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Dire à l’Union européenne « Stop aux expositions aux perturbateurs endocriniens » devient facile avec un outil proposé par des ONG

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Paris, le 8 décembre 2014 – COMMUNIQUE DE PRESSE
« La coalition EDC-Free Europe (Coalition pour une Europe sans perturbateurs endocriniens) vient de lancer une plateforme en ligne destinée au grand public pour « Dire NON aux perturbateurs endocriniens ». La plateforme permet à chacun de demander à la Commission européenne de “faire disparaître les perturbateurs endocriniens de nos vies pour protéger la santé”, en leur donnant la possibilité de répondre à une consultation publique de l’UE (1).

La Commission européenne a manqué l’échéance de décembre 2013 fixée pour l’adoption de critères permettant d’identifier les perturbateurs endocriniens (PE) (2), à cause d’un lobbying intense mené de la part d’industriels des pesticides et de la chimie. Cependant, une consultation publique vient d’être lancée pour recueillir l’avis des citoyens (3). «Cette consultation est une opportunité : elle intervient alors que la Ministre de l’Ecologie Ségolène Royal s’est engagée tout récemment lors de la Conférence environnementale à demander à l’Union européenne d’accélérer les travaux sur une définition des perturbateurs endocriniens lors du prochain Conseil des Ministres Environnement des 28, le 17 décembre prochain », estime Elisabeth Ruffinengo, responsable plaidoyer pour WECF France (4). Grâce à la plateforme, il est facile pour les citoyens européens et toute personne intéressée de prendre part à cette consultation sur ce sujet important qui concerne à la fois la santé publique, l’environnement, les écosystèmes et l’avenir des générations futures.

La santé publique avant les bénéfices économiques

Les questions posées dans la consultation sont très techniques et sont orientées vers les conséquences du choix de telle ou telle définition des perturbateurs endocriniens sur le secteur industriel. Des ONG de toute l’Europe ont travaillé ensemble pour aider les citoyens à exprimer leurs inquiétudes sur le sujet. Une meilleure réglementation des PE commence par une identification qui reflète de manière pertinente les données scientifiques et qui englobe tous les PE auxquels les populations et les écosystèmes sont exposés.

Décider ce qui est PE ou non doit se faire sur la base des impacts sur la santé plutôt que des coûts pour l’industrie. « Alors qu’il est plus facile d’identifier les coûts industriels à court terme, les bénéfices à long terme pour la santé et l’environnement d’une réglementation sont souvent impossibles à quantifier, et en conséquence ignorés, ce qui entraîne un déséquilibre en faveur des intérêts à court terme de l’industrie. », précise André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé. Les dépenses de santé associées à l’exposition aux perturbateurs endocriniens en Europe sont en effet probablement très importantes, avec une estimation initiale réalisée par la Health and Environment Alliance (HEAL) de près de 31 milliards d’euros annuels. Plus récemment, le Nordic Council a publié un rapport similaire sur les seuls troubles de la reproduction masculins, qui fait état de 1200 millions d’euros de coûts chaque année (5).

La plateforme en ligne aide à porter la voix des citoyens qui veulent envoyer un message fort à la Commission européenne en demandant le retrait du marché des perturbateurs endocriniens. Comme l’explique Genon K. Jensen, membre du secrétariat de la coalition EDC-Free Europe : “Il ne s’agit pas d’un quelconque problème technique – mais plutôt du lieu où commence la protection de la santé. Faire le mauvais choix dans les critères signifierait que la Commission européenne ne travaillerait ni dans le sens de l’intérêt public, ni dans celui de l’industrie. Identifier et retirer du marché les produits chimiques qui ont des propriétés de perturbation endocrinienne c’est stimuler l’innovation et la compétitivité à la fois dans l’industrie chimique européenne, le secteur agricole et au-delà.”

Qu’est-ce qu’un impact sur la santé?

Il existe des preuves scientifiques sur les liens entre expositions aux PE et progression alarmante des taux de cancers hormono-dépendants – comme le cancer du sein ou des testicules – du diabète, de l’obésité, des troubles de la fertilité, de l’apprentissage ou du comportement chez les enfants. Pour l’Organisation Mondiale de la Santé, les perturbateurs endocriniens sont une «menace globale» (6).

L’homme et les écosystèmes sont exposés en continu à ces substances chimiques présentes dans de nombreux produits d’usage quotidien comme les emballages alimentaires, les cosmétiques, les équipements électroniques et les produits biocides dont des désinfectants. Les PE présents dans les pesticides utilisés sur des terres agricoles finissent eux dans notre assiette (7).Selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures: «L’enjeu est majeur, parce que l’Union européenne (UE) sera le premier groupe d’Etats dans le monde à établir des critères officiels pour identifier des perturbateurs endocriniens. Il existe déjà dans L’UE des réglementations pour interdire l’usage des pesticides et biocides PE lorsqu’ils seront identifiés».

