Archives pour la catégorie Union Européenne

Décès de « Michel Rocard, grand homme politique, député européen, homme de conviction et de dialogue »: rappel de mon article du 15 avril 2009

Je remets mon article du 15 avril 2009 sur Nice Ecologie, suite au décès de Michel Rocard. Un grand Homme qui disparait.

Il n’en reste plus beaucoup de cette énorme stature dans la France de 2016 🙂

« Dans ce déferlement de méconnaissance, d’ignorance ou de bêtise, de mensonges, de racisme qui n’ose même pas dire son nom, il y a quand même beaucoup d’hommes politiques qui raisonnent, réfléchissent et agissent en France et en Europe.

A l’opposé du Président Français, Michel Rocard en fait partie. Comme l’ancien secrétaire d’état aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.

Quand Michel Rocard aborde la future adhésion turque, c’est avec raison. Car il a une excellente connaissance de la géostratégie, de l’économie mais aussi des atouts apportés par ce pays à l’UE et une vision saine de notre avenir commun d’Européens et d’Euro-Méditerranéens.

J’ai lu sur son blog :

 » Merci également à tous les blogueurs qui y ont consacré un billet. Je pense par exemple à Michel Cavallier, Nelly Margotton, André Minetto, Henry Moreigne et Daniel Riot, et tant d’autres encore que je ne peux tous nommer ici. Enfin merci à ceux qui sont venus sur ce blog débattre de ce «Oui à la Turquie ». Soyez assurés que toutes ces contributions nous sont utiles, à ma co-auteur Ariane Bonzon et à moi–même. Elles nourrissent notre réflexion et nos prochains écrits sur le sujet. » Michel Rocard

Une remarque: parmi les pseudos arguments souvent agités avec frénésie contre la Turquie, sa localisation en Asie; et Chypre, pays d’UE, ce qui est une bonne chose, ils la situent où ? De toute façon, c’est d’Eurasie qu’il faut parler en géographie physique ( discipline scientifique ), le reste n’est que vue de l’esprit; alors …

Voici son article complet sur son blog :

http://www.ouialaturquie.fr/2009/01/michel-rocard-se-retire-de-la-vie-politique-mais-pas-du-débat-public-.html?cid=6a00e54f0222c0883401156ee1f4cd970c

 » Les médias ont rendu public mon retrait de la vie politique. Mon mandat de député européen s’achève ce mois-ci. Mais je ne quitte pas la vie publique, et comme chacun d’entre vous le sait, je reste plus que jamais un homme engagé. Simplement, je vais pouvoir me consacrer entièrement aux questions qui me paraissent urgentes et décisives, comme celle de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, qui m’a conduit à écrire Oui à la Turquie et à ouvrir ce blog.

Ecrit pour mieux se connaître et se comprendre, entre France, Turquie et Europe, « Oui à la Turquie » sera bientôt publié en turc. Je m’en réjouis car il a rempli l’un de ses objectifs: établir une passerelle entre nos deux pays.
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Les Verts/ALE soutiennent la nouvelle Initiative Citoyenne Européenne contre la négociation de TAFTA (Traité de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis)

Publié le  dans Actualités europe Newsletter Parlement européen

Ska et Yannick
« Alors que s’ouvre cette semaine le sixième cycle de négociation sur le très controversé Traité de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis (TAFTA/TTIP), une nouvelle Initiative citoyenne européenne* sur le TAFTA vient d’être enregistrée auprès de la Commission européenne. Cette ICE demande l’arrêt des négociations transatlantiques et le rejet de l’accord de libre-échange UE-Canada. Le groupe des Verts/ALE a annoncé qu’il soutiendrait cette initiative et qu’il travaillera de façon proactive à sa réussite.

Cette initiative citoyenne aujourd’hui enregistrée demande à la Commission européenne d’encourager le Conseil européen des Ministres à annuler le mandat de négociation sur le TTIP et de ne pas conclure l’Accord économique et commercial global avec le Canada (CETA). Cette initiative a été lancée aujourd’hui à Bruxelles par le groupe Stop TTIP.

À cette annonce, les porte-parole du groupe des Verts/ALE en matière de commerce,
Yannick JADOT et Ska KELLER, ont déclaré :

 Les citoyens européens expriment de plus en plus fortement leurs inquiétudes quant aux négociations actuellement menées dans le cadre du TAFTA. Ces inquiétudes et ces critiques concernent les objectifs même de ces négociations et les conséquences probables sur nos standards européens en matière de santé, d’environnement, de protection des travailleurs et des consommateurs. Ces craintes sont renforcées par le processus particulièrement opaque qui rythme ces négociations.

Cette Initiative citoyenne européenne est une opportunité extraordinaire de faire entendre la voix des citoyens. Le groupe des Verts/ALE soutient pleinement cette initiative et travaillera main dans la main avec les citoyens durant les mois à venir pour s’assurer de la réussite de cette formidable prise de pouvoir citoyenne. En cohérence avec le combat qu’il mène quotidiennement au Parlement européen contre le TAFTA/TTIP, le groupe Verts/ALE refuse que le projet européen ne se dilue dans un grand marché transatlantique et que la souveraineté démocratique des citoyens soit transférée aux firmes multinationales.“  »

EN+
Pour plus de détails sur la campagne des Verts/ALE sur le TAFTA/TTIP rendez vous sur le site ttip2014.eu

*Qu’est ce que l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) ?
L’Initiative citoyenne européenne permet à un million de citoyens européens de participer de manière directe au développement des politiques européennes, en interpellant la Commission européenne sur la nécessité d’user de son pouvoir d’initiative législative. L’enregistrement de l’initiative est la première étape officielle de ce processus. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de la Commission Européenne.

