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Manifeste: « Unissons-nous contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires » dont le Dr André Minetto est signataire sur Mediapart

Pour signer: manifeste.islamophobie@gmail.com

« Notre solidarité avec les victimes des attentats » de janvier 2015 à Paris « doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires », réaffirment les signataires de ce manifeste, qui condamnent « résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus ».


La marche du 11 janvier 2015 a exprimé la condamnation résolue des attentats des 7, 8 et 9 janvier et la solidarité avec les victimes.

Que nous y ayons participé ou pas, nous dénonçons ceux qui tentent de dévoyer et de pervertir l’émotion légitime qui s’est manifestée ce jour-là en dressant une partie de la population contre une autre, en alimentant une islamophobie nauséabonde.

C’est donner ainsi raison, après coup, aux terroristes, dont l’intention était clairement de provoquer la rupture entre les habitants de ce pays, le rejet de l’islam dans une part importante de la population, et la peur chez les musulmans et chez les juifs.

La plupart des responsables politiques et des commentateurs ont dénoncé avec raison toute tentative d’amalgame. Certains sont pourtant tombés dans ce piège, et ont tenu des propos inadmissibles ou lourds de sous-entendus. Déjà, le nombre d’actes islamophobes (agressions physiques ou verbales de personnes, attaques contre des lieux de culte, etc.) se monte à plus de 200 durant les deux semaines qui ont suivi ces tueries, autant que durant toute l’année 2014.

Nous affirmons que notre solidarité avec les victimes des attentats sanglants doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires et qui ressentent au quotidien, notamment dans les quartiers populaires, les effets d’une haine instillée depuis de nombreuses années.

Des mesures de sécurité sont nécessaires et compréhensibles, mais nous refusons toute aggravation de la législation en contradiction avec les libertés et la dérive sécuritaire que certains voudraient faire prendre à nos institutions (illustrée en particulier par des condamnations à des peines de prison de personnes ivres ou  psychiquement déficientes, ou encore par des auditions par la police de très jeunes mineurs). Les paroles des enfants doivent être entendues et doivent faire l’objet de réponses pédagogiques dans le cadre de l’école et des autres structures éducatives. Les délits d’apologie doivent faire retour dans la loi de 1881 qui encadre la liberté d’expression et la répression de ses abus.

La laïcité, valeur fondamentale de notre République, doit cesser d’être détournée de manière suspicieuse à l’encontre des musulmans et doit retrouver sa signification fondamentale qui est, en séparant l’Etat des religions, de garantir le vivre ensemble d’individus ayant des convictions différentes et de permettre à chacun de pratiquer sa religion, de n’en pratiquer aucune ou de changer de religion, en pleine liberté.

Nous sommes plus que jamais attachés à l’article premier de la loi de 1905 : « La République assure la liberté de conscience.Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ». Aussi nous revendiquons la liberté pour tous de pratiquer et d’exprimer sa religion au grand jour, d’être présent-es dans la société avec ses lieux de culte sans entraves ni violences, de pouvoir fréquenter les institutions publiques, à commencer par l’école, sans discrimination, d’avoir les même droits et les mêmes opportunités face au monde du travail.

Personne ne devrait craindre d’être victime de paroles ou de violences racistes, ni d’abus policiers, et personne ne devrait se voir continuellement sommé-e de se désolidariser d’actes quelconques en raison de sa religion ou de ses origines. Nous condamnons résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus.

Premiers signataires

Bruno Adjignon, Jean-Joseph Alain, Françoise Alamartine, Sarah Al-Matary, Salika Amara, Marie Aoustin,

Etienne BalibarJean Baubérot, Abraham Behar, Catherine Belkhodja, Louiza Belhamici, Malika Benarab Attou, Esther Benbassa, Léla Bencharif, Mohammed Ben Yakhlef, Daniel Boitier, Alain Bondeelle, Mathieu Bouchard, Antoine Boulanger, Alima Boumediene Thiery,

Cécile Canut, Abdellatif Chaouite, Insaf Chebaane, Omar Cheriguene, Ismahane Chouder, Cyril Cognéras, Gabriel Cohn-Bendit, Sergio CoronadoThomas Coutrot, Monique Crinon,  Bernard Crozel,