La campagne

La coalition EDC-Free Europe agit pour obtenir une interdiction des PE dans l’Union européenne. Elle fournit des informations indépendantes aux citoyens et aux pouvoirs publics sur l’exposition aux PE et accompagne le grand public pour faire en sorte que ces produits chimiques sont identifiés et retirés du marché. Pour les membres de la Coalition EDC-Free Europe, la participation d’un maximum de citoyens inquiets sur ce sujet à la consultation publique est une étape importante pour assurer la transition vers une Europe sans PE dans un processus transparent qui place la santé au cœur du débat. « A l’heure où les enfants vont se contaminer aux phtalates et au BPA en s’amusant avec leurs jouets de Noël en plastique, les professionnels de la santé comme les citoyens doivent se mobiliser pour poser les jalons d’une hygiène chimique quasiment à inventer », conclut Joël Spiroux de Vendômois, médecin généraliste et président du CRIIGEN. »

Contacts:

Nadine Lauverjat, Générations Futures, nadine@generations-futures.fr +33(0)6 87 56 27 54

Pauline Berthellemy, RES, p.berthellemy@reseau-environnement-sante.net + 33 (0)6 11 41 13 54

Elisabeth Ruffinengo, WECF France, elisabeth.ruffinengo@wecf.eu + 33 (0)6 74 77 77 00

Genon K. Jensen, EDC-Free Europe, genon@env-health.org +32 495 808 732
Notes

1.Plateforme “Dites NON aux perturbateurs endocriniens” http://no2hormonedisruptingchemicals.org/fr

Grâce à la plateforme en ligne il est facile et rapide de participer à la consultation, avec des réponses toute prêtes aux questions qui seront automatiquement soumises à la consultation lors du remplissage et de l’envoi du formulaire de renseignements. Disponible en plusieurs langues.

2. Règlement CE 1107/2009, Information de la délégation française au Conseil des ministres de l’UE juin 2014 et position de Générations Futures sur la feuille de route de la Commission européenne.

3.La consultation publique sur la définition des critères PE lancée par la Commission européenne (DG Sanco) dans le contexte de l’application des règlements pesticides et biocides s’achève le 16 janvier 2014.

4.Communiqué du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie à l’issue de la Conférence environnementale, 28 novembre 2014.

5.Deux rapports récents estimant les dépenses de santé associées aux perturbateurs endocriniens :

Norden – The Nordic Council of Ministers, The Cost of Inaction: Socioeconomic analysis of costs linked to effects of endocrine disrupting substances on male reproductive health

Health and Environment Alliance (HEAL) Health costs in the EU: How much is related to Endocrine Disrupting Chemicals?

6.State of the science of endocrine disrupting chemicals – 2012 (WHO/UNEP report)

7.Voir notamment le documentaire Endoc(t)rinement de Stéphane Horel, 2014.

La Coalition EDC-Free Europe représente plus de 31 organisation à travers toute l’Europe, regroupant des syndicats, consommateurs, professionnels de la santé, de la prévention du cancer, ONG féminines, environnementales, préoccupés par les enjeux sanitaires et environnementaux des PE.

Site internet: www.edc-free-europe.org Twitter @EDCFree et Facebook

« La France métropolitaine est donc bien le 1er pays au monde pour les cancers hormono-dépendants (sein + prostate) et pour les cancers masculins POURQUOI ?  » Dossier de presse

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« La France métropolitaine est donc bien le 1er pays au monde pour les cancers hormono-dépendants (sein + prostate) et pour les cancers masculins selon les données de l’OMS.

Cela lui donne une responsabilité particulière pour mener une politique de lutte contre le cancer et plus largement contre les maladies chroniques. « 

DOSSIER DE PRESSE

La FRANCE est le 1er pays au monde pour :  LES CANCERS SEIN + PROSTATE

 Les CANCERS MASCULINS POURQUOI ?

La Santé environnementale est la réponse à la crise sanitaire

DOSSIER DE PRESSE Mardi 17 juin 2014

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Contact presse

– André Cicolella, Président et porte-parole du RES, 06 35 57 16 82

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1 INTRODUCTION

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Aujourd’hui, 2 décès sur 3 dans le monde sont le fait des maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, cancers, diabète…). En France, ces maladies progressent 4 à 5 fois plus vite que le changement démographique. Le cancer touche 1 homme sur 2 et 2 femmes sur 5 (1000 personnes par jour). Les surcoûts générés (de l’ordre de 400 milliards € en 15 ans) font imploser le système de santé.

La croissance des maladies chroniques ne peut s’expliquer par les seuls facteurs classiques du vieillissement, du dépistage et du mode de vie : notre environnement est en cause. Mais la réalité de cette crise sanitaire est encore largement niée.

La Stratégie Nationale de Santé, en l’état actuel de sa préparation, n’est pas définie par rapport à cette épidémie.

UN EXEMPLE FRAPPANT DU DENI : LE CANCER

La France est aujourd’hui, selon les données du Centre International de Recherche sur le Cancer, le premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormono-dépendants (sein et prostate) et des cancers masculins.

Mais le plan Cancer n’en parle pas et les Perturbateurs Endocriniens, principale hypothèse explicative, ne sont mentionnés que marginalement dans ce plan.