L’Alliance Verts/ALE reconfirmée dans un groupe élargi à des nouveaux pays membres

L’Alliance Verts/ALE reconfirmée dans un groupe élargi à des nouveaux pays membres

 » L’union entre les Verts européens et l’Alliance Libre Européenne (ALE) a officiellement été reconduite aujourd’hui pour la prochaine législature (2014-19). Le Bureau du nouveau groupe des Verts/ALE (co-présidents, vice-présidents, trésorier et secrétaires généraux) a également été finalisé.

Aux côtés des eurodéputés Verts et de l’Alliance libre européenne, siègeront des eurodéputés indépendants. Ainsi le groupe accueille Klaus Buchner (Parti Écologique–Démocratique, Allemagne), Julia Reda (Parti des Pirates, Allemagne), Bronis Ropé (LVZS, Lituanie) et Igor Šoltes (Parti Verjamem, Slovénie).

À l’issu de cet élargissement, les co-présidents du groupe des Verts/ALE,Rebecca Harms et Philippe Lamberts, ont déclaré:

« Nous sommes heureux d’accueillir de nouveaux membres indépendants au sein du groupe des Verts/ALE. La cohésion de notre groupe a été l’un de nos principaux atouts et nous sommes ravis que cette approche et notre philosophie politique aient convaincu de nouveaux membres à se joindre à nous. L’arrivée de Bronsis Rope et Igor Šoltes, ainsi que l’élection de Davor Skrlec (ORaH, Croatie), Benedek Jávor (Párbeszéd Magyarországért, Hongrie) et Tamás Meszerics (LMP, Hongrie), élargissent le groupe à de nouveaux États membres. Cela représente un grand pas en avant. »

La composition finale du groupe n’est pas encore confirmée, d’autres évolutions restent possibles. Une liste actualisée peut être consultée à l’adresse suivante: www.greens-efa.eu/up-to-date-list-of-the-meps-for-the-new-legislative-period-12490.html

Alors que le groupe a élu sa co-présidence, Rebecca Harms et Philippe Lamberts, ainsi que la plupart de ses vice-présidents la semaine passée, la composition du Bureau s’est finalisée aujourd’hui. Le premier vice-président du groupe des Verts/ALE sera Josep Maria Terricabras, élu Président de l’Alliance Libre Européenne par les eurodéputés ALE la semaine dernière. L’eurodéputée française Michèle Rivasi a été élue au poste vacant de la vice-présidence, rejoignant Bas Eickhout (Pays-Bas, trésorier Verts/ALE), Peter Eriksson (Suède), Heidi Hautala (Finlande), Ska Keller (Allemagne) et Julia Reda (Allemagne). Ulrike Lunacek (Autriche) est la candidate du groupe à la vice-présidence du Parlement européen. Vula Tsetsi a été réélue au poste de secrétaire général du groupe, avec Jochen Denkinger et José Luis Linazasoro, eux aussi confirmés dans leur fonction de secrétaires généraux adjoints.  « 

Résultats des élections Européennes 2014 : le paysage politique français en décomposition avec un retour vers les heures noires de son passé

Résultats européens 751 députés dont  :

PPE  221

S & D (PS) 190

ADLE (CENTRISTES) 59

CRE (conservateurs et réformistes européen)s 55

VERTS/ ALE 52

GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique) 45

EFD (Europe libertés démocratie) 32

Non Inscrits 41

Autres 56

Cela donne pour les Eurosceptiques ( extrême droite, droite anglaise et autres ) : 140

Tout groupe politique doit être constitué de 25 députés d’au moins 7 États membres.

France : 57% d’abstention et le F Haine en tête

Pour la France, voter pour une élection qui va orienter l’avenir de l’Europe en votant contre la politique franco-française croissantiste et ultra- libérale, « sarkozyenne », de François Hollande, et ses résultats contestables, ou en votant pour sanctionner les difficultés quotidiennes qui s’aggravent en France, écrasée par les conséquences mondiales de l’étau des prédateurs ultra-libéraux qui se ressérent, c’est déjà un non sens. Remarquons la réaction plus sensée en Grèce,  Italie, Portugal notamment où les électeurs ont voté pour les forces de Gauche afin de bâtir une politique sociale européenne.

En France, voter en plus en premier pour le parti d’extrême droite le plus archaïque, rétrograde et nostalgique d’une période colonialiste ou fasciste et haineuse de notre histoire est vraiment stupide et contre productif : un parti qui se trompe de cible. Ce n’est pas l’étranger, lui aussi victime des prédateurs financiers et économiques, on le voit encore à nouveau aujourd’hui avec les travailleurs détachés et avant hier avec les travailleurs maghrébins importés pour un travail à la chaine dangereux et épuisant, ou sur des chantiers sans aucune sécurité.

Enfin, croire dans les « recettes » pourries et moyenâgeuses du F HAine pour nous sortir des différentes crises que nous subissons montre le manque de maturité politique d’un peuple dont certains dirigeants présomptueux voudraient donner des leçons dans tous les domaines, et notamment démocratique ou sociétal, à nos voisins Latins, Germaniques, Celtes, Arabes, Grecs, Turcs, Slaves et autres est très naïf.

Cela affaiblit un peu plus la France, ex pilier de l’Union Européenne avec l’Allemagne, dans la gestion de l’Union Européenne qui évoluera en dehors des gesticulations internes des élu-e-s d’extrême droite, leur poids européen, insignifiant ne changeant rien, et surtout pas ce que ces électeurs voulaient : un grand changement dans leur vie quotidienne et en premier lieu une inflexion de la politique ultra-libérale qui génère chômage, paupérisation, insécurité dans la vie quotidienne et forte dégradation de la qualité de vie. N’oublions pas que cette politique a été  lancée et enracinée durablement par le couple européen Sarkozy – Merckel.  … et est poursuivie en France par François Hollande.