Sonia Dayan-Herzbrun, Marina Da Silva, Alain Delame, Karima Delli, Christine Delphy, Bernard Derbez, Pierre DharrévilleFrançoise Diehlmann, Chantal Dhoukar, Pierre-Nadir Doumandji, Bernard Dréano, Jean-Pierre Dubois, Alice Dula, Pascal Durand,

Soraya El Kahlaoui, Didier Epsztajn,

Corinne FaugeronEric Fassin, Eric Favey, Sébastien Fontenelle, Alain Fournier,

Jérôme GleizesFrançois Gèze, Jean-Guy Greilsamer, Imène Guedda, Georges GumpelNacira Guénif-Souilamas,

Fabienne Haloui, Pierre Hassner, Alain Hayot,

Yannick Jadot, Mohamed Jaite, Philippe Jessu, Eva Joly, Benjamin Joyeux,

Amadou Ka, Pierre Khalfa, Abdessalam Kleiche,

Jean LafontStéphane Lavignotte, Henri Leclerc, Gilles Lemaire, Laurent Lévy, Isabelle LorandElise Lowy,

Noël MamèreGilles Manceron,  Sofia Manseri, Malika Mansouri, Gustave Massiah, Christian Mellon, Akli Mellouli, Madjid Messaoudène, Zakia Meziani, André Minetto, Michel Morineau, Claude Moskalenko,

Véronique Nahoum-GrappeAlexandre Piettre, Anastassia Politi,

Tahar Raaf, Tariq Ramadan, Ali Rahni, Bernard Ravenel, Joël Roman,

Nicolas Sadoul, Pierre Saly, Catherine Samary, Maximilien Sanchez, Thierry Schaffauser, Lucile Schmid, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Djamila Sonzogni, Pierre Stambul, Philippe Stanisière, Claude Szatan,

Pierre Tartakowsky, Pierre Tournemire, Anne Tristan, Michel Tubiana,

Marie-Christine Vergiat, Patrick Viveret, Georges Voix,

Richard Wagman, Sylviane de Wangen, Louis Weber,

Fatima Yaou,

Sophie Zafari, Robert Zimmerman.

Pour signer: manifeste.islamophobie@gmail.com

« L’écologie politique se bat contre tous les racismes, donc contre l’islamophobie ET contre l’antisémitisme  » texte collectif publié sur le Huffingtonpost, signé par des militant-e-s écolos et des Droits humains dont le Dr André Minetto

http://www.huffingtonpost.fr/yannick-jadot/lutte-racisme-islamophobie-antisemitisme_b_6789386.html

Premiers signataires au 2 Mars 2015  : 

3 eurodéputé-e-s, 1 député mis-e-s au début ( Karima Delli, Yannick Jadot, Eva Joly, Sergio Coronado ) et d’autres élu-e-s locaux, régionaux, départementaux …etc, ou internes nationaux, Conseiller-e-s Fédérales-Fédéraux d’EELV, comme moi, et nous sommes tous engagé-e-s pour la défense des Droits humains depuis un bon moment …

 » La France d’après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, celle des grandes manifestations citoyennes du 11 janvier, a montré un pays soudé qui refusait de voir son modèle de vivre ensemble intimidé par des menaces, des pressions et des violences terroristes. La classe politique dans sa majorité, à l’exception notable du Front National, s’est alors montrée à la hauteur de ces terribles évènements en jouant l’apaisement et en ne tombant pas dans le piège tendu par les terroristes de la division et de la surenchère sécuritaire.

Mais l’union nationale aura été de très courte durée. Après ce court sursaut républicain post traumatique, notre vivre ensemble est à nouveau aujourd’hui plus que jamais menacé par les tensions qui traversent depuis des décennies la république française et qui n’ont jamais été véritablement abordées de front par la classe politique, dont son passé colonial comme sa période de collaboration. D’un côté, en plus de l’attentat de la Porte de Vincennes, des propos et des actes antisémites qui se multiplient, de l’autre des associations qui dénombrent sur le terrain autant d’actes islamophobes dans le seul mois de janvier 2015 que durant toute l’année 2014.

Dans les écoles, les tribunaux, les médias, des individus, parfois des enfants, des mères voilées, sont montrés du doigt, jetés à la vindicte et jugés selon des procès expéditifs. Dans une récente enquête d’opinion, à l’affirmation « l’Islam représente une menace pour la République française », 56% des sondés sont « tout à fait et plutôt d’accord ». Il y a donc péril en la demeure et urgence. Trop souvent, notre laïcité et son principe d’universalité continuent d’être dévoyés pour nier l’égalité des droits que demandent les personnes issues des minorités, dont celles et ceux qui se réclament de l’Islam.

