» Aides d’Etat à l’énergie : la Commission favorise les plus gros pollueurs  » dans Médiapart

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 » Michèle Rivasi, députée européenne, tête de liste Europe-Ecologie pour le Sud-Est, déplore le choix de la Commission européenne en matière d’aides à la protection de l’environnement et de l’énergie, qui fait la part belle aux industries les plus consommatrices, « exonérées d’une contribution égale à celle des ménages européens dans le financement des énergies renouvelables ».

La Commission européenne a présenté mercredi 9 avril les nouvelles lignes directrices concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et de l’énergie. Les écologistes craignaient que ces propositions fassent la part belle aux industries les plus consommatrices d’énergie, au détriment du financement des énergies renouvelables et des factures des consommateurs. Ce n’est désormais plus une crainte mais une réalité.

La politique énergétique européenne est caractérisée par son ambition climatique, même si celle-ci subit les aléas de volontés divergentes au sein des États membres. Elle est aussi tributaire d’une trop forte dépendance énergétique. Face à ces deux constats, il semblerait logique de privilégier les énergies renouvelables et les économies d’énergie pour relever ce double défi. Mais non, la Commission européenne – mal influencée qu’elle est par l’Allemagne mais aussi par la France et le Royaume-Uni et bien évidemment par de puissants lobbies – a décidé que les énergies renouvelables devenaient trop importantes pour continuer à bénéficier de tarifs d’achat avantageux. Et le comble de cette arnaque se retrouve dans sa justification: « Les énergies renouvelables créent une distorsion de concurrence » !

Les propositions faites aujourd’hui permettent aux industries les plus consommatrices d’énergie (chimie, papier, céramique, métal) d’être exonérées d’une contribution égale à celle des ménages européens dans le financement du développement des énergies renouvelables. Plutôt que d’inciter les plus gros consommateurs à réduire leur facture par l’efficacité énergétique, on préfère les exempter et faire payer le gros de la facture aux citoyens et aux petites entreprises. Les écologistes ne peuvent cautionner un tel choix alors que les industries électro-intensives consomment 35% de l’électricité européenne! Quelle est la cohérence avec la volonté affichée de réduire notre dépendance énergétique? Si l’on veut vraiment aider nos industries face à des pays qui n’ont pas adopté de règles environnementales et climatiques aussi contraignantes que les nôtres, il n’y a qu’à mettre en place une taxe carbone aux frontières de l’Europe: c’est ainsi qu’on nivèlera la politique énergétique mondiale par le haut, et non l’inverse!

Par ailleurs, la Commission souhaite en finir avec les tarifs d’achat des énergies renouvelables qui sont pourtant la meilleure garantie de leur développement, en favorisant la prévisibilité et la sécurité des investissements pour les propriétaires des installations. Les nouvelles infrastructures de production d’énergie renouvelables – en fonction de leur puissance – devront désormais passer par des appels d’offres, ce qui favorisera les grosses entreprises et empêchera le développement des coopératives et du financement citoyen de la transition énergétique.

Difficile d’avaler tant de couleuvres quand on ne connaît que trop bien les avantages concédés aux énergies fossiles et nucléaires depuis des décennies, et notamment les budgets de recherche publique dont elles ont bénéficié. Et n’est-ce pas une distorsion de concurrence de laisser les opérateurs nucléaires couvrir seulement un accident nucléaire à hauteur de 91 millions d’euros quand l’État devra assumer la charge potentielle de ses conséquences qui se chiffrent en centaines de milliards d’euros? N’est-ce pas aussi une distorsion de concurrence de subventionner le diesel alors qu’il est reconnu cancérigène certain par l’OMS?

Encore une fois, les écologistes constatent et dénoncent que le principe du “ pollué-payeur ” prévaut sur celui du pollueur-payeur.

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