Revue de presse européenne: Le péril russe et ses conséquences géostratégiques vus de Lettonie, du Royaume Uni et d’Espagne

((/images/drapeau-europe.jpg))%%% Analyse lucide sur la capacité de nuisance des dirigeants russes qui vont pousser leur avantage vers d’autre points faible de notre continent, faiblesse ou inexistence d’une Europe en tant que puissance géopolitique et __plaidoyer pour une Europe politique parlant d’une seule voix, mais pour dire quelque chose et défendre les Européens__ conte les appétits russes, dénonciation de notre dépendance énergétique scandaleuse de produits polluants et toxiques, voici un beau tour d’horizon des réveils de notre presse libre et indépendante. Existe-t-elle en Russie ? Et dans certains coins de l’Europe pour combien de temps ?%%% ((/images/Unknown.gif))%%% __Latvijas Avīze – Lettonie__%%% __La Transnitrie, prochaine zone de troubles ?__ %%% Le quotidien Latvijas Avīze craint que la Géorgie ne soit pas la seule victime de la politique de Moscou : « Un scénario similaire pourrait toucher la République de Moldavie. La république séparatiste de Transnitrie pourrait terroriser le reste du pays si le gouvernement de Chisinau osait se tourner un peu plus vers la Roumanie et par conséquent vers l’Occident.

… Ce que décideront les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN lors de leur rencontre en décembre sera particulièrement important pour l’avenir de la Géorgie, d’autant plus que nous sauront alors qui sera le prochain président des Etats-Unis. Et l’Europe doit montrer qu’elle est en mesure d’intégrer les anciennes républiques soviétiques et de résoudre les anciens conflits par la voie diplomatique. Sur ce point nous pourrions parvenir à nous faire entendre d’avantage même si nos déclarations ne sont pas confortables pour tous. » (04.09.2008) %%% __The Guardian – Royaume-Uni__%%% __Nettoyage ethnique en Ossétie du Sud ?__ %%% Dans le quotidien The Guardian, l’historien Timothy Garton Ash reproche aux milices russes de procéder à un nettoyage ethnique en Ossétie du Sud et s’interroge sur l’attitude appropriée de l’Europe vis-à-vis de la Russie : « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une stratégie sur deux fronts qui combine les éléments d’une intimidation dure et d’un engagement habile – pour ainsi dire, guerre froide et détente. … Il doit être clair que la porte reste toujours ouverte pour le type de partenariat stratégique dont l’Occident avait rêvé dans les années 90, avec la Russie comme nouveau pilier d’un ordre international libéral. Notre base de travail doit cependant être que dans un avenir prévisible la Russie de Poutine maintiendra sa position actuelle : celle d’une grande puissance intransigeante, décidée à repousser l’influence de l’Occident et à établir ses propres sphères d’influences dans l’espace postsoviétique dans le style du XIXe siècle. … L’Europe doit faire ce qu’elle peut pour la Géorgie, y compris assurer une présence visible sur place. Mais stratégiquement, il est encore plus important de faire tout son possible pour l’Ukraine. … L’UE devrait maintenant donner à l’Ukraine une perspective claire d’adhésion. … Notre réponse devrait être réaliste dans notre jugement, non seulement de la Russie mais aussi de nos forces et de nos faiblesses. La Russie manie bien les chars. L’Europe n’est pas douée dans le maniement des chars. Mais nous pouvons faire mille autres choses qui sont plus petites, plus douces et plus lentes que les chars mais qui – à condition d’avoir le temps et de disposer de la perspective d’une éventuelle adhésion -peuvent constituer une grande force. Ce modèle européen est maintenant au banc d’essai. » (04.09.2008) %%% __El País – Espagne__%%% __L’Europe a besoin d’une politique extérieure__ %%% Le quotidien El País se penche sur la politique internationale actuelle dans le contexte historique des siècles passés et recommande à l’Europe de développer une politique extérieure autonome : « La vraie question était autrefois [après la fin de la guerre froide] et est aujourd’hui : la paix mondiale peut-elle être garantie par la suprématie unilatérale des Etats-Unis ou bien la paix mondiale doit-elle être recherchée à travers l’établissement d’un ordre multilatéral reposant sur le principe de la prééminence de l’intérêt commun sur celui des intérêts particuliers. … Les Etats-Unis ont commis la grave erreur de miser sur la défense unilatérale de leur hégémonie absolue. … Les événements en Géorgie et l’action de la Russie précédée par celle de l’Occident au Kosovo, et la tentative du président russe Medvedev d’obtenir le soutien de la Chine pour ses actes, montrent clairement quelle direction prendra désormais la politique internationale : tisser des alliances sur la base d’intérêts concurrents, dans le but de défendre ses propres intérêts et ceux de tiers. Dans ce contexte, l’Europe doit se poser certaines questions : doit-elle toujours agir, au travers de l’OTAN, comme figurante des Etats-Unis ? L’Europe ne peut-elle pas chercher à établir vis-à-vis de la Russie une relation particulière qui tienne compte de sa dépendance énergétique et, aussi, des problèmes que la Russie rencontrera avec la Chine à cause de la Sibérie ? Les Etats-Unis n’opteront-ils pas bientôt pour une entente particulière avec la Chine … reléguant ainsi l’Europe ? » (04.09.2008)

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