SOMMAIRE

Introduction ………………………………………………………………………………………………………………………………. 2

La France 1er pays au monde pour l’incidence des cancers hormono-dépendants et masculins, JE FAIS LE CALCUL……………………………………………………………………………………..3

La France 1er pays au monde pour l’incidence des cancers hormono-dépendants et masculins, POURQUOI ? ….7 Faire face à l’épidémie de maladies chroniques : un enjeu de santé environnementale …………………………………………………………………………………………. 8

Les demandes du RES …………………………………………………………………………………………….. 8

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La France 1er pays au monde pour l’incidence des cancers hormono- dépendants et masculins, JE FAIS LE CALCUL…

Réalisé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à partir des données du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), le site Globocan fournit de nombreuses données sur l’incidence, la mortalité et la prévalence de différents type de cancer et ce à l’échelle nationale pour 184 pays. Les estimations sont présentées pour chaque sexe et par groupe d’âge pour l’incidence et la mortalité.

La base Globocan est mise à jour annuellement à partir des estimations et statistiques de l’année précédente. Elle constitue une source d’information importante pour comprendre l’épidémie de maladies chroniques dans le monde.

Connectez-vous sur : http://globocan.iarc.fr/Default.aspx
Cliquez sur l’onglet ONLINE ANALYSIS puis dans TABLES sur Incidence/Mortality  Populations by cancer

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Pour le cancer du sein

Cliquer sur breast, puis sur > et sous l’item Results sorted by sélectionner ASR(W)

ASR(W) Age Standardized Rate est le taux standardisé sur l’âge, c’est-à-dire le taux correspondant au taux d’une population standard au niveau mondial. Cela permet d’éliminer l’effet lié à la structure démographique d’un pays et donc de faire des comparaisons entre pays.page3image10912page3image11072 

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Cliquer sur Execute : la liste des pays apparaît par ordre décroissant. Les chiffres en caractères gras sont ceux des différentes zones.

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Pour le cancer de la prostate

Même procédure ; on obtient les résultats suivants :

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Pour les cancers hormono-dépendants

Si l’on additionne les données (sein + prostate), on obtient :

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A comparer à d’autres pays : USA : 191 ; Allemagne : 169 ; Grande-Bretagne : 168 ; Italie : 159 ; Pologne : 88 ; Japon : 82 ; Grèce : 64 ; Qatar 59 ; Oman 36.

Pour les cancers masculins :

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A comparer à d’autres pays : USA : 347 ; Allemagne : 324 ; Italie : 313 ; Grande-Bretagne : 284 ; Pologne : 269 ; Japon : 260 ; Grèce : 195 ; Qatar 104 ; Oman : 79

Ces chiffres sont des chiffres correspondants à une population standard mondiale. Cela élimine le facteur vieillissement comme facteur explicatif.

Un pays européen comme la Grèce a donc 2 fois moins de cancers masculins, 4 fois moins de cancers sein + prostate. A Oman, 5 fois moins de cancers masculins, 6 fois moins de cancers sein + prostate …

Ces chiffres concernent la France métropolitaine. Les chiffres à la Réunion sont nettement plus bas respectivement de 101 (cancers sein + prostate) et 243 (cancers masculins). Pourtant même système de santé, même système d’accès aux soins.

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Sur la période, 2003-2012 les données ALD Assurance Maladie publiées en décembre 2013 donnent :

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AVC : + 58 % ; Artériopathie : + 62 % ; Insuffisance cardiaque : + 105 % ; Diabète + 54 % ; + 31 % ; Insuffisance respiratoire grave : + 32 % ; Parkinson : + 54 % Cancer : + 22 % ;

En région, les taux les plus élevés sont retrouvés pour :

  • –  AVC  Alsace : + 105 %
  • –  Artériopathie  Corse : + 151 %
  • –  Insuffisance cardiaque  Lorraine : + 132 %
  • –  Maladie coronaire  Basse Normandie : + 64 %
  • –  Diabète  Basse-Normandie : + 80 %
  • –  Insuffisance Respiratoire Grave  Haute-Normandie : 70 %
  • –  Parkinson  Lorraine + 93 %
  • –  Cancer  Languedoc-Roussillon : + 33 %

Maladie coronaire :

Les disparités entre pays apportent un éclairage sur l’épidémie de cancers dans le monde

Quelques exemples (les pays cités sont des pays ayant un système de santé classé dans les premières catégories selon le CIRC) :

  • –  Pourquoi la Belgique est-elle le premier pays au monde pour les cancers du sein et la Norvège pour les cancers de la prostate ?
  • –  Pourquoi la Tchéquie est-elle le premier pays au monde pour le cancer du pancréas (9,7 contre 6,9 en France et 2,1 au Qatar), pour le cancer du rein (16,7 contre 9,7 en France et 4,9 à Porto-Rico) ?
  • –  Pourquoi la Suède est-elle le second pays au monde (1er Albanie, mais système de santé considéré comme peu fiable) pour les cancers du cerveau (9,8 contre 5,1 en France, 2,8 au Japon) ?
  • –  Pourquoi Israël est-il le premier pays au monde pour les Lymphomes Non-Hodgkiniens (16,2 contre 9,7 en France métro et 4,3 en Estonie) ?
  • –  Pourquoi l’Irlande est-elle le premier pays au monde pour les leucémies (12,5 contre 10,2 en France métro et 5,0 au Brésil) ?Cela montre la nécessité de développer des programmes d’étude au niveau international, notamment des études sur les migrants.Perturbateurs Endocriniens: l’hypothèse la plus vraisemblable pour expliquer l’origine des cancers hormono-dépendantsLe taux de dépistage pour le cancer du sein est de 52 % en France, soit très loin des taux des pays scandinaves comme la Suède (80 %).
    Pour le cancer de la prostate, le dépistage ne peut expliquer un rapport de 1 à 4 entre la Réunion et la Martinique ou de 1 à 2,4 entre la Réunion et la métropole .
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Faire face à l’épidémie de maladies chroniques : un enjeu de santé environnementale