Conséquence, l’UMP et le PS seront très secoués par ces résultats

Dans notre Euro-région, une satisfaction quand même : Michèle Rivasi est réélue.

 

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Elections Européennes 2014 : Pascal Durand (EELV), tête de liste aux européennes en Ile-de-France, invité de #DirectPolitique ce mardi 20 mai à 10h – Posez vos questions

Pascal Durand (EELV) invité de #DirectPolitique

« L’ancien secrétaire national d’Europe-Ecologie-Les Verts, tête de liste aux européennes en Ile-de-France, est l’invité de l’émission de Linternaute.com avec 20 Minutes et Ouest-France, ce mardi 20 mai 2014 à 10 h.

La campagne des européennes s’achève déjà sans avoir jamais vraiment commencé. Mis à part des discutions sur le traité Transatlantique (Tafta), il faut bien l’admettre : peu de débats sont parvenus à mobiliser les médias et l’opinion pendant cette campagne. Comment expliquer ce désintérêt généralisé pour l’Europe et pour ces élections européennes ? Est-il lié à l’euroscepticisme voire à l’europhobie qui devrait se matérialiser dans les urnes le 25 mai si l’on en croit les sondages ? Qui sont les responsables de cette situation ? Faut-il changer l’Union européenne pour la faire aimer des Français ? Comment donner corps à l’Europe et la tourner vers les peuples ? Après avoir interrogé les représentants des principaux partis, #DirectPolitique recevra Pascal Durand, tête de liste EELV aux européennes en Ile-de-France, ce mardi 20 mai 2014 à 10 h. Il sera le dernier invité de l’émission de Linternaute.com avec 20 Minutes et Ouest-France avant le scrutin.

Posez votre question sur :

http://www.linternaute.com/actualite/politique/pascal-durand-eelv-invite-de-directpolitique.shtml?utm_source=greenarrow&utm_medium=mail&utm_campaign=ml276_photosdelirante

Pascal Durand

Proche de Nicolas Hulot en 2007, comptant parmi les principaux contributeurs de son « pacte écologique » lors de la campagne présidentielle, Pascal Durand est depuis devenu un cadre du parti écologiste en France. Avec Daniel Cohn-Bendit d’abord, il va s’associer au succès des européennes de 2009, qui offriront plus de 16 % des suffrages à un nouveau mouvement, Europe-Ecologie, qui deviendra Europe-Ecologie-Les Verts après l’élection. Il soutiendra ensuite Nicolas Hulot à la primaire des écolos pour la présidentielle de 2012, puis restera loyal envers Eva Joly tout au long de la campagne.

Après l’alliance des Verts avec le PS et l’entrée de Cécile Duflot et Pascal Canfin au gouvernement, Pascal Durand est élu en juin 2012 nouveau secrétaire national d’Europe-Écologie-Les Verts par le conseil fédéral du parti. Il est alors considéré comme un « patron » de substitution, choisi pour ne pas faire d’ombre à Cécile Duflot et à ce que certains nomment « la firme » chez EELV. Sous sa direction, les Verts vont s’affaiblir, dans le sillage d’une majorité vacillante, mais aussi se diviser, entre ceux qui souhaitent maintenir un contrat avec le gouvernement et ceux qui pensent qu’il faut se retirer, faute de grande réforme environnementale. Après avoir vertement critiqué les reculs du gouvernement sur plusieurs mesures écologiques, le manque d’ambition de François Hollande pour la transition énergétique et même évoqué un « ultimatum », Pascal Durand va finalement montrer son indépendance. Mais il va aussi s’attirer de vives critiques à l’intérieur comme à l’extérieur du parti. Le 25 septembre 2013, il finira par annoncer sa démission de la direction d’EELV. Il sera remplacé par une proche de Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse.

Désormais candidat aux élections européennes en Ile-de-France dans un ticket avec Eva Joly, Pascal Durand devrait aussi donner sa vision pour le parti écologiste, secoué de nouveau lors du remaniement.  »

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d’actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

 » Ukraine : que fait l’Europe ?  » par Joël Roman co-fondateur de  » Sauvons l’Europe  » et candidat sur la liste Europe Ecologie Île de France des Européennes

A lire en entier dans SAUVONS L’EUROPE

http://www.sauvonsleurope.eu/ukraine-que-fait-leurope/

« L’Europe et le monde ont besoin d’une Russie indépendante, démocratique et stable. Et cette Russie n’a pas besoin de Poutine. »  

Adam Michnik historien, journaliste, essayiste et ancien militant de l’opposition polonaise dans les années 1960, 1970 et 1980; directeur de publication de la Gazeta Wyborcza, le plus important quotidien national de Pologne

Le texte de Joël Roman :

 » Certes, l’Union européenne a fini par signer avec l’Ukraine l’accord d’association que l’ex-président Yanukovich, après l’avoir préparé, avait in fine refusé de ratifier, ce qui avait entraîné la colère des manifestants de Maïdan et le changement de régime. Certes, les trois ministres des affaires étrangères allemand, polonais et français sont parvenus à négocier l’accord du 21 février, entre l’opposition ukrainienne et Yanukovich, avec l’accord de la Russie (le représentant de la Russie a paraphé l’accord le 21 au matin, mais était introuvable au moment de la signature le 21 au soir. Le 22, Yanukovich fuyait en Russie, privant l’accord de sens). Mais depuis le début de l’offensive russe, l’Europe est comme paralysée. Elle a assisté impuissante à l’annexion de la Crimée, puis aux troubles probablement suscités par des soldats russes infiltrés et des activistes russophones dans l’Est de l’Ukraine.

