Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du MoDem: au Parlement européen … on travaille ensemble pour l’intérêt général commun européen. C’est mon rêve aussi pour la France

((/images/Logo_Modem.jpg))%%% ((/images/M DE Sarnez 1 .jpg))%%% La députée européenne et vice-présidente du MoDEm était l’invité du Talk Le Figaro %%% [http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/07/08/01021-20080708ARTFIG00501-le-talk-marielle-de-sarnez.php|http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/07/08/01021-20080708ARTFIG00501-le-talk-marielle-de-sarnez.php|fr] %%% Laurent Guimier: Bonsoir, Marielle de Sarnez. La France va demander l’extradition de l’ancienne Brigade rouge, Marina Petrella. Cette femme a tué un commissaire de police en 1981. Elle est aujourd’hui dans un état psychique très dégradé, faut-il la livrer aux autorités ? %%% Marielle de Sarnez – Il faudrait compléter votre information parce que l’extradition est demandée par les Italiens. Nicolas Sarkozy a annoncé, aujourd’hui, qu’il était prêt à le faire, mais en même temps il demande qu’elle soit graciée. Tout ceci est un peu ambigu. S’il demande la grâce, c’est qu’il pense que ça serait une meilleure chose pour elle. Je rappelle aussi là-dessus toute la complication de la chose parce qu’il y avait une parole de la France, qui était celle de François Mitterrand, qui les avait accueillis en disant qu’ils ne seraient pas poursuivis en France. Nous sommes donc dans quelque chose de juridiquement, politiquement compliqué d’autant plus qu’elle est dans un état qui ne permettra même pas son transport.%%%

Il y a des symboles qui comptent. %%% – Bien sûr. Je la récuse complètement la violence de cette période-là de toutes mes fibres et de toutes mes forces. En même temps, Nicolas Sarkozy a dit : «Je vous la rends» et «Je vous demande de la gracier». S’il faut la gracier, faut-il la rendre ? C’est une question.%%% Assistez-vous aux cérémonies du 14 juillet, à Paris ? %%% – Non, pas cette année.%%% Si vous aviez croisé le président Bachar el-Assad lui auriez-vous serré la main sans aucun problème ? %%% – Non. J’aurais aimé d’abord connaître les résultats de l’enquête avant qu’il ne vienne en France.%%% Le président syrien dans Le Figaro, mardi matin, a qualifié lui-même sa visite «d’historique» puisqu’elle ouvre à la Syrie une grande porte sur la scène internationale… Vous savez qu’il y a une enquête en cours et que j’aurais trouvé plus digne de la part de la France d’attendre les résultats de l’enquête avant de lancer cette invitation.%%% Il ne faut donc pas donner une carte blanche à la Syrie ? %%% – Pas tant qu’on n’a pas les résultats de cette enquête.%%% On parle de la politique économique, les 35 heures, c’est l’actualité du jour à l’Assemblée : adoption en première lecture du projet de loi sur la démocratie sociale. Il comporte notamment un amendement, qui a été voté la nuit dernière, qui porte de 218 à 235 jours par an la durée maximale de travail pour les cadres. C’est donc un assouplissement quasi définitif des 35 heures. François Bayrou et le MoDem n’ont jamais porté les 35 heures dans leur cœur, et vous votez contre cette loi. Est-ce un paradoxe ? %%% – Il y a quelque chose sur la forme qui me dérange. Moi je crois à une société dans laquelle il faut des corps intermédiaires forts. À partir du moment où l’on avait demandé aux syndicats de réfléchir sur deux points qui étaient premièrement, la question de la représentativité et deuxièmement, la question de l’assouplissement. Que les syndicats avaient fait le travail. Ils ont fait le job. Ils ont proposé un assouplissement. Quand vous remettez cela en cause, quelque part c’est remettre en cause une parole donnée et je trouve que l’on rentre dans un système de défiance qui n’est pas forcément une bonne idée.