L’OMS organise à New York la Conférence New York + 3, les 10 et 11 juillet 2014. L’objet de cette conférence est de faire le point sur l’avancée par rapport aux objectifs définis lors de la conférence de New York le 21 sept 2011 par les 184 chefs d’Etat et de gouvernement.

La France peut se prévaloir d’avoir fait avancer le dossier perturbateurs endocriniens en prenant des décisions d’interdiction du bisphénol A dans les biberons et dans les contenants alimentaires, ainsi qu’en adoptant le 29 avril dernier la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens.

Le 12 juin dernier, la France a réuni autour des principes de la SNPE une coalition de 6 pays : la France + Autriche, Belgique, Danemark, Pologne, Suède. La Suède a poursuivi la commission européenne de la Cour Européenne de justice pour manquement à ses obligations en n’ayant pas retenu une définition des Perturbateurs endocriniens comme elle s’y était engagée.

Les demandes du RES

  •   Définir une Stratégie Nationale de Santé à partir de la situation sanitaire
     Reprendre l’objectif proposé par la NCD (Non Communicable Disease Alliance) : -25 % en 2025. Demande commune RES-CISS1 d’une réunion préparatoire de la conférence New York+3 en France.
  •   Intégrer la question du surcoût des ALD dans le débat sur le budget de la Sécurité Sociale (del’ordre de 400 Mrds€ en 15 ans)Obtenir une évaluation précise par l’Assurance Maladie de ce surcoût.
  •   Connaître l’exposition réelle des populations  Compléter notre système de sécurité sanitaire en créant un Institut de Veille Environnementale
  •   Définir le plan national santé environnement 3 (PNSE3) et les plans régionaux santé environnement (PRSE) à partir de la croissance des maladies chroniques en prenant appui sur des indicateurs de santé comme la croissance des ALD au niveau national et régional
  •   Développer la rechercheElargir la capacité de recherche du Plan National de Recherche sur les Perturbateurs Endocriniens (PNRPE) et prendre l’initiative de créer un GIEC de la santé environnementale à l’occasion de New York +3
  •   Affirmer que la crise sanitaire fait partie de la crise écologiqueConfirmer la place de la santé environnementale dans le Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE) et intégrer les porteurs de la problématique santé environnement dans le CNTE
  •   Décliner la SNPE dans l’élaboration des politiques publiquesObtenir une définition des PE de la nouvelle commission européenne et intégrer le changement de paradigme des PE dans les différentes politiques de protection des milieux (par ex Directive cadre Eau)

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La France doit s’affirmer comme le pays leader dans la lutte contre l’épidémie de maladies chroniques à l’occasion de la Conférence New York + 3 les 10 et 11 juillet 2014

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page8image297281 Collectif Interassociatif Sur la Santé : http://www.leciss.org/

« Cancers, diabète, obésité : « La croissance des maladies liées à notre mode de vie met en péril notre système de santé » Dans Bastamag, avec André Cicolella Président du RES ( Réseau Environnemement Santé )

  • A lire en entier dans 

http://www.bastamag.net/Cancers-diabete-obesite-La

  • 400 milliards d’euros en 15 ans : c’est le surcoût entraîné par l’explosion des maladies chroniques, comme le cancer ou le diabète, pour la Sécurité sociale. Des maladies liées à la pollution de notre environnement et qui se transmettent entre générations. Pesticides, perturbateurs endocriniens, molécules chimiques en tout genre sont présents dans l’alimentation, les biens de consommation, l’eau potable, l’air… Un scandale invisible pour le toxicologue André Cicolella, président du Réseau environnement santé, qui décrypte, dans son dernier livre, les raisons de cette épidémie mondiale. Et appelle à un grand mouvement citoyen. Entretien.

Basta ! : Pourquoi le « scandale des maladies chroniques » est-il, selon vous, « invisible » ?

André Cicolella : [1] Diabète, cancers, obésité : les maladies chroniques touchent les personnes sur la longue durée. A la différence des maladies aiguës. Pour la grippe, par exemple, soit vous en guérissez, soit vous en mourrez. Alors que pour le diabète, vous n’en guérissez pas dans l’immédiat, vous n’en mourrez pas non plus dans l’immédiat. La grande majorité des maladies chroniques ne se transmettent pas, elles sont non-infectieuses. Mais leur nombre a explosé ces dernières années. En France, un homme sur deux sera touché dans sa vie par un cancer. C’est le cas pour une femme sur trois. Deux adultes sur trois seront touchés par une maladie cardio-vasculaire. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la situation d’épidémique et de pandémique : elle touche désormais tous les pays du monde. Ce ne sont donc pas principalement des maladies de la vieillesse, comme l’affirment certains (lire aussi :L’obésité, une « maladie de civilisation » qui affecte les plus pauvres). La croissance de ces maladies met en péril l’état de santé des populations, mais aussi notre économie. Notre système de santé implose, non pas parce qu’il y a trop de médecins, mais parce qu’il y a trop de malades. Nous avons aujourd’hui suffisamment d’éléments pour comprendre ce qu’il se passe. Pourtant, on ne fait rien.

