Le taux d'acrylamide devrait au moins être indiqué sur les étiquettes, notamment des cafés, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Que pensez-vous des emballages alimentaires ?

Il faut limiter drastiquement l'usage des plastiques alimentaires et mettre en place une réglementation, de toute urgence. Les méthodes d'analyse actuelles de leurs effets sur la santé sont totalement obsolètes selon de nombreux toxicologues.

Dans l'immédiat, on peut recommander la consommation de produits frais, de privilégier les contenants en verre et de supprimer ou de modifier la composition des cannettes. Il faut penser à des emballages plus respectueux de l'environnement, notamment pour les surgelés.

Vous parlez dans votre livre des perturbateurs endocriniens, de quoi s'agit-il ?

Ce sont des molécules non produites par l'organisme qui miment l'action de différentes hormones et peuvent entraîner divers troubles ou maladies : infertilité, diabète (en progression de 40 % en neuf ans), maladies cardiovasculaires, cancers (les nouveaux cas de cancers, aux causes multifactorielles, ont doublé en vingt-cinq ans) et même certains troubles du comportement. On trouve ces perturbateurs endocriniens dans divers plastiques contenant du bisphénol A, des phtalates (un assouplissant) mais aussi les pesticides, les solvants.

Pensez-vous que l'action des pouvoirs publics soit suffisante ?

Certainement pas. Toutes ces substances chimiques combinées entre elles posent problème. La crise sanitaire est là, et les mesures adaptées tardent à venir. On ne doit pas se retrouver dans la situation de l'amiante ou du distilbène.

Dans le monde rural, les agriculteurs sont les premières victimes des produits insecticides, herbicides... Il faut aussi améliorer la qualité de la nourriture des animaux, continuer à mieux orienter certaines pratiques agricoles, favoriser la filière bio et arrêter cet usage abusif de la chimie. Pourquoi ne pas envisager tout simplement un grand ministère de l'écologie, de l'aménagement du territoire et de l'agriculture et de la pêche, et mettre l'alimentation uniquement sous l'égide du ministère de la santé ?

Comment analysez-vous la progression de l'obésité en France ?

Les gens continuent à grossir alors que, globalement, ils mangent moins. C'est donc la nature même de l'alimentation - industrielle - qui est impliquée, et pas uniquement le nombre de calories ingérées. La flore digestive (bactéries présentes dans le tube digestif), déséquilibrée par une nourriture trop grasse, trop sucrée, trop chimique, semble favoriser l'accumulation de graisses dans le corps, et les perturbateurs endocriniens jouent un rôle sur la progression de l'obésité.

On s'est aussi aperçu que les facteurs environnementaux, notamment chimiques, peuvent modifier l'expression des gènes ! Cela peut favoriser les maladies métaboliques, c'est le phénomène dit épigénétique qui laisse une empreinte pouvant se transmettre d'une génération à l'autre.

Parallèlement, il faut évidemment favoriser une alimentation plus respectueuse de la physiologie de l'organisme (pas de boisson sucrée ou édulcorée), l'activité physique à l'école, qui diminuera le stress des enfants mais aussi les difficultés scolaires. L'agitation de certains d'entre eux est probablement pour partie aussi liée à des perturbateurs endocriniens, une dimension totalement négligée jusqu'à présent.

Est-ce que vous constatez l'émergence de nouvelles maladies ?

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