Besancenot, qui s’est déclaré anticapitaliste, est possible ? – De mon point de vue non parce qu’il refuse toute alliance. Ils sont dans un modèle qui pour moi n’est pas un modèle de reconnaissance des aspects… démocratiquement… Avec Olivier, qui est fin, malin… La LCR est une structure qui a réussi à se rénover de manière absolument incroyable par rapport à des scores qu’ils faisaient des années auparavant – il y a quand même de vraies bases sur la justice et ainsi de suite. Le débat que j’aurai avec eux c’est : quelles sont les mises en place de vide démocratique qu’ils mettraient s’ils avaient le pouvoir. Pour l’instant ils ne l’ont pas, mais s’ils avaient le pouvoir ? C’est le vrai débat. La démocratie est absolument essentielle.%%% Jeanne, internaute : comment voyez-vous l’avenir de François Bayrou en 2012 ? %%% – Bien, de toute façon lui va bien. Bien, si les différentes échéances auxquelles on va participer – élections européennes en 2009, élections régionales en 2010 ou en 2011 – vont bien pour le Mouvement démocrate. Après, tout dépendra aussi des évolutions des autres partis politiques. Des deux autres forces politiques qui sont en France. Le MoDem étant la troisième. Le parti socialiste est en difficulté et l’UMP a du mal à vivre sa vraie vie démocratique.%%% René, internaute : Jean-Marc Rouillan, ancien d’Action Directe, a rencontré Olivier Besancenot, est-ce que vous êtes choqué ? %%% – Je ne suis pas choqué. Jean-Marc Rouillan vient de faire vingt-cinq années de prison. Ce qu’il avait fait à la fin des années 70, début des années 80, est absolument inacceptable, intolérable. Au-delà du stupide, totalement intolérable. Ca les regarde. Je ne meurs pas d’envie de rencontrer Jean-Marc Rouillan.%%% Rachida, internaute : Platini soutient Domenech, il est sauvé ? %%% – Platini ? Tout va bien pour lui… Domenech, non je n’en sais rien. Il faut être très clair par rapport à ça. Si on veut donner du sens vraiment au jeu footballistique tel qu’on l’a vu d’ailleurs pendant le championnat d’Europe avec l’Espagne et ainsi de suite… de mon point de vue, il faut changer d’entraîneur. Non pas parce que Domenech est un méchant, un mauvais. Mais parce qu’à un moment donné il faut redonner du souffle et laisser la place aux jeunes.

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