Le gouvernement a pourtant mis en place un nouveau plan cancer. Il ne servirait à rien ?

Ce plan a une visée thérapeutique : il souhaite améliorer les traitements des malades. Mais les gains sont trop modestes : seulement quelques semaines de survie ont été gagnées grâce à ces traitements. Le plan cancer dispose d’1,4 milliard d’euros pour développer des stratégies thérapeutiques, alors que la recherche environnement/santé représente seulement un peu plus de 10 millions d’euros annuels ! Ce n’est pas suffisant pour s’attaquer aux causes du cancer et répondre à plusieurs questions : pourquoi la France est-elle, d’après des données parues en décembre 2013, le troisième pays au monde dans la prévalence du cancer du sein ? Et le deuxième pour le cancer de la prostate ? Ces cancers sont hormonaux-dépendants, c’est-à-dire qu’ils sont provoqués par une modification du système hormonal. Or, la question des perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui perturbent le système hormonal, reste marginale dans le plan cancer. C’est un scandale. D’après Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer, les causes environnementales du cancer sont surestimées !

Combien coûtent ces maladies à la Sécurité sociale ?

Ces maladies provoquent des affections de longue durée (ALD), auxquelles la Sécurité sociale doit répondre. J’ai effectué un calcul simple à partir des données de l’Assurance maladie. Entre 1994 et 2009, ces maladies ont entraîné un surcoût de 400 milliards d’euros ! Cela veut dire que les responsables politiques ont plutôt choisi d’emprunter auprès des marchés financiers plutôt que d’agir sur les causes. Il aurait été beaucoup moins coûteux d’arrêter l’épidémie de diabète ou d’obésité ! Notre système de santé solidaire risque donc de disparaître… Et c’est ce que beaucoup de personnes souhaitent : qu’on aille vers un système à l’américaine, où la santé permet de faire le maximum de profits ! C’est un des enjeux majeurs pour notre société, mais aussi pour les pays émergents. En Chine ou en Inde, une personne qui est atteinte de diabète tombe dans la pauvreté. C’est donc une question à débattre sur le plan politique.

Les parents transmettent-ils ces maladies à leurs enfants ?

Les scientifiques estiment que si une femme est exposée pendant la gestation, à des produits chimiques, du type perturbateurs endocriniens, les gamètes de l’enfant seront modifiées et le message transmis par ces gamètes le sera aussi, jusqu’à au moins trois générations. C’est ce qu’on appelle l’épigénétique. Des expériences menées sur les rats l’ont mis en évidence. Et le système hormonal des rats est semblable à celui des hommes.

Comment les perturbateurs endocriniens provoquent-ils ces maladies chroniques ?

Lorsque nos organismes se développent, dans les premières semaines de la gestation, l’activité de notre corps est sous un intense contrôle hormonal. C’est à ce moment là que les organes vont se créer. Ainsi, nos hormones thyroïdiennes vont entraîner le développement du cerveau. Et ce développement sera entravé si l’équilibre de ces hormones thyroïdiennes est bouleversé par des perturbateurs endocriniens. Ces derniers entraînent des troubles du comportement. Autre exemple : la formation du tissu mammaire se fait pendant les premières semaines de la gestation. Si l’embryon est exposé à des perturbateurs endocriniens à ce moment-là, les risques d’avoir un cancer du sein explosent. C’est ce qui s’est passé sur le distilbène [un médicament donné entre 1950 et 1977 pour éviter les fausses-couches] : les filles des mères qui ont pris du distilbène pendant leur grossesse ont 80% de risque en plus de développer un cancer du sein. Avant son interdiction dans les biberons en 2011, toute la population française a été exposée au bisphénol A pendant des années [Le Sénat a voté pour l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires (boîtes de conserve) à partir de janvier 2015, ndlr]. Quelles en seront les conséquences dans 40 ans ?

Les scientifiques ont montré que les perturbateurs endocriniens agissent à de très faibles doses. Les réglementations actuelles sont-elles adaptées ?

Nos réglementations sont basées sur des concepts des années 1960/1970. Chacun fait aujourd’hui semblant d’y croire, mais ces concepts sont désormais obsolètes. Qu’est-ce qu’une eau de qualité ? Selon ces normes, c’est une eau qui contient moins de 0,1 micro-gramme de pesticides par litre. On est donc largement en dessous, aujourd’hui. Or, quand on met des grenouilles dans une eau chargée en atrazine [un herbicide interdit en Europe depuis 2004, ndlr] à ce niveau, 25% de leurs petits ont des modifications de l’appareil reproducteur. Ce qui signifie que la reproduction des grenouilles est fortement perturbée. On ne trouve nulle part ces débats, actuellement, dans le champ politique, alors que se jouent les négociations autour de la directive européenne sur la qualité de l’eau. La question des perturbateurs endocriniens est pourtant la clé de compréhension non seulement de l’épidémie actuelle de maladies chroniques mais de la chute de la biodiversité. Aujourd’hui, on ne tient pas compte des données de la science : on préfère la politique de l’autruche. Or, c’est une véritable question de société, dont il faut débattre et que les citoyens doivent s’approprier.

