Le parc a été mis aux normes

A l'automne 2007, à l'issue du Grenelle de l'environnement, ils avaient réclamé à la fois un moratoire sur les nouvelles constructions d'incinérateurs et le recours aux méthodes alternatives de destruction des déchets (recyclage, compostage...). Et surtout, de nouvelles études. " Combien de temps devront patienter ceux qui vivent encore aujourd'hui près d'un incinérateur pour savoir s'ils risquent un jour d'avoir un cancer ? " s'insurgeait Sébastien Lapeyre, chargé de mission au Centre national d'information indépendante sur les déchets.

Certes, l'ensemble du parc des incinérateurs a été mis aux normes. Et on est aujourd'hui bien loin des situations dangereuses qu'ont connues certaines régions de France, comme à Gilly-sur-Isère, un village de Savoie totalement contaminé par la dioxine, de la population au bétail en passant par le lait.

" En 1990, on évaluait les émissions de dioxines à un kilo par an sur l'ensemble de la France... . Notre incinérateur niçois, à l'Ariane, en fait partie.
En 2006, on est tombé à huit grammes ! " rassure Hubert de Chefdebien, président du Syndicat national des concepteurs et constructeurs des industries du déchet. " Le mythe de la dioxine est derrière nous ", insiste un conseiller du ministère de l'Ecologie." Les systèmes installés dans les cheminées filtrent tout ce qui passe et le panache de fumée qui en sort est principalement composé de vapeur d'eau ". L'InVS considère ainsi que l'on peut s'attendre à une diminution du risque de cancer chez les populations exposées aux niveaux actuels d'émission.

Mais pour les médecins, " les dioxines sont l'arbre qui cache la forêt ". Le professeur Belpomme, cancérologue à l'hôpital Georges-Pompidou et président de l'Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse, s'alarme de " cette mise aux normes des incinérateurs qui ne résout ni le problème de l'incinération ni des dangers sanitaires de l'incinération. Car encore faut-il savoir ce qu'on y met à brûler... Et la plupart du temps, on jette dedans un peu tout et n'importe quoi et c'est une mixture de substances potentiellement dangereuses qui s'échappe des cheminées ". Le spécialiste estime qu'il faut de toute urgence, au nom du principe de précaution, arrêter de construire des incinérateurs " pour ne surtout pas refaire l'erreur de l'amiante ".

C'est aussi ce que certains veulent faire dans les fours des cimenteries qui doivent brûler en permanence !