Personne ne lui demande d’intervenir militairement, l’escalade serait trop risquée, et de toute manière elle n’y est pas prête. Il lui faut en revanche faire preuve de fermeté, et imposer à Moscou d’entrer dans la voie des négociations. Pour cela les quelques sanctions économiques prises à l’encontre d’une poignée d’oligarques du Kremlin sont notoirement insuffisantes. L’économie russe ne va pas bien : “Après 15 ans de croissance due à l’envolée des prix du pétrole, la croissance économique annuelle est tombée à 0,2 %, contre 1,3% l’an dernier. La crise ukrainienne a fait une chose : aggraver la situation de l’économie russe. Qui doit s’attendre à perdre des investissements d’au moins 100 milliards de dollars, pour partie à cause de l’incertitude de la crise ukrainienne. Et le rouble a perdu 8% de sa valeur“, écrit Kim R. Holms dans Foreign Policy. Aussi l’Union européenne peut-elle se montrer intraitable économiquement, car elle dispose de capacités de sanctions qui ne sont pas seulement symboliques. Le gel des importations de gaz russe mettrait la Russie en grande difficulté financière. Certes, cela obligerait l’Union européenne à se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, sans doute plus onéreuses dans un premier temps, qui obligerait de mutualiser les coûts des importations de substitution. Dans un deuxième temps, ce serait un e occasion formidable de s’engager dans un programme ambitieux de transition énergétique pour réduire se dépendance énergétique envers les énergies fossiles. Il lui faudrait aussi, par ailleurs, mutualiser le coût des annulations d’échanges économiques avec la Russie : on pense bien sûr au gel, avec la menace d’annulation, des contrats signés par la France portant sur la fabrication de deux bâtiments de projection et de commandement construits à Saint-Nazaire pour le compte de la marine russe. Les 400 marins russes ne doivent pas venir à Saint-Nazaire le 1er juin.

L’autre aspect de la résistance à Poutine est idéologique : l’Europe doit fermement résister à la désinformation poutinienne, qui fait des ravages dans une Russie privée de moyens d’information libres, mais aussi dans un grand nombre de cercles complaisants envers cette désinformation en Europe, qui ne se limitent pas aux habituels dictatolâtres à la Jean-Luc Mélenchon. Par exemple, dans l’Express, Jacques Attali , que l’on a connu mieux inspiré, écrivait le 23 mars : « Aujourd’hui, la Crimée, et la Russie ont choisi de profiter du chaos issu de l’arrivée à Kiev d’un gouvernement fortement antirusse pour se retrouver. En quoi cela nous gêne-t-il ? Pourquoi refuserait-on aux habitants de la Crimée de vouloir choisir leur destin, contre l’avis du pays dont ils sont membres ? » Mais tout simplement mon cher Jacques Attali, parce que une décision prise sous la pression des chars et des canons, en un mois, sans négociation avec le gouvernement de Kiev, ne saurait être une décision légitime. En outre, il y aurait sans doute beaucoup à dire sur ce soi-disant « référendum », opération que Moscou s’apprête à réitérer aujourd’hui dans l’Est de l’Ukraine en faisant mine d’être débordé par des pro-russes locaux plus radicaux. Avec un taux de participation qui varie de 30 à 50% et une approbation de l’annexion de 50 à 60 %, selon Slate.fr , on est loin de la quasi-unanimité proclamée par Moscou et par les autorités sécessionnistes de Crimée. Et on dispose aujourd’hui de sondages qui montrent que même dans l’Est de l’Ukraine, la partition du pays n’a pas la faveur de la population. Selon une étude du Pew Research Center, 93 % des Ukrainiens souhaitent l’intégrité territoriale de leur pays, (chiffre qui dans l’Est de l’Ukraine atteint quand même 70 % et 58 % des russophones). Il sera difficile de faire la même opération qu’avec la Crimée.

La vérité est que Poutine a engagé une guerre idéologique et une stratégie de puissance d’un nouveau genre, fondée sur une confrontation permanente avec les Etats-Unis et l’Europe. Il est moins post-communiste que post-fasciste. Il a commencé par s’opposer par tous les moyens aux condamnations visant la Syrie de Bachar El Assad, par lui apporter un soutien diplomatique, économique et logistique impressionnant. Devant l’absence de réaction occidentale, il s’est enhardi et a pu se sentir libre d’agir à sa guise en Ukraine. Encore une fois, seules des sanctions économiques effectives et une contre-offensive idéologique peuvent ici le faire fléchir, et permettre aux forces démocratiques en Russie, qui sont systématiquement combattues et oppressées, de trouver un peu d’espace. Car, comme le rappelle Adam Michnik, « l’Europe et le monde ont besoin d’une Russie indépendante, démocratique et stable. Et cette Russie n’a pas besoin de Poutine. »  »

Joël Roman est avec Jean-Pierre Mignard l’un des deux principaux co-fondateurs de Sauvons l’Europe. Candidat en 7ème  place sur la liste Europe Ecologie Île de France qui a manifesté le souci d’ouvrir ses listes à la société civile et d’accueillir quelqu’un de Sauvons l’Europe dans ses rangs, il nous propose jusqu’au 25 mai une série de billets, qui sont le reflet de sa vision de la campagne européenne et de ses enjeux.

 » De l’Oural au Bosphore, le rêve européen doit vivre encore  » par Pascal Durand, Karima Delli,Yannick Jadot, Clarisse Heusquin, José Bové, Eva Joly, Michèle Rivasi, Sandrine Bélier, Nicole Kiil-Nielsen, Catherine Grèze, candidat-e-s EELV pour les européennes 2014 et Danielle Auroi, députée EELV

A lire en entier dans RUE 89

http://rue89.nouvelobs.com/2014/04/16/loural-bosphore-reve-europeen-doit-vivre-encore-251542

 » N’ayons pas l’Europe timide « 

 » A l’approche des élections européennes du 25 mai prochain, l’escalade actuelle en Ukraine, de même que les récentes crises turque et russe, appellent à la nécessité d’un changement urgent et beaucoup plus ambitieux de la politique européenne de voisinage.