Que manque-t-il actuellement pour que cet enjeu ne soit plus « invisible » ?

Un grand mouvement citoyen ! On l’a vu avec le bisphénol A. Les politiques de tout bords se sont emparés du sujet, qui dépasse les clivages partisans. On ne s’intéresse pas à la santé de nos enfants en fonction des opinions politiques des parents. Steeve Job (cofondateur et PDG d’Apple) est mort d’un cancer du pancréas, au bout de cinq ans de maladie, comme la grande majorité des personnes atteintes de ce cancer. Et l’argent qu’il a dû dépenser pour tenter de se soigner n’y a rien changé. Tout le monde est donc concerné. Le cancer du pancréas fait plus de 600 000 morts par an, dans le monde. En France, il fait plus de victimes que les accidents de la route. Et pourtant, on ne fait rien.

Quelles mesures peuvent-être prises pour lutter contre le développement de ces maladies chroniques ?

Il faut tout d’abord éliminer certains produits chimiques, perturbateurs endocriniens. On a réussi à le faire avec le bisphénol A. Pour cela, il faut que les autorités françaises reconnaissent que c’est un problème. Chaque individu peut agir, par exemple dans le choix des cosmétiques. Aujourd’hui, 71% des fonds de teint contiennent des perturbateurs endocriniens. On peut donc choisir dans les 29% restants… L’industrie chimique doit aussi produire des molécules qui assurent des propriétés similaires mais qui ne sont pas aussi toxiques.

Ensuite, ce sont nos modes de vie qu’il faut changer, combattre la sédentarité avec une autre conception de la ville qui ne soit pas celle de la ville américaine : je prends ma voiture pour aller au travail, puis l’ascenseur, et je mange le midi chez Mc Do ou un équivalent. Dans notre alimentation, il faut retrouver une consommation alimentaire saine, grâce au développement de l’agriculture biologique. Et diminuer nos consommations d’aspartame et de sucres, notamment dans les sodas. On pourrait faire des campagnes comme celle contre le tabac, en indiquant sur les produits que cela provoque du diabète. Mais contrairement au tabac, les autorités ne souhaitent pas faire peur à l’industrie agro-alimentaire…

Vous plaidez aussi pour un apprentissage à la santé dès l’école primaire…

Pour moi, être en bonne santé dépend de la qualité de la relation de l’être humain à son écosystème. Pour combattre ces maladies chroniques, il faut agir sur son environnement. Lutter contre ces maladies est l’affaire de tous. Chacun doit être formé à la protection de sa santé. Cela s’apprend, se construit ! A l’école primaire, je plaide pour que l’on apprenne à lire, écrire, compter

…  « 

Propos recueillis par Simon Gouin

Photo : DES Daughter

Toxique Planète, le scandale invisible des maladies chroniques, André Cicolella Seuil, collection Anthropocène.

Lire aussi : Comment les industriels utilisent la science comme un instrument de propagande

« Plan cancer : on ne change pas une politique qui perd… » Communiqué de presse du RES ( Réseau Environnement Santé )

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« François Hollande a annoncé hier les mesures du 3ème plan cancer. Comme ses prédécesseurs, celui-ci identifie surtout les inégalités et le tabac comme principale cause ; laissant une place marginale à l’environnement. Pourtant, les chiffres sont là pour mettre en évidence le rôle majeur de l’environnement dans la progression de l’épidémie en France et dans le Monde.

En effet, les derniers chiffres publiés en décembre 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) [1] montrent une progression du cancer dans le monde entier : +8% sur les 4 dernières années. Plus particulièrement, les cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein sont en hausse de 14% identifiant ainsi un véritable marqueur du mode de vie occidentale qui se répand sur la planète.

La France devrait mener une politique particulièrement active car elle affiche parmi les taux les plus élevés au monde [2] en matière de :

– cancer de la prostate : La France métropolitaine est le 2ème pays au monde derrière la Norvège… mais la Martinique a un taux plus élevé encore que la métropole.
– cancer du sein : La France métropolitaine est le 3ème pays au monde derrière la Belgique et le Danemark.

A l’intérieur de la France, la Réunion affiche des taux inférieurs de moitié à ceux de la France métropolitaine pour le cancer de la prostate et du sein. Pourquoi cette réalité n’est-elle pas mentionnée dans le plan cancer ? L’accent mis sur les inégalités sociales est justifié, mais pourquoi la dimension géographique n’est-elle pas plus mise en lumière ?

Comme l’illustre ces chiffres, l’analyse des facteurs de risque actuelle mettant l’accent sur le tabac est obsolète. Il est impossible aujourd’hui d’expliquer la croissance du cancer par un facteur de risque comme le tabac alors même que celui-ci est en diminution et qu’il n’est pas lié aux cancers hormono-dépendants. Les connaissances scientifiques actuelles montrent le rôle majeur joué par les perturbateurs endocriniens.

