Le conflit au Proche-Orient vu de Suède, Slovénie, Belgique, Portugal, Suisse, Allemagne
Par André MINETTO, mercredi 7 janvier 2009 à 23:23 :: Revue de presse :: #361 :: rss
Le drame qui se passe à Gaza et qui prépare d'autres drames toujours plus sanglants émeut et mobilise les médias européens sensibles à l'injustice subie par le peuple palestinien, et étonnés par la cacophonie de la diplomatie de l'U.E. ou à l'attentisme des USA.
C'est une guerre contre un parti démocratiquement élu il y a 2 ans, même si il est extrémiste.
Et dans les faits contre le peuple qui l'a en partie élu, parfois par défaut, comme dans des élections en Europe, par rejet d'un autre parti, le Fatah, ou par besoin de ses structures sociales très bien développées dans un pays où le chômage et la pauvreté sont de plus en plus la norme, et ceci depuis des années.
C'est une action dangereuse pour un pays qui se veut démocratique. Et cela risque de renforcer ce parti. Et de créer à nouveau des tensions en Europe ( et en France ) entre juifs et musulmans.
Il faut garder à l'esprit que dans une région, de l'Egypte à l'Irak en passant par Israël, la Palestine, le Liban ... où d'autres essaient de faire reculer la haine et tous les intégrismes, le respect mutuel entre tous, juifs, chrétiens, musulmans, laïcs, non croyants, devra s'imposer de toute façon, afin de sortir de l'impasse sanglante où ces peuples sont enfermés.

Revue de presse européenne 2009 ( du 29/12/08 AU 7/01/09 )
Après l'invasion terrestre des troupes israéliennes dans la bande de Gaza, la presse européenne se demande comment le conflit au Proche-Orient peut être résolu et quel rôle devraient y jouer l'UE et les Etats-Unis.
Dagens Nyheter - Suède
Gaza, un défi pour l'Europe
Gaza: Tillfälle för EU
http://www.dn.se/DNet/jsp/polopoly.jspd=577&a=870615
En raison de la vacance du pouvoir américain, un rôle important incombe à l'UE dans la séance ce jour du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée au conflit à Gaza, estime le quotidien Dagens Nyheter. "Dans le fond, cela est bien sûr positif. Il est depuis longtemps question que l'UE et les Etats-Unis puissent mener ensemble quelque chose à bien – les Européens surtout de par leurs contacts avec les Palestiniens et les Américains de par leurs contacts avec Israël. Comme à chaque fois où l'UE doit agir au niveau international, le problème est celui de l'unité nécessaire pour que la voix de l'Europe soit entendue et prise au sérieux. L'état normal est un morcellement des opinions. Concernant le Proche-Orient, certains Etats membres sont par exemple très critiques à l'égard d'Israël, d'autres préfèrent s'associer à Washington dans les questions de politique étrangère. … Et pour être honnête, l'UE n'est pas la seule ici avec ses difficultés. Les autres acteurs sont également très loin de l'unité." (07.01.2009)
Večer - Slovénie
L'attitude de l'UE et des Etats-Unis critiquée dans le conflit à Gaza
Palestina, glavni indikator zahodnih politik
http://web.vecer.com/portali/vecer/v1/default.aspkaj=3&id=2009010605393813
Dans une tribune parue dans le journal Večer, le politologue et spécialiste du Proche-Orient, Dr Primož Šterbenc, critique l'attitude pro-israélienne des Etats-Unis et de l'UE dans le conflit à Gaza. "Israël prend pour cible la bande de Gaza et le peuple palestinien avec les armes les plus modernes, ... comme elle tire sur le Hamas avec ses kalachnikov. Les mauvais traitements infligés au peuple palestinien occupé continuent. Le résultat ne peut être qu'un renforcement de l'identité religieuse palestinienne et des tendances radicales. Les Etats-Unis poursuivent leur politique de soutien inconditionnel à Israël et il est choquant que l'UE, en dépit de son attention portée traditionnellement aux droits de l'homme, ne soit pas en mesure de critiquer et de sanctionner les politiques israéliens. ... Il est paradoxal que l'important décalage entre puissance militaire israélienne et force militaire du Hamas, ainsi qu'entre le nombre de victimes de chaque côté, soit sciemment occulté."
De Morgen - Belgique
Doe maar
http://www.demorgen.be/dm/nl/2461/De-Gedachte/article/detail/590266/2009/01/05/Doe-maar.dhtml
La communauté internationale proteste contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza. Or, l'inquiétude et les appels au cessez-le-feu ne suffisent pas, écrit le quotidien De Morgen: "Ceux qui pourraient faire quelque chose pour exercer une pression plus forte sur Israël n'y songent même pas. Les Etats-Unis soutiennent Israël les yeux fermés et lui restent fidèles quoi qu'il puisse faire par la suite. Après cette énième aventure militaire, ils livreront encore des armes et des milliards de dollars. Le silence du président américain élu est éloquent. L'UE est le principal 'sponsor' des Palestiniens, mais le traité d'association et le statut privilégié pour Israël qui vient seulement d'être revalorisé sont des moyens de pression que l'UE n'utilise pas. En regardant ostensiblement dans une autre direction, l'ONU, les Etats-Unis et l'UE donnent un signal clair à Israël et à son armée: faites donc."