LES SIGNATAIRES
Pascal Durand, Karima Delli,Yannick Jadot, Clarisse Heusquin, José Bové, Eva Joly, Michèle Rivasi, Sandrine Bélier, Nicole Kiil-Nielsen, Catherine Grèze, candidat-e-s EELV pour les européennes 2014, et Danielle Auroi, députée EELV à l’Assemblée nationale.

Ecologistes et citoyens européens, nous sommes conscients de cette responsabilité historique et en appelons à un sursaut européen !

Affrontements violents et répression sanglante à Kiev, virage autoritaire et liberticide en Turquie, annexion éclair de la Crimée et nouveaux procès politiques à Moscou…

Depuis Bruxelles, Paris, Londres ou Berlin, la diplomatie européenne regarde trop souvent en simple spectatrice les crises se multiplier à ses frontières. Confrontée à la perte de confiance, au chômage de masse et aux dérives austéritaires impuissantes à enrayer la « finance casino », l’Europe en oublierait presque que l’Union des Européens constitue encore la garantie d’un miracle de paix et de démocratie bien fragile sur un continent qui pas plus tard qu’hier constituait le théâtre principal de deux guerres mondiales.

La « dépression » européenne actuelle nous ferait presque oublier ce miracle, en enfants parfois gâtés que nous sommes de la démocratie, tandis qu’à quelques kilomètres de nos frontières, l’UE représente encore pour des millions de personnes un espace de paix, de liberté et d’état de droit.

Les élections européennes approchent et l’on observe déjà depuis des mois les nationalistes de tout bord et leurs gros sabots imposer des thèmes dans la campagne : immigration, frontières, identité nationale…

Pour les tous les progressistes résolument pro-européens, ignorer ces thèmes serait abandonner en rase campagne la construction européenne aux mains des populistes les plus dangereux. Surtout que le révisionnisme des frontières est un poison qui peut contaminer l’Europe et le rêve de Poutine fait des émules comme Viktor Orban en Hongrie. Il ne s’agit pas d’être « euro-béats », il s’agit de sortir de la facilité pour porter un projet européen ambitieux susceptible de redonner de l’espérance au sein de nos frontières et bien au-delà. Cela commence par une réforme en profondeur de la politique européenne de voisinage.

A Kiev, à Istanbul, à Moscou ou à Minsk, des milliers de personnes attendent de nous un virage audacieux. Mais en face, à Kiev, à Istanbul, à Moscou ou à Minsk, d’autres, qu’ils soient au pouvoir ou soudainement dans l’opposition, parient sur l’échec de l’UE pour « récupérer leur dû » et imposer par la censure, la propagande, les armes ou des élections truquées leur volonté afin de museler les derniers insoumis et de faire échouer leurs espoirs de changement. Notre responsabilité est immense, car en dépend non seulement l’avenir de millions de personnes aux frontières de l’UE, mais également celui de tous les Européens.

Alors que faire ? En 1989, l’Europe occidentale a su tendre la main aux anciennes « démocraties populaires » qui se libéraient tour à tour du joug communiste. La chute du Mur de Berlin reste à ce jour célébrée comme une victoire historique de la démocratie.

En 2004, c’était au tour de l’Ukraine de changer pacifiquement de régime pour se tourner vers la démocratie et les valeurs européennes. Qu’avait alors répondu l’UE à cette soif d’ouverture du peuple ukrainien ? Raideur, mépris, lenteurs et bureaucratie… Aujourd’hui, face au nouveau soulèvement ukrainien menacé par les hommes en uniforme de Poutine, l’Europe doit agir très rapidement, efficacement et d’une seule voix.

La question n’est pas uniquement celle des sanctions à imposer à la Russie : des sanctions contre les proches de Poutine, ses financeurs et les fidèles de son régime (qui paradoxalement, préfèrent tous la Cote d’Azur à Sotchi pour leurs vacances et Oxford aux facs moscovites pour l’éducation de leurs enfants) sont importantes et nécessaires.

Mais les sanctions économiques contre le pays peuvent avoir l’effet l’inverse, risquant de renforcer le sentiment anti-occidental déjà fortement ancré au sein de la population russe et donc d’affermir le pouvoir de Vladimir Poutine. La question est également et surtout de savoir comment construire un avenir meilleur avec les Ukrainiens.

Premièrement, et de toute urgence, une aide financière est nécessaire à ce pays, mis à genou par l’incompétence et la corruption du régime de l’ex-président Viktor Ianoukovitch. Toutefois, nous mettons en garde contre toute volonté d’assortir cette aide de contraintes austéritaires qui ne feraient que renforcer la crise économique et la manque de confiance d’une partie de la population ukrainienne contre le nouveau pouvoir à Kiev.

Deuxièmement, il faut ouvrir les frontières de l’UE pour les citoyens ukrainiens. La volonté de mobilité, d’échanges et d’ouverture est grande dans les pays voisins de l’Union européenne. Si notre politique de voisinage se résume au renforcement de « l’Europe forteresse », elle ne fera que renforcer ceux qui refusent l’ouverture. Enfin, il ne faut pas sous-estimer les craintes de changements au sein d’une partie des populations, notamment des minorités, qui sont nombreuses aussi bien en Ukraine qu’en Turquie. L’Europe est basée sur les principes de respect des minorités et de leur volonté d’autonomie, de préservation de leur langue et de leur culture. Nous ne devons pas l’oublier dans notre dialogue avec les pays voisins.