L’ANSES a notamment rappelé dans son rapport d’avril 2013 que le bisphénol A est impliqué dans le cancer du sein par un effet transgénérationnel. C’est-à-dire que l’exposition maternelle induit des cancers du sein chez la fille. D’autres perturbateurs endocriniens sont également identifiés comme induisant des cancers, on peut citer les organochlorés (la dioxine ou le chlordécone, par exemple), les phtalates, les perfluorés ou les polybromés, qui contaminent toute la population. « L’enjeu majeur des perturbateurs endocriniens n’est pas identifié par le plan cancer et c’est une erreur grave vis-à-vis des générations futures », estime André Cicolella, président du RES.

En plus des multiples données expérimentales chez l’animal, la preuve chez l’humain de l’impact des perturbateurs endocriniens a été apportée par le distilbène, puisque les filles exposées à ce médicament pendant la grossesse ont 80 % de cancer du sein en plus.

Il est nécessaire que la question cancer environnement soit traitée dans le futur Plan National Santé Environnement.

Il est urgent que la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens soit adoptée par le gouvernement.

Il est regrettable que la question santé environnement ait été exclue de la dernière conférence environnementale et le RES demande l’organisation d’une Conférence Nationale Santé Environnement pour définir une politique à la hauteur des enjeux. « 

 

[1]. Site globocan : http://globocan.iarc.fr/Default.aspx
[2]. Données en population standardisée mondiale, ce qui élimine les caractéristiques démographique propres à chaque pays et permet les comparaisons entre pays.

 

« TOXIQUE PLANETE – Le scandale invisible des maladies chroniques » par André CICOLELLA, président du RES (Réseau environnement santé). Réagissons enfin contre l’épidémie de maladies chroniques qui entraine souffrances et morts inutiles !

ToxiquePlanèteCicolella

« Notre monde de plus en plus toxique induit non seulement un développement de l’hermaphrodisme chez les ours blancs et des changements de sexes des poissons, mais il affecte aussi la reproduction humaine : diminution de l’âge de la puberté chez les filles, développement des malformations génitales, baisse de la qualité du sperme… Si l’inquiétante montée de l’incidence du cancer de l’enfant en Europe (+ 1 % par an depuis 30 ans) commence à être connue, on sait moins que les maladies chroniques menacent l’ensemble de la planète : elles sont une véritable bombe à retardement en Inde et en Chine notamment. Aujourd’hui, 63 décès sur 100 dans le monde sont le fait des maladies chroniques (cardiovasculaires, cancers, maladies respiratoires, diabètes, etc.) contre 37 dus aux maladies infectieuses. La mise à jour du caractère toxique de milliers de molécules diffusées depuis 1945, la découverte récente des « perturbateurs endocriniens » et de leurs effets biologiques et sanitaires, la découverte de l’importance de l’imprégnation fœtale sur la descendance génétique (hérédité des influences environnementales acquises, en rupture avec les certitudes de la génétique du XXe siècle) sont autant d’éléments d’une révolution en cours dans la pensée biomédicale, et de la nécessité de nouvelles politiques de santé à l’échelle mondiale. L’OMS qualifiait en 2011 cette épidémie mondiale de maladies chroniques de « catastrophe imminente ». Il est temps de comprendre et d’agir.

André Cicolella est l’auteur notamment de Alertes Santé (Fayard) et de Le Défi des épidémies modernes (La Découverte). Toxicologue, il est conseiller scientifique à l’Institut national de l’Environnement et des Risques (INERIS) et enseignant à l’École des affaires internationales de Sciences Po Paris. Il est cofondateur et président du Réseau environnement santé qui est à l’origine de l’interdiction du bisphénol A dans les biberons et les contenants alimentaires, de l’interdiction du perchloréthylène dans les pressings ou de la prise de conscience des effets de l’aspartame. »

 » Vers une plateforme régionale de substitution des produits toxiques ?  » Communiqué de presse du RES ( Réseau Environnement Santé )

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Retour sur les Rencontres Chimie – Santé environnementale du 18 octobre 2013 à Lyon

 » Organisées à l’initiative de l’association RES (Réseau Environnement Santé) et du Conseil régional Rhône-Alpes, les Rencontres Chimie – Santé environnementale se sont clôturées vendredi dernier à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Tout au long de la journée, 200 participants ont eu l’occasion de questionner des intervenants de renom comme Rachel Massey, rapporteure du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement, David Gee, expert en risques chimiques pour l’Agence Européenne de l’Environnement, ou encore John Peterson Myers, directeur scientifique d’Environmental Health Sciences qui est à l’origine de la notion de perturbateur endocrinien.

Nous nous félicitons de la réussite de ce colloque qui a permis d’ouvrir un espace de dialogue et de réflexion sur les nouvelles missions de la Chimie actuelle vis-à-vis des enjeux de Santé environnementale. Cet objectif a été largement atteint : des chercheurs, des scientifiques, des industriels et des ONG se sont réunis pour imaginer la Chimie durable de demain.
Rachel Massey, fondatrice du TURI (Institut de réduction des usages toxiques), a pu démontrer toute la pertinence de son Institut pour la réduction et la substitution des produits toxiques à partir d’un bilan sur les deux dernières décennies.
David Gee a insisté sur les coûts faramineux de l’inaction ce qui doit nous inciter à mettre en place sans tarder une politique volontariste dans ces domaines. John Peterson Myers a montré les outils qui permettent aujourd’hui de détecter de manière anticipée les perturbateurs endocriniens avant toute mise sur le marché.