%%% D’accord, mais on est derrière cette polémique. Il y a une loi. %%% – Je ne suis pas derrière cette polémique. Je considère qu’à partir du moment où l’on a confié cela aux partenaires sociaux…%%% Cela va laisser des traces. %%% – Bien sûr que cela laissera des traces. Parce que si vous dites aux partenaires sociaux : «Allez-y, je vous fais confiance. Avancez». Ils ont avancé. Puis, vous leur dites : «Vous pensiez que j’allais vous laisser faire. Finalement, non, c’est moi qui reprends la main.» Pourquoi voulez-vous ensuite qu’ils soient responsabilisés ? Si on veut les responsabiliser, il faut leur déléguer des responsabilités jusqu’au bout. Par ailleurs, au détour de la nuit, au détour d’un amendement, augmenter le nombre de jours travaillés pour les cadres, comme s’ils ne subissaient pas assez les pressions qui sont aujourd’hui lourdes dans le monde du travail, il y a quelque chose là-dedans qui va à rebours de la modernité.%%% On parle encore beaucoup de cette phrase de Nicolas Sarkozy prononcée ce week-end sur les grèves qu’on ne voit pas quand elles se déroulent. Écoutez ce que Ségolène Royal disait ce matin de Nicolas Sarkzoy sur ce sujet. C’est sur RTL. (Passage vidéo) Un peu caricatural quand même ? %%% – Je laisse ces propos à Ségolène Royal et en même temps je regrette les propos de Nicolas Sarkozy qui sont pour moi, des effets de manches de tribune. Je rappelle que Nicolas Sarkozy est tout de même le président de la République française, président de tous les Français et que ces propos ne choquent plus personne, mais moi ça me choque, car ils ont été tenus à la tribune du rassemblement de l’UMP.%%% Le président de la République ne peut pas aller à l’UMP ? %%% – Moi je trouve que c’est un petit peu choquant, quand vous êtes président de la République, vous êtes président de tous les Français. En tous les cas c’est l’idée que je me fais de la fonction. C’est une fonction qui rassemble les Français, qui représente l’ensemble des Français, et ce n’est pas une fonction de chef de parti. Et vous voyez, cela amène ce genre de petites phrases qui franchement n’apportent rien au débat.%%% On va jouer à un jeu. Vous avez dit à un chat, il y a quelques jours : «Ce serait bien que la politique française permette de proposer, avancer, réfléchir, construire en évitant la simplification qui résume la vie politique en un affrontement entre deux camps.» Le jeu est donnez-moi une chose positive qu’a fait Nicolas Sarkozy depuis son élection ? %%% – Avoir confié, dans un premier temps, la responsabilité aux partenaires sociaux pour justement plus de flexibilité et de souplesse dans le temps de travail, je l’avais salué et je trouvais que c’était…%%% Vous allez me dire que ça s’est écroulé ? %%% – Je trouvais que c’était une bonne chose. Faire voter quelque chose sur l’intéressement et sur la participation, je trouve que c’est bien et que ça va dans le bon sens. J’attends de voir comment cela se réalisera ensuite pour les salariés. Moi je me sens coresponsable de l’avenir de mon pays. Nous n’avons pas partie liée avec le gouvernement ou l’UMP, nous sommes libres, indépendants. Quand on est libre, on peut aussi reconnaître quand les choses se font. En même temps, vous savez que nous ne défendons peut-être pas la même vision ou le même projet de société. Enfin, la moindre des choses dans une démocratie c’est d’avoir ce droit-là.%%% J’ai lu dans l’agenda du MoDem de cette semaine, que c’était la fin de la consultation nationale des adhérents. Combien y a-t-il d’adhérents, en ce moment, au MoDem ? %%% – Soixante-cinq mille, je crois.%%% Qu’est-ce un adhérent chez vous ? Ce sont des gens à jour de cotisation ? %%% – C’est quelqu’un à jour de cotisation 2008 ou qui, s’il est à jour de cotisation en 2007, doit se mettre à jour en 2008 pour voter. Je crois que je n’ai pas dit de bêtises.