Le fait que Marine Le Pen et ses affidés du Front National, de même que la frange la plus à droite de l’UMP ne cessent aujourd’hui de se proclamer les principaux défenseurs de la laïcité en est la meilleure illustration.

Face au cancer du racisme qui gangrène notre société, il est fondamental que nous, militantes et militants écologistes, nous nous insurgions avec la même clarté et la même détermination contre toutes ses manifestations d’où qu’elles viennent, qu’elles soient islamophobes comme antisémites. La lutte contre le racisme ne se saucissonne pas et ne se clientélise pas et la liberté religieuse est une valeur fondamentale. C’est pourquoi nous avons été particulièrement choqués de la récente séquence qui a vu le parti EELV demander le retrait de sa signature de soutien à un meeting de lutte contre l’islamophobie le 6 mars prochain à Saint-Denis, au moment même où Roger Cukierman, le président du CRIF, déclarait : «toutes les violences antisémites sont commises par des jeunes musulmans» et « Marine Le Pen est irréprochable ».

Pourtant les écologistes étaient jusqu’alors fiers d’être dans un parti politique à la pointe de la lutte contre l’Islamophobie et la stigmatisation de l’ensemble des musulmans de France, parti qui a donné l’impression aujourd’hui de reculer au prétexte de la présence d’une seule organisation polémique dans une longue liste d’amiEs. Or nous considérons qu’il ne nous appartient pas d’inspecter les consciences et les intentions de chacun avant de nous engager dans un collectif, dès lors que la cause défendue est également la nôtre, car nous voulons rompre avec ce regard méprisant et colonial des uns sur les autres qui conditionne la discrimination, notamment islamophobe, et peut en inciter une infime minorité à tomber dans le radicalisme violent. Tous les ultras, qu’ils soient musulmans, juifs, chrétiens ou en l’espèce laïcs, menacent notre cohésion sociale et notre vivre-ensemble et sapent l’efficacité de la lutte contre le racisme en pratiquant le double discours et l’indignation à plusieurs vitesses.

C’est pourquoi nous, militantes et militants EELV, anti-racistes et cosmopolites, nous dénonçons tant les propos du président du CRIF et regrettons le retrait de notre signature au meeting du 6 mars contre l’islamophobie, meeting auquel nous appelons chacune et chacun à participer pour y porter nos valeurs écologistes et converger avec toutes les associations et organisations qui luttent contre toutes les formes de racisme. .  »

Premiers signataires :

Sergio Coronado, Karima Delli, Yannick Jadot, Eva Joly, Rafy Abdoul, Sylvette Amestoy, Karim Ameur, Yacine Ayari, Nadia Azoug, Michel Bock, Kader Chibane, Alain Delame, Suzanne D’Hermies, Chantal Dhoukar, Salim Didane, Edwige Dorbon, Pierre-Nadir Doumandji, Bernard Dreano, Jean -Michel Dreyer,  Véronique Dubarry, Françoise Duthu, Hicham Fassi-Fihri, Xavier Fontaine, Edouard Gaudot, Séverine Goudiguen, Gregory Guttierez, Nadia Hathroubi-Safsaf, Aicha Jabrane, Benjamin Joyeux, Nabila Keramane, Abdessalam Kleiche, Jean Laffont, Elise Lowy, François Maillard, André Minetto, Navaz Mouhamadaly, Thanh-Tin Nguyen, Roumana Nguyen, Evelyne Perrin, Jacques Picard, Tahar Raaf, Ali Rahni, Zakia Rezaiguia-Meziani, Abdelkarim Ramdane, Eros Sana, Gilles Sarfati, Djamilia Sonzogni, Philippe Stanisière, Khalid Zougagh

Manifeste signé par le Dr A. Minetto :  » Unissons-nous contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires « 

Voici un manifeste que je viens de signer.

«  La marche du 11 janvier a exprimé la condamnation résolue des attentats des 7 et 9 janvier et la solidarité avec les victimes.