Lorsque l’Europe tarde trop à prendre ses responsabilités, les tournants autoritaires et nationalistes deviennent quasi-automatiques dans les pays voisins. C’était le cas à Kiev avec la dérive sanglante du régime de Ianoukovitch, c’est le cas à Ankara avec la dérive liberticide d’Erdogan marquée par la censure progressive des médias et des réseaux sociaux.

Prenons-en enfin conscience, ces dérives sont également le fruit de la crainte et du mépris dont a souvent fait preuve l’UE à l’égard de ses voisins, raison pour laquelle une réforme en profondeur de la politique de voisinage est nécessaire. Il ne s’agit pas d’intégrer des dizaines de nouveaux pays dans l’UE sans critères précis mais au contraire de renforcer les critères d’adhésion, notamment dans les domaines du respect des droits et des libertés, de la liberté d’expression et des droits des minorités. Il faut également introduire davantage d’étapes dans le processus de rapprochement et d’ouverture. Par exemple, les partenariats et coopérations, aujourd’hui essentiellement économiques et commerciaux, doivent s’élargir à l’éducation, à la culture et à la mobilité.

L’Europe ne peut continuer à porter un message de liberté tout en érigeant sans cesse des murs toujours plus hauts le long de ces frontières.

Une réforme ambitieuse de notre politique de voisinage serait la meilleure réponse aux nationalistes de tout bord qui clament déjà la fin du projet européen. Cette audace pourrait également redonner aux citoyens un peu de foi et de confiance en la construction européenne et sa capacité d’agir.

Enfin, cela constituerait une réponse pertinente à celles et ceux qui, comme Vladimir Poutine, freinent le changement en jouant sur les faiblesses actuelles et l’effondrement programmé de l’Union européenne. Le sursaut de cette dernière signerait la fin de leur privilèges. Enfin, une politique extérieure crédible, c’est aussi une politique énergétique ambitieuse : 40 % d’efficacité énergétique en Europe d’ici 2030, c’est deux tiers d’importation énergétique russe en moins.

…  »

José Bové, eurodéputé écologiste sur la Commission européenne : ce changement au mode de scrutin est  » une ébauche d’élection démocratique d’un exécutif jusqu’ici technocratique « 

A lire en entier dans Le Point

http://www.lepoint.fr/politique/eelv-nous-sommes-dans-la-majorite-presidentielle-08-04-2014-1811239_20.php

 » …

Bové : « Le chef de l’Etat n’a pas de politique environnementale »

« Le chef de l’Etat, depuis 21 mois, n’a pas de politique environnementale. La meilleure preuve, c’est qu’on en est au quatrième ministre », a-t-il dit.

Les Verts ont rassemblé plusieurs centaines de personnes à la salle de spectacle du Bikini à Ramonville sur le thème « donnons vie à l’Europe ».

Avant ce meeting des têtes de listes françaises avec la militante allemande Ska Keller, qui se présente en tandem avec José Bové pour prendre la tête de la Commission européenne, José Bové a estimé que ce changement au mode de scrutin était « une ébauche d’élection démocratique d’un exécutif jusqu’ici technocratique ».

« Notre première tâche est de convaincre les Français d’aller voter le 25 mai  » a-t-il souligné, rappelant que « l’Europe fait rêver » ceux qui comme sur la place Maïdan de Kiev « sont morts parce qu’ils croyaient dans nos valeurs ».

Pour Emmanuelle Cosse « le danger premier de ces élections est une abstention très forte, liée précisément aux difficultés des responsables politiques à parler d’Europe ».

Face au « second danger, le vote d’extrême-droite », José Bové s’est dit convaincu que la campagne, « va permettre de démonter un discours approximatif basé sur des peurs, qui ne correspond en rien aux besoins des Français ».

« On ne peut pas mentir aux Français en racontant n’importe quoi sur l’euro, sur l’enfermement de la France: si c’était cela, Airbus n’aurait jamais existé, et les particules fines, elles ne s’arrêtent pas à la frontière française, comme le nuage de Tchernobyl ».

« La réponse aux crises passe par l’Europe pas par des murs toujours plus hauts » « a-t-il ajouté.

José Bové a réaffirmé son souhait que les Ecologistes soient nettement au dessus des 10% des voix : « 10% + x et que ce 10+x permette d’être dans les trois premiers du scrutin ». EELV avait obtenu un grand succès en 2009 avec environ 16% des suffrages en France. « 

 » Michèle Rivasi exige du nouveau Gouvernement un moratoire sur le projet ITER  » communiqué de presse

Michèle Rivasi exige du nouveau Gouvernement un moratoire sur le projet ITER

A l’heure où doivent passer les convois XXL acheminant les matériaux pour la construction du Tokamak pour la réalisation du projet ITER sur le site de Cadarache, Michèle Rivasi a écrit à la nouvelle Ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie Ségolène Royal pour exiger un moratoire sur cet autre « éléphant blanc » (ou grand projet pharaonique socialement inutile) comme celui de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, qu’est le projet de recherche sur la fusion thermonucléaire ITER basé à Cadarache.

Michèle Rivasi considère qu’ « en pleine crise sociale, budgétaire, climatique et énergétique, la recherche européenne doit se doter d’objectifs transparents, répondant aux attentes des citoyens et aux impératifs planétaires, bien loin des rêves prométhéens irresponsables incarnés par le projet ITER que même le monde scientifique rejette maintenant face aux risques qu’il comporte et au choix énergétique qu’il induit« .