%%% Ce ne sont pas des gens qui se sont inscrits sur Internet, etc… Ce sont des gens qui ont donné de l’argent. %%% – Non, c’est une chose sérieuse.%%% Une petite question sur le conseil de Paris. À quoi vous sert le conseil de Paris si vous n’êtes ni dans la majorité ni dans l’opposition ? Sur des cas très concrets, au-delà de donner votre avis. – Il n’y a qu’en France où l’on a cette façon de voir la politique.%%% Parce qu’il y a des dossiers et il faut trancher. %%% – Mais pardon, si vous me posez une question, je vais vous répondre avec grand plaisir en plus. Je pense que c’est une façon très simplificatrice de penser la vie politique entre «je suis pour» ou «je suis contre». Je suis dans la majorité ou je suis dans l’opposition. Je suis parlementaire européenne et heureuse de l’être. Au Parlement européen, jamais nous ne pensons en ces termes-là. Il n’y a pas de majorité ou d’opposition. Il y a des groupes de sensibilités différentes. Le pouvoir du Parlement européen est très fort, très lourd, quelquefois plus consistant que le pouvoir du Parlement national, par exemple, en France. On a davantage de pouvoir, notamment avec ce qu’on appelle la codécision où les textes importants du Conseil européen ne sont pas adoptés si le Parlement européen ne les valide pas. Jamais nous ne réfléchissons en termes de majorité et d’opposition. Il y a l’expression de plusieurs sensibilités et quand on est autour de la table, on travaille ensemble pour l’intérêt général commun européen. C’est mon rêve aussi pour la France.%%% On termine avec trois questions d’internautes déposées toute la journée sur le Figaro.fr et Orange Actu. Question de Mickey : «Êtes-vous candidate aux européennes en 2009 ?» %%% – Oui, je pense que je le serai. Je suis sortante dans la région de l’Ile-de-France où j’avais conduit la liste la dernière fois. J’espère l’être pour l’année prochaine.%%% Question d’Alexandre : «Les médias en font-ils trop aujourd’hui autour d’Ingrid Betancourt ?» %%% – Moi j’ai été très touchée par cette femme. Je trouve qu’elle a une force formidable. J’ai eu la chance de voir ses enfants trois ou quatre fois et je trouve formidable leur combativité. Je pense qu’il y a un moment où elle dira d’elle-même : «Stop, j’ai envie d’intimité, de me retrouver avec ma famille». Et je pense que ce moment viendra d’elle.%%% Dernière question de Benoît : «Où serez-vous le 8 août, à 8 heures du matin ?» Vous savez de quoi je veux parler : c’est la cérémonie d’ouverture des Jeux.%%% – Je ne serai pas à Pékin, je ne communierai pas. Il y a quelque chose qui me choque dans cette affaire de Pékin. Bien sûr les Jeux sont un moment de sport formidable, mais il n’y a pas que la question du Tibet, il y a aussi la question de la démocratie et des droits de l’homme en Chine. Il ne faut pas l’oublier. Et notamment la question des internautes en Chine parce qu’aujourd’hui on s’exprime sur Internet. Les internautes n’ont simplement pas la possibilité de surfer et de poser un certain nombres de mots qui sont Tibet, Tianan Men, Taïwan, vous n’avez même pas le droit de le faire sur l’Internet chinois.%%% Si vous voyez Nicolas Sarkozy à la télévision à 8 heures, le 8 août ? %%% – Je le verrai au Parlement européen, jeudi matin.%%% Cela veut dire s’il est là-bas ? %%% – J’aurai préféré que la France à la limite se conduise comme Angela Merkel. Elle dit les choses assez crûment aux Chinois. Moi je pense que les Chinois respectent ceux qui leur disent les choses en face et qui ne changent pas d’avis plusieurs fois. Je ne suis pas sûre que la position de la France ait été assez ferme de ce point de vue là.%%% Éloge du rapport de force.%%% – Oui, cela n’empêche pas les Allemands de vendre beaucoup plus que nous aux Chinois%%% Merci, Marielle de Sarnez.

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