Un appel contre les «charters pour Kaboul»
Plusieurs politiques – Verts, PS et Modem – s'opposent aux retours forcés de migrants afghans. Des parlementaires européens, dont Daniel Cohn-Bendit, José Bové, Eva Joly (Europe-Ecologie) mais aussi Vincent Peillon, Harlem Désir (PS), Marielle de Sarnez et Corinne Lepage (MoDem), ont signé un appel contre les «charters pour Kaboul».
Cet appel, lancé à l'initiative d'Hélène Flautre, eurodéputée Europe-Ecologie, a été transmis notamment à Nicolas Sarkozy, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Jacques Barrot, Commissaire européen en charge de la justice et de la sécurité, et Eric Besson, ministre de l'Immigration.
On édulcore pour rendre la décision moins odieuse
Eric Besson a annoncé que trois Afghans ont été reconduits à Kaboul, dont un a été interpellé à la gare de Nice. (Sipa) Démentant les propos du député UMP des Yvelines, Etienne Pinte, qui affirmait avoir reçu l'assurance du ministère de l'Immigration qu'il n'y aurait pas de retours forcés d'immigrés illégaux afghans vers Kaboul mardi soir, Eric Besson a annoncé mercredi 21 octobre sur Europe 1 que trois Afghans, en situation irrégulière en France, sont en cours de reconduite par avion vers l'Afghanistan où ils devraient arriver "dans l'après-midi". Un avion "spécialement affreté" a bien décollé mardi, vers minuit, de l'aéroport de Roissy, avec à son bord trois Afghans, "trois adultes de sexe masculin". Ce vol était un vol "conjoint groupé avec les Britanniques" a confirmé le ministre de l'Immigration.
Le mensonge comme moyen de gouverner est-ce contagieux ?
Mais un des hic de cette lamentable affaire, c'est que les trois Afghans renvoyés mardi en charter par la France en Afghanistan ne sont pas originaires de Kaboul, comme Eric Besson l'avait affirmé. L'un d'entre eux vient même d'une zone très dangereuse.
Colère bien compréhensible du gouvernement Afghan
En effet, le gouvernement afghan ne décolère pas après l’expulsion mardi par la France des ces trois garçons âgés de 18, 19 et 22 ans. Car d'après les informations recueillies par la correspondante d’Europe 1 à Kaboul, ils sont originaires, non de la région de Kaboul, comme l’affirmait Eric Besson, mais "l’un vient de la province de Paktia, l’autre de Baghlan, le dernier de Parwan", a détaillé le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement.
"Ces trois Afghans ne peuvent actuellement pas rentrer chez eux", assure le vice-ministre. Le cas de Nik Khan Hashimkhil, 18 ans, originaire de la province de Paktia, est le plus dramatique : "C’est une province dont certaines zones sont sûres, mais là d’où il vient précisément, c’est extrêmement dangereux. S’il rentre chez lui, les taliban lui demanderont de rejoindre leur rang", assure le militaire. "On est complètement opposés à ce qu’ils ont fait. Et c’est contraire aux droits de l’Homme et aux droits internationaux. Ce n’est pas bien de ramener de force ces Afghans, surtout originaires de ces provinces où il y a la guerre, les taliban, le terrorisme", poursuit le général Mohammad Omar Ayar.
Le député Etienne Pinte ( UMP ) pense qu'on ne doit pas renvoyer des personnes dans un pays en guerre
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