Les risques technologiques n’ont pas été correctement estimés lors de l’enquête publique à l’instar de la perte brutale du contrôle du confinement du plasma en régime thermonucléaire, des fuites possibles de tritium et de décontamination des déchets, de la sous-évaluation du risque sismique sur le plasma en fusion…

Outre le rappel du mirage scientifique qu’est le projet ITER, Michèle Rivasi revient aussi sur le gouffre financier qu’il représente après le triplement de son coût d’origine. Pour la députée européenne : « La France va débourser 1,3 milliards d’euros pour financer le projet ITER: avec un tel budget nous pourrions devenir un leader mondial des énergies renouvelables ou bien de l’efficacité énergétique. Mais non, alors que la France peine à trouver de l’argent pour financer l’emploi et la transition énergétique, elle préfère dilapider l’argent du contribuable« .

« Par ailleurs, la semaine dernière  le Parlement européen a approuvé la décharge de l’entreprise commune ITER (1), mais en pointant du doigt de nombreuses lacunes: des incohérences dans la procédure préalable à la passation des marchés, un calendrier de référence irréaliste, un risque de majoration permanent du budget en raison de la hausse du nombre de composants et du prix des matières premières, des manquements dans la gestion financière et budgétaire, des problèmes liés à la gestion des conflits d’intérêts et de la transparence. Beaucoup trop de problème, notamment financiers, alors que l’austérité frappe l’ensemble des budgets européens…sauf celui de la recherche dans la fusion nucléaire« .

Or, pour l’Europe, comme la crise ukrainienne le révèle, le défi énergétique est énorme : il faut tendre vers un nouveau modèle énergétique fondé sur les énergies renouvelables, l’efficacité et la sobriété énergétique. En respectant un des trois objectifs du Paquet Climat Energie défini en vue du sommet de Copenhague en diminuant de 20% sa consommation énergétique, l’UE économiserait chaque année plus de 100 milliards d’euros, créerait un million d’emplois et le gisement d’une filière économique de petites PME tandis que les ménages réduiraient de 1000 euros par an leur facture énergétique.

Le projet ITER, doit être arrêté d’urgence. Il est encore temps dans la phase de construction d’arrêter cette gabegie. Nous ne pouvons continuer à gaspiller des milliards d’euros pour un programme de recherche fondamentale dépassé et ne répondant pas du tout à l’urgence climatique et énergétique.

Il convient d’envisager la reconversion du site et des investissements réalisés en une technopôle de la transition énergétique réunissant chercheurs, développeurs, entreprises et industriels sur le site prévu pour accueillir le projet ITER.  »

(1)    Une décharge budgétaire correspond au contrôle final du budget pour une année donnée: la décharge constitue le volet politique du contrôle externe de l’exécution budgétaire.

 » Ukraine : l’Europe doit répondre à l’appel à l’aide lancé par le peuple ukrainien  » par les têtes de liste Europe-Écologie Les Verts aux élections européennes

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 » LE PLUS. Face à la crise en Ukraine, Pascal Durand, tête de liste Europe-Écologie aux élections européennes en Île-de-France, Clarisse Heusquin, tête de liste Europe-Écologie aux élections européennes (région Centre), Karima Delli, député européenne Europe-Écologie et tête de liste aux élections européennes (région Nord-Ouest), appellent l’Europe à parler fermement et à agir vite.

Des Ukrainiens se sont réunis sur la place de l’indépendance à Kiev, le 9 mars 2014 (E. LUKATSKY/SIPA).

23h. Dans le train de nuit qui relie Kiev à Odessa, nous partageons un thé avec un commerçant pakistanais pachtoune. Il parle russe et vit à Odessa depuis plus de 20 ans. Nous sommes français, il nous parle de l’Europe.

« Nous voulons que l’Europe signe un accord avec l’Ukraine. Un accord, ce sont des règles qui délimitent ce que l’on a le droit de faire et de ne pas faire, qui déterminent où vont les taxes, qui a le droit de les prélever et pour en faire quoi. Des règles que l’Ukraine sera obligée de respecter. »

Ainsi vue de Kiev, notre vieille Europe, que l’on dit pourtant épuisée et dépassée, apparaît non seulement désirable, mais surtout indispensable. Elle illustre pour un peuple opprimé par des années de pouvoir arbitraire, oligarchique et corrompu, l’idéal d’un État de droit, démocratique et pacifié.

Les bruits de bottes ne doivent pas nous faire taire

L’EuroMaïdan est né de manière informelle, d’une alliance improbable entre des nationalistes souvent jeunes et démocrates, qui tentent, au prix du sang, de fédérer autour d’une culture commune un peuple vivant sous la tutelle d’un voisin autocrate. Loin des clichés propagandistes dignes des pires heures staliniennes, l’EuroMaïdan n’est ni un mouvement néo-fasciste, ni néo-nazi.

Il suffit pour s’en convaincre de débattre au hasard des rues ou de lever les yeux sur la foultitude de drapeaux bleu et jaune marqués des étoiles européennes qui flottent au vent.

Pour autant, si des forces xénophobes et racistes, paramilitaires ou politiques, existent bel et bien en Ukraine, elles seront d’autant plus promptes à agir que les forces démocratiques naissantes peineront à se regrouper pour préparer les futures échéances électorales.

Là est la responsabilité de l’Union européenne. C’est à nous de les aider, car pendant ce temps, Vladimir Poutine mobilise ses chars et ses milices. Au nom de la protection d’une population russophone qui ne demande pourtant aucune aide, Poutine cherche à s’assurer un contrôle total sur la Crimée, voire au-delà.

Ces bruits de bottes ne doivent pas nous faire taire. Dans cette crise ukrainienne, si l’Europe ne veut pas perdre le dernier crédit qui lui reste auprès d’une population qui la regarde encore les yeux pleins d’espoir, elle doit parler fermement et agir vite.