Que nous y ayons participé ou pas, nous dénonçons ceux qui tentent de dévoyer et de pervertir l’émotion légitime qui s’est manifestée ce jour-là en dressant une partie de la population contre une autre, en alimentant une islamophobie nauséabonde.
C’est donner ainsi après coup raison aux terroristes dont l’intention était clairement de provoquer la rupture entre les habitants de ce pays, le rejet de l’islam dans une part importante de la population et la peur chez les musulmans et chez les juifs.

La plupart des responsables politiques et des commentateurs ont dénoncé avec raison toute tentative d’amalgame. Certains sont pourtant tombés dans ce piège, et tenu des propos inadmissibles ou lourds de sous entendus. Déjà le nombre d’actes islamophobes (agressions physiques ou verbales de personnes, attaques contre des lieux de culte, etc.) se monte à plus de 200 durant les deux semaines qui ont suivi ces tueries, autant que durant toute l’année 2014.

Nous affirmons que notre solidarité avec les victimes des attentats sanglants doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires et qui ressentent au quotidien, notamment dans les quartiers populaires, les effets d’une haine instillée depuis de nombreuses années.
Des mesures de sécurité sont nécessaires et compréhensibles, mais nous refusons toute aggravation de la législation en contradiction avec les libertés et la dérive sécuritaire que certains voudraient faire prendre à nos institutions (illustrée en particulier par des condamnations à des peines de prison de personnes ivres ou psychiquement déficientes, ou encore par des auditions par la police de très jeunes mineurs). Les paroles des enfants doivent être entendues et faire l’objet de réponses pédagogiques dans le cadre de l’école et des autres structures éducatives. Les délits d’apologies doivent faire retour dans la loi de 1881 qui encadre la liberté d’expression et la répression de ses abus.

La laïcité, valeur fondamentale de notre République, doit cesser d’être détournée de manière suspicieuse à l’encontre des musulmans et doit retrouver sa signification fondamentale qui est, en séparant l’Etat des religions, de garantir le vivre ensemble d’individus ayant des convictions différentes et de permettre à chacun de pratiquer sa religion, de n’en pratiquer aucune ou de changer de religion, en pleine liberté.
Nous sommes plus que jamais attachés à l’article premier de la loi de 1905 : « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ». Aussi nous revendiquons la liberté pour tous de pratiquer et d’exprimer sa religion au grand jour, d’être présent-es dans la société avec ses lieux de culte sans entraves ni violences, de pouvoir fréquenter les institutions publiques, à commencer par l’école, sans discrimination, d’avoir les même droits et les mêmes opportunités face au monde du travail.

Personne ne devrait craindre d’être victime de paroles ou de violences racistes, ni d’abus policiers, et personne ne devrait se voir continuellement sommé-e de se désolidariser d’actes quelconques en raison de sa religion ou de ses origines. Nous condamnons
résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus.   »

Premiers signataires :

Sarah Al-Matary, Salika Amara, Etienne Balibar, Jean Baubérot, Abraham Behar, Louiza Belhamici, Mohammed Ben Yakhlef, Daniel Boitier, Alain Bondeelle, Antoine Boulanger, Alima Boumediene Thiery, Abdellatif Chaouite, Insaf Chebaane, Omar Cheriguene, Ismahane Chouder, Gabriel Cohn-Bendit, Monique Crinon, Sonia Dayan- Herzbrun, Marina Da Silva, Christine Delphy, Bernard Dréano, Jean-Pierre Dubois, Alice Dula, Soraya El Kahlaoui, Didier Epsztajn, Eric Fassin, Eric Favey, Sébastien Fontenelle, François Gèze, Imène Guedda, Nacira Guénif-Souilamas, Pierre Hassner, Mohamed Jaite, Philippe Jessu, Benjamin Joyeux, Amadou Ka, Pierre Khalfa, Henri Leclerc, Laurent Lévy, Gilles Manceron, Sofia Manseri, Gustave Massiah, Christian Mellon, Akli Mellouli, Madjid Messaoudène, Zakia Meziani, Michel Morineau, Véronique Nahoum-Grappe, Alexandre Piettre, Anastassia Politi, Tariq Ramadan, Joël Roman, Pierre Saly, Catherine Samary, Maximilien Sanchez, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Claude Szatan, Pierre Tartakowsky, Pierre Tournemire, Anne Tristan, Michel Tubiana, Marie-Chrstine Vergiat, Patrick Viveret, Georges Voix, Louis Weber, Sophie Zafari, Robert Zimmerman.