Le pays est pourtant riche: agriculture, uranium, gaz naturel, charbon ... etc, mais ces ressources sont pillées. De plus, alcoolisme et drogues sont répandus ainsi que le chômage des populations locales. La langue ouïghoure est interdite depuis 2002 dans l'enseignement d'abord à l'Université puis au collège. Il est interdit de parler de l'histoire locale. Un étudiant étant parti au Japon puis étant revenu travailler chez lui sur l'histoire locale a été condamné à 11 ans de prison ! La possession d'un livre d'histoire non officiel est punie de 3 ans de prison ! Peine de mort si on brandit le drapeau du Turkestan Oriental. Censure et autodafé sont la règle. Les noms chinois des localités remplacent les noms originels; les cartes anciennes deviennent ainsi obsolètes.

Les attentats de 2001 à New York ont permis d'appeler " lutte anti-terroriste " la terrible répression. L'excuse est aussi utilisée en Tchéténie par le régime russe. Certains exilés politiques ouïghours, ont manifesté à Istanbul début avril 2008, lors du passage de la flamme. De nombreux réfugiés ont été accueillis en Turquie.

La Chine a mis en garde le mois dernier contre une " menace terroriste islamiste " en provenance du Xinjiang avant les JO, annonçant notamment avoir déjoué un projet d'attentat contre un avion.

Il est évident que cette menace sert de prétexte à la répression des manifestations d'opposition au Xinjiang. D'ailleurs Pékin vient d'annoncer avoir réprimé une manifestation " d'extrémistes musulmans " dans cette région.

Rebiya Kadeer, célèbre femme d'affaire ouïghoure est aussi la Présidente actuelle du Congrès Mondial Ouïghour depuis novembre 2006. Elle a été plusieurs fois candidate pour le Prix Nobel de la paix. Elle n’aurait jamais dû être emprisonnée. En 1999, elle a été arrêtée, jugée et condamnée à huit ans de prison pour avoir " dévoilé des secrets d’État " en envoyant des coupures de journaux à son mari aux États-Unis !

Elle a purgé 5 ans de prison et a été libérée, bannie de la Chine et envoyée aux USA où une partie de sa famille était réfugiée. Cette libération en mars 2005 aurait été faite en échange du renoncement par les USA de déposer un projet de résolution de l'ONU, condamnant sévèrement la façon dont les autorités chinoises traitent les populations minoritaires dans leur pays.