Suspendre toute coopération militaire avec la Russie

Il ne suffira pas de soutenir l’envoi d’une commission d’enquête indépendante, même si toute la lumière sur les exactions de l’ancien régime devra être faite.

Il faudra défendre le respect de l’intégrité du territoire ukrainien que les Russes et leurs affidés contestent en Crimée et sans un recul rapide et concret de Vladimir Poutine, l’annulation de la tenue du G8 à Sotchi constituera une première mesure minimale.

Il faudra également suspendre toute coopération militaire avec la Russie. Cela concernera en premier lieu la France qui doit encore livrer deux porte-hélicoptères achetés par la Russie en 2011 et qui doit accueillir fin mars plus de 400 militaires russes à Saint-Nazaire.

Il faudra très rapidement signer un accord d’association rééquilibré entre l’UE et l’Ukraine, qui attend de l’Europe qu’elle envoie des experts pour auditer les finances publiques, structurer la justice et surveillerle bon déroulé des élections.

Au niveau économique, l’UE devra être au rendez-vous. Une réponse concertée, avec la BERD et la BEI, hors ajustements structurels, devra être négociée afin de soutenir une économie déjà lourdement atteinte, par des prédations effectuées pendant des décennies au seul profit de quelques oligarques.

Mais pour parvenir à cela, il faut que l’Europe accepte de se regarder sans fard dans le miroir que lui tend le peuple ukrainien. Et qu’y verra-t-elle ? 28 États incapables d’organiser une riposte concertée et efficace à une opération de déstabilisation menée à ses portes et de répondre concrètement à l’appel à l’aide qu’un peuple qui se révolte pacifiquement lui adresse.

N’ayons ni l’Europe timide, ni l’Europe honteuse

À l’évidence, l’Europe, qui reste pourtant à l’extérieur de ses frontières, le puissant symbole d’un espace politique fondé sur la paix, la démocratie et la solidarité entre les peuples, est impuissante à mener une politique commune, dès lors qu’il s’agit de défendre ses valeurs historiques.

L’Europe politique s’est égarée en chemin d’une construction européenne, qui n’en fait plus qu’une réalité économique, un marché bientôt sans âme et sans souffle.

Cette Europe là ne fait pas rêver, ni en Ukraine, ni chez nous. Elle a renoncé à changer le cours du monde, elle le regarde ; indifférente ou impuissante.

L’Europe voulue par nos aînés au sortir de la guerre – celle qui nous a offert la possibilité de pouvoir agir sur le cours des choses sans risquer nos vies, ni entendre manœuvrer les chars – est celle qui a permis au peuple ukrainien de trouver la force de changer son destin. C’est elle que nous devons faire revivre.

… »

Tribune co-signée par Pascal Durand, tête de liste Europe-Écologie aux élections européennes en Ile de France, ex Secrétaire national EELV, Clarisse Heusquin , tête de liste Europe-Écologie aux élections européennes, région Centre et Karima Delli, Député européenne Europe-Écologie, tête de liste aux élections européennes, région Nord-Ouest.

Rencontre-débat à Nice le 8 novembre 2013 sur l’avenir européen : « Europe ou chaos ? » avec Michèle RIVASI, eurodéputée (VERTS/ALE)

La députée européenne Michèle Rivasi en association avec le Groupe des Verts et l’Alliance libre européenne vous invite a une

RENCONTRE-DEBAT sur L’AVENIR EUROPÉEN

 « FORUM ALTER EUROPA »

RÉ-INVENTONS L’EUROPE ENSEMBLE

 EUROPE OU CHAOS ?

« QUELLE ORGANISATION INSTITUTIONNELLE

POUR QUEL PROJET POLITIQUE ? »

 Rivasi Nice Oct 2013

 

 » UE-Turquie : Il faut débloquer le processus de négociations avec la Turquie  » Communiqué de presse Hélène FLAUTRE ( Verts / ALE ), Co-présidente de la Commission Parlementaire Mixte UE-Turquie

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Le Commissaire européen en charge de la politique d’élargissement de l’UE, Stefan Füle, a présenté ce matin le rapport de progrès de la Commission à propos de la Turquie.

Réagissant au rapport, Hélène FLAUTRE, Co-présidente de la Commission Parlementaire Mixte UE-Turquie a estimé que:

« Le rapport qui vient d’être publié présente une image contrastée de la situation en Turquie. D’une part, la Commission soutient les ouvertures du gouvernement sur la question kurde, les droits des minorités ou encore les réformes judiciaires, mais elle souligne à juste titre que le respect des droits fondamentaux et de la liberté de la presse constituent les faiblesses de la démocratie turque.

Ce rapport vient après les manifestations et la dure répression policière de Gezi et les trop nombreux procès intentés aux journalistes. Il y a deux semaines, un rapport d’Amnesty International est venu rappeler combien les violations des droits de l’homme avaient été massives pendant les manifestations de juin. 

La démocratisation durable de la Turquie reste profondément liée à la réussite des négociations pour la paix sur la question kurde. La Turquie devrait accélérer la procédure de révision constitutionnelle. Elle devrait aussi renforcer les institutions de contrôle du pouvoir exécutif comme la Cour des Comptes ou le Parlement.

Le Conseil de l’UE doit décider la semaine prochaine d’ouvrir le chapitre 22 des négociations d’adhésion sur la politique régionale. Mais il faut aller plus loin dans le domaine des libertés fondamentales : l’Europe devrait ouvrir au plus vite les chapitres 23 et 24 et proposer un agenda crédible de négociations.

 

Enfin, il faut féliciter la Turquie pour les conditions d’accueil des réfugiés syriens et l’encourager à maintenir sa frontière ouverte. »