Le colloque a été marqué par l’intervention du Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, Philippe Martin par allocution vidéo. Celui-ci s’est prononcé sur plusieurs étapes importantes pour 2014 :
– un 3ème Plan National Santé-Environnement (PNSE3),
– la confirmation de la mise en œuvre de la Stratégie nationale sur les Perturbateurs endocriniens, faisant de la France l’un des premiers pays européens à se doter d’une telle stratégie,
– la préparation d’une proposition de restriction du Bisphénol A dans les tickets thermiques de caisse dans le cadre de la directive REACH.

Le Ministre s’est engagé aujourd’hui à porter « une ambition forte au niveau de l’Europe » envers les perturbateurs endocriniens.

André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé, a rappelé que « si la Chimie fait partie du problème, elle fait aussi partie de la solution ». La Chimie doit refonder son modèle de développement sur une innovation qui intègre les préoccupations de la Santé. Elle doit apporter sa contribution à la réduction du poids des maladies chroniques, qui, comme l’a rappelé l’OMS dans la déclaration de New York en septembre 2011, représente « le principal challenge du développement durable en ce début de 21ème siècle ».

A l’instar de l’Etat du Massachusetts aux Etats-Unis, Alain Chabrolle, Vice-Président du Conseil régional délégué à la Santé et à l’Environnement, a souhaité initier la création d’une Plateforme régionale de Réduction des usages toxiques. La Région Rhône-Alpes, qui a déjà développé des initiatives en ce sens comme l’élimination du perchloréthylène dans les pressings et dans la branche industrielle du décolletage, a l’ambition de faire de Rhône-Alpes la région pilote en ce domaine.  »

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Le site : RES

 » Le comité de 7 « hautes personnalités du monde de la santé et de la recherche », nommé par la Ministre de la Santé pour définir un « Projet global pour la Stratégie Nationale de Santé », vient de rendre son rapport. En février 2013, le premier ministre avait fixé l’enjeu en affirmant : « la politique sanitaire ne se résume pas à l’offre de soins… L’état de santé d’une population dépend aussi de la prévention des maladies et de l’éducation à la santé. Or la France ne consacre que 2 % de ses dépenses de santé à la prévention »1.

Le texte, bien qu’intitulé « pour un projet global », n’a pas répondu à cette commande. On cherche en vain dans le constat une indication sur la situation sanitaire de la France. Aucune référence n’est faite à l’épidémie de maladies chroniques si ce n’est au travers de la prise en charge par un parcours de soins coordonné. Le texte débouche sur 19 recommandations et 8 chantiers prioritaires, tous ciblés sur l‘organisation du système de soins. Même le volet recherche ne comprend aucun paragraphe sur les causes des maladies.

Les rédacteurs vivent-ils en vase clos ? N’ont-ils jamais entendu parler de la déclaration de New York voté à l’unanimité par l’Assemblée Générale de l’ONU en septembre 2011 qui affirmait « que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle »2 ? Ont-ils suivi l’actualité autour de l’interdiction du bisphénol A et de la Stratégie Nationale sur les Perturbateurs Endocriniens (SNPE) ? Connaissent-ils seulement la déclaration de Paris de Mai 2012 issu du colloque international « Programmation Prénatale et Toxicité » affirmant l’état de la science aujourd’hui :

« Beaucoup des grandes maladies – et des atteintes fonctionnelles – dont la prévalence a augmenté substantiellement au cours des 40 dernières années apparaissent être liées pour partie à des facteurs de développement consécutifs à des déséquilibres nutritionnels ou des expositions environnementales aux substances chimiques : obésité, diabète, hypertension, maladies cardio-vasculaires, asthme et allergies, maladies immunes et auto-immunes, maladies neuro-développementales et neuro-dégénératives, puberté précoce et infertilité, certains types de cancer, ostéoporose, dépression, schizophrénie et sarcopénie »3.

« Il est temps, il est urgent d’agir » avait affirmé le premier ministre en précisant que cette Stratégie Nationale de Santé servirait à préparer la loi de santé publique soumise au Parlement en 2014. Le texte remis à la Ministre de la Santé repose sur une vision dépassée des enjeux de santé. Il ne peut fournir le matériau nécessaire à l’élaboration d’une telle loi.

Il est encore temps de revoir la copie et d’organiser une véritable consultation sur la crise sanitaire et sur les moyens d’y faire face, en agissant sur ses causes et en organisant le soin en conséquence. Cette crise sanitaire fait imploser notre système de santé. Il est temps d’avoir une réflexion globale pour engager la 2ème révolution de santé publique.

1. http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/interventions/02.08_discours_de_jean-marc_ayrault_premier_ministre_-_strategie_nationale_de_sante.pdf
2. http://www.who.int/nmh/events/un_ncd_summit2011/fr/index.html
3. http://www.ehjournal.net/content/pdf/1476-069X-11-42.pdf

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