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ALEP le massacre de trop dans l’indifférence des Européens ? Demain rien ne sera plus pareil

Euro-Méditerranée: années 90 la Bosnie, années 2010 la Syrie …on arrête quand la lâcheté, la complicité, l’égoïsme monstrueux qui finira par nous emporter ??

« A cette heure, des informations concordantes en provenance de Syrie font état de massacres effroyables dans les rues et dans les maisons des quartiers d’Alep repris par l’armée régulière. Après de semaines de bombardement, et comme nous le craignions depuis plusieurs semaines, la guerre d’extermination engagée depuis les airs contre les révolutionnaires syriens est en train d’être parachevée au sol par les miliciens d’Assad et du Hezbollah.

C’est un nouveau Hama qui est en train de se dérouler, 34 ans après. 

Un appel a été lancé en vue d’un rassemblement aujourd’hui à 12h place Beauvau. Il est sans doute déjà trop tard pour sauver de nombreux habitants d’Alep d’un génocide qui ne surprend aucun observateur (et il faut mesurer l’horreur de cette formulation, car elle illustre l’ampleur de la complicité des gouvernements et des opinions publiques occidentales). Mais nous devons continuer à nous mobiliser pour arrêter que le règne de la barbarie ne se répande pas plus avant en Syrie, dans toute la région puis en Europe. C’est un message de passivité, de peur et de mépris pour nos propres valeurs démocratiques que nous avons envoyé depuis des années au Kremlin et à son client, Assad.
Cela doit cesser pour les Syriens aujourd’hui …. et pour nous demain. »

Collectif pour une Syrie Libre et Démocratique

« Europe Ecologie Les Verts s’engage pour la paix en Ukraine » Motion adoptée lors de notre réunion du Conseil Fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts des 11 et 12 octobre 2014

Motion : Europe Ecologie Les Verts s’engage pour la paix en Ukraine

Publié le  dans Russie – Espace post-soviétique Mots-clés : 
Manifestants sur la place Maidan, novembre 2013

Motion adoptée par le Conseil Fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts, réuni les 11 et 12 octobre 2014

Motion

« Ainsi, afin d’aller vers une solution politique durable, il faut rechercher :

  • la démilitarisation, sous contrôle international, de toutes les parties en conflit, et la dissolution de toutes les milices. Cette tâche peut-être prise en charge par les Casques bleus, dont seront exclus les pays prenant part au conflit ;
  • la tenue d’une consultation démocratique à l’échelle du territoire ukrainien et sous les auspices de l’OSCE sur le contenu de cet accord de paix ;
  • la reconnaissance par les voisins de l’Etat ukrainien des frontières internationales établies par des précédents accords internationaux ;
  • la tenue rapide d’élections législatives sur l’ensemble du territoire ukrainien ;
  • la poursuite du respect de la juste représentation de toutes les minorités et langues en Ukraine ;
  • une aide humanitaire internationale aux populations victimes du conflit : familles des victimes, blessés, déplacés. 

Le conseil fédéral d’Europe Ecologie Les Verts, réuni les 11 et 12 octobre 2014, demande :

  • à l’Union européenne de s’engager enfin dans la création d’une défense commune, outil d’une diplomatie commune afin de se dégager de la dépendance vis-à-vis de l’OTAN.
  • à l’Union européenne de s’engager dans une transition énergétique couplant le développement des énergies renouvelables et des mesures d’efficacité énergétique afin, entre autres, de se dégager de la dépendance aux hydrocarbures provenant de Russie et compatible avec la nécessaire reconstruction et adaptation de l’appareil de production énergétique ukrainien.
  • aux députés français et aux responsables politiques de respecter les sanctions visant la Russie. A ce titre, EELV dénonce fermement la visite à Paris de deux personnalités russes visées par ces sanctions, MM Serguei Narychkine, Président de la Douma, et Leonid Sloutsky, député russe, et leur rencontre avec une série de parlementaires français minant ainsi l’efficacité des sanctions.
  • à l’Union européenne de parler d’une seule voix face au Président russe et de presser l’établissement d’une paix durable en Ukraine pour éviter un pourrissement plus avant de la situation. 
  • à l’Union européenne d’engager une véritable politique européenne d’accueil des réfugiés qui fuient le territoire ukrainien et le régime de Poutine.
  • à l’Union européenne d’accompagner le processus de réforme de la gouvernance en Ukraine. Le processus de lustration doit se concentrer sur la lutte anti-corruption des oligarques et la récupération des biens spoliés 
  • à l’Union européenne d’aider l’Etat ukrainien a conforter son intégrité territoriale vis à vis de la Russie, à faire évoluer sa forme de l’Etat si le gouvernement ukrainien le demande et à le conseiller en matière de consultation populaire. 

Le conseil fédéral d’Europe Ecologie Les Verts, réuni les 11 et 12 octobre 2014, rappelle qu’EELV soutient l’émergence des forces politiques progressistes et écologistes. »

Pour rappel :

Exposé des motifs

« A partir de novembre 2013, les manifestations pacifiques qui se sont déroulées sur le Maïdan, au cœur de la capitale ukrainienne, ont représenté un véritable mouvement populaire, aux revendications initiales en faveur d’un rapprochement avec l’Union européenne, qui sont passées très rapidement à l’exigence d’un état de droit et de la fin de la corruption.

