L’accueil qu’il a déjà reçu dans ce pays montre que, malgré les difficultés politiques, les attentes turques restent fortes. Je m’y rendrai à nouveau bientôt, pour poursuivre le combat engagé.

De son côté, la présidence française de l’Union européenne a été loyale à l’égard de la Turquie. Les déclarations antérieures de Nicolas Sarkozy pouvaient faire redouter le pire. Mais le secrétaire d’état aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet veillait au grain. Il avait promis en substance à ses interlocuteurs turcs inquiets: « nous prendrons garde à ce qu’il n’y ait ni dérives ni dérapages sur le sujet » et il a tenu parole, ne perdant pas une occasion de rappeler qu’il était, lui, un fervent partisan de l’adhésion de ce pays à l’Union européenne.

Curieusement, la discrétion turque du Président de la République française a été bien « accompagnée » par la grande majorité de la presse, surtout écrite : peur de poser les questions qui fâchent ? Volonté de ne pas mettre de bâtons dans les roues d’une présidence de l’Union au demeurant plutôt bien menée ? Ou persistance d’une sourde hostilité qui n’a toutefois pas le courage de se dire ? Quoiqu’il en soit, il faut reconnaitre le rôle joué par internet dans le « bouche-à-oreille » dont a bénéficié mon livre. Merci donc aux sites informatifs, tels qu’Agoravox , Le Taurillon, Nonfiction et Nouvelle Europe d’avoir rendu compte de « Oui à la Turquie » . Merci également à tous les blogueurs qui y ont consacré un billet. Je pense par exemple à Michel Cavallier, Nelly Margotton, André Minetto, Henry Moreigne et Daniel Riot, et tant d’autres encore que je ne peux tous nommer ici. Enfin merci à ceux qui sont venus sur ce blog débattre de ce «Oui à la Turquie ». Soyez assurés que toutes ces contributions nous sont utiles, à ma co-auteur Ariane Bonzon et à moi–même. Elles nourrissent notre réflexion et nos prochains écrits sur le sujet.

Pourtant, je suis inquiet. Les négociations piétinent. Côté turc, aussi on freine le mouvement. Le gouvernement de M. Erdogan ne réforme plus depuis 2004. La laïcité et l’affaire chypriote sont devenues le prétexte idéal derrière lequel se cachent tous ceux, en Europe et en Turquie, qui préfèrent laisser mourir ce processus d’intégration. Or j’ai coutume de dire que les négociations c’est comme le vélo, quand on arrête de pédaler on tombe…Puisse 2009, être l’année d’un nouvel élan. La crise financière dans laquelle nous entrons et la redéfinition du capitalisme qu’elle devrait entraîner rendent plus que jamais nécessaire et actuelle l’intégration de la Turquie. Amis, continuons ! "

Michel Rocard