Diário de Notícias - Portugal
Guerra em Gaza sem fim fácil à vista
http://dn.sapo.pt/2009/01/05/editorial/index.html
Seuls les Etats-Unis peuvent apporter une solution au conflit dans la bande de Gaza, écrit le quotidien Diário de Notícias: "La diplomatie internationale n'aide en rien dans le conflit à Gaza. Hier, le Conseil de sécurité de l'ONU a été incapable d'approuver un texte appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza et qualifiant Israël comme le Hamas palestinien d'agresseurs. La diplomatie européenne a déjà commis sa première erreur: le porte-parole de la présidence tchèque de l'Europe a qualifié l'opération militaire israélienne de défensive. Après quelques réprimandes, il a ensuite été plus critique à l'égard d'Israël. Mais c'était déjà trop tard. La diplomatie européenne a une nouvelle fois montré qu'elle n'existe pas. ... Aucune des grandes puissances politiques mondiales n'a d'influence sur ce qui se passe au Proche-Orient. Il n'y a qu'un pays dont Israël écoute vraiment l'opinion et que le monde arabe redoute: les Etats-Unis, qui dispose actuellement d'un gouvernement de transition. Le président américain élu Barack Obama continue de travailler au programme économique et refuse de s'exprimer sur le conflit dans la bande de Gaza."
Le Temps - Suisse
Le naufrage
http://www.letemps.ch/template/editoriaux.asp?page=1&article=246988
Le quotidien Le Temps commente la responsabilité des Etats-Unis dans le conflit au Proche-Orient : "Certains redoutaient (ou espéraient) une attaque contre l'Iran. Mais la période de passage de témoin entre les deux présidents américains aura finalement débouché sur une opération militaire pratiquement sans précédent à Gaza. ... Avant le départ de George Bush, il était temps de faire le ménage. ... Le naufrage d'une politique américaine qui n'a laissé d'autre solution que cet affrontement sanglant, se montrant incapable de créer, en huit ans, la moindre ouverture diplomatique ? Sans aucun doute. Les effets pervers d'une politique israélienne dans laquelle chaque veille d'élection entraîne immanquablement une escalade de violence, une guerre, une provocation, ou un mélange détonant de tout cela ? Sans doute aucun. Aujourd'hui, la conjonction d'un interrègne américain et d'une échéance électorale israélienne ne s'est pas seulement révélée explosive dans les rues dévastées de Gaza. Elle risque aussi de modeler en profondeur les années à venir."
Süddeutsche Zeitung - Allemagne
Le quotidien Süddeutsche Zeitung critique la multitude des missions européennes de médiation dans le conflit au Proche-Orient. Le président français Nicolas Sarkozy s'y rend en tant que président du conseil de sécurité de l'ONU, Javier Solana en tant que haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, le ministre des Affaires étrangères tchèque Karel Schwarzenberg en tant que président du conseil de l'UE et le britannique Tony Blair en tant que de chargé du quatuor du Proche-Orient: "Il n'y a aucune chance que ce chaos se clarifie, il est encore plus improbable d'imaginer la paix. Au Proche-Orient c'est la loi du plus fort qui prévaut. Quiconque œuvre publiquement contre l'autre et, de ce fait s'affaiblit, n'est pas un négociateur de poids. Tous ces soi-disant intermédiaires ne manquent pas seulement d'autorité, ce qui leur fait surtout défaut c'est une ouverture. Les européens ont sciemment décidé, de se couper du Hamas radical. Désormais ils ne peuvent pas prendre parti pour une organisation dont ils ont fustigé la dangerosité."
Upsala Nya Tidning - Suède
Flyganfall ingen långsiktig lösning
http://www2.unt.se/avd/1,1826,MC=25AV_ID=847791,00.html
Le quotidien Upsala Nya Tidning écrit : "La seule solution qui puisse améliorer la situation sur le long terme est la création de deux Etats, permettant à des forces plus modérées que le Hamas parti palestinien islamique-radical de prendre le dessus. Si l'on devait y parvenir, il faut toutefois s'assurer que des négociations de paix apportent des résultats. … Un affaiblissement durable des sympathies pour le Hamas ne sera possible que lorsque l'on parviendra à la création d'un Etat palestinien à la suite de négociations avec le Fatah modéré. Mais cela ne se produira pas tant qu'Israël maintiendra sa politique de colonisation et d'occupation actuelle."
RAPPELS
Gaza: un ghetto avec 1,6 million d'habitants enfermés dans 360 km2. C'est à dire à peu près la même surface que la CUNCA ( Communauté Urbaine Nice Côte d'Azur ) qui a 3 fois moins d'habitants.
La plus forte densité au monde.
En 22 jours de bombardements israéliens massifs, depuis le 27 décembre 2008, le 17 janvier 2009, plus de 1200 morts et plus de 5300 blessés ( côté palestinien: une grande majorité de civils dont près de 50 % d'enfants et de femmes ) et plus de 80 000 sans abris dont les maisons ont été détruites.
Un certain nombre de blessés mourront faute de soins et de médicaments. Ou à cause de l'entrave à l'accès aux hôpitaux avec les ambulances, à leur brancardage ou à leur évacuation.
Ou même à cause du bombardement et de la destruction d'hôpitaux.
Destruction massive de bâtiments publics ( écoles, hôpitaux, bâtiments administratifs ou ministériels ... ), souvent financés par l'Union Européennes et souvent détruits par Israël à plusieurs reprises au fil des années et des bombardements. Destruction identique pour les bâtiments de l'ONU. L'U.E. paie aussi directement les factures dans deux domaines: énergétique et sanitaire. Les pays arabes apportent aussi une contribution financière, entre autres.
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