A l’origine de la crise, les deux projets économiques exclusifs l’un de l’autre soutenus d’une part par l’Union Européenne et d’autre part par la Russie plaçaient l’Ukraine dans une situation de tiraillements entre deux sphères économiques et politiques, auxquelles l’Ukraine est attachée par des liens historiques, économiques et humains. L’Ukraine depuis son indépendance a perdu son autonomie énergétique, indispensable à la survie d’un modèle productif le plus énergivore d’Europe. Les oligarques, porte-parole d’intérêts étrangers aux besoins des Ukrainiens et adoptant un comportement de rapacité, se sont révélés incapables de construire un Etat démocratique pouvant assurer une transition économique et énergétique indispensable.

Face à l’amplification du mouvement pacifique, la réaction du régime du président Viktor Ianoukovitch est alors devenue violente. Après la fuite de ce dernier et l’instauration d’un gouvernement transitoire le 25 mai 2014, un nouveau président, Petro Porochenko, a été élu dans des conditions reconnues par l’OSCE comme conformes aux standards démocratiques. Des élections législatives sont désormais programmées pour le 26 octobre 2014.

Néanmoins, des Ukrainiens ont pu prendre leurs distances vis-à-vis du nouveau pouvoir ukrainien et du mouvement Euromaïdan tel qu’il s’est exprimé. Une juste représentation de tous les Ukrainiens, de toutes les régions et de tous bords dans les divers échelons de l’Etat et dans les instances politiques est ainsi la mieux à même d’apporter une solution à ces réticences. Malgré les soubresauts politiques et les clivages parfois tendus au moment des échéances électorales entre habitants de l’Ouest et habitants de l’Est, le jeune Etat ukrainien commençait progressivement à se trouver une unité. Le sentiment d’appartenir au pays Ukraine existait, indépendamment de la langue parlée, des origines et des convictions politiques.

Une partie des populations de l’Est et du Sud de l’Ukraine, notamment en Crimée, a vivement exprimé des réticences. Toutefois, l’annexion éclair de la Crimée par la Russie, précédée par un référendum réalisé dans des conditions douteuses et sous pression militaire, est contraire au droit international. Face à ces réticences, le gouvernement ukrainien n’a hélas pas privilégié le dialogue politique et la rencontre avec ces populations distantes vis-à-vis du mouvement de Maïdan. Dans un contexte d’invasion avérée par un Etat étranger, et d’annexion d’une partie du territoire, le gouvernement ukrainien s’est trop vite tourné vers une solution militaire en lançant une offensive massive en termes de troupes et de matériel.

L’Ukraine est depuis plusieurs mois dans une situation de conflit ouvert, mêlée d’une ingérence étrangère, attestée et quasiment reconnue par la Russie, qui fait peser de lourdes menaces d’escalade militaire sur l’unité de l’Ukraine, avec des répercussions également sur l’ensemble du continent européen. Le cessez-le-feu annoncé le 5 septembre 2014 et décidé à Minsk entre le gouvernement de Kiev et les séparatistes du Donbass, sous l’égide de l’OSCE, constitue une première étape dans le règlement de paix.

En réalité, l’Ukraine se retrouve confrontée au comportement général de la Russie dans l’espace post-soviétique, qui menace actuellement particulièrement son intégrité territoriale. En effet, lorsque l’Ukraine a signé le mémorandum de Budapest en 1994 avec les puissances nucléaires que sont les USA, la Grande-Bretagne et la Russie, ces dernières lui assuraient son intégrité territoriale ainsi que sa souveraineté politique et économique, en échange de son renoncement aux armes nucléaires déployées sur son sol. La récente annexion de la Crimée et l’invasion à peine camouflée du Donbass contreviennent ainsi à cet accord.

A l’intérieur du territoire ukrainien, la propagande savamment orchestrée par le Kremlin en direction des russophones, les actions militaires des séparatistes et de leurs soutiens étrangers et le pourrissement de la situation construisent un fossé entre les Ukrainiens là où il n’y avait que des divergences civilisées. La propagande du Kremlin est également très active en France et en Europe. Elle ressuscite des clichés issus de la Seconde guerre mondiale et présente une Ukraine guidée par des fascistes.

Deux partis d’extrême droite, dont les valeurs et le projet politique sont à l’opposé des principes des écologistes, ont tout de même pris une part active dans la défense des manifestants de Maïdan. Leur proposition de loi entendant supprimer le statut officiel pour les langues régionales, dont le russe, était notamment une grave erreur politique. Ils sont malheureusement surreprésentés dans le gouvernement ukrainien. Toutefois, la propagande russe surestime largement l’importance de ces partis sur la scène politique ukrainienne, alors qu’elle favorise ce type de mouvements nationalistes et impérialistes en Russie.

Les manifestations « Pour la paix en Ukraine », organisées à Moscou le 21 septembre 2014, ont rassemblées plusieurs milliers de manifestants et marquent un espoir de rupture du consensus guerrier qui prévaut jusqu’à présent en Russie.

D’une part, l’ingérence étrangère est inacceptable, d’autant plus en provenance d’un pays membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et par conséquent en charge du maintien de la paix et de la sécurité internationale. A ce titre, EELV réaffirme le principe d’inviolabilité des frontières, inscrit dans l’article 2-4 de la Charte de l’ONU, et dans l’article 1-III de l’Acte final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe. La Russie qui prend part à ces deux organisations internationales, et qui aspire à voir son rôle international prendre de l’ampleur, doit se montrer une nation responsable et respectueuse de ces principes.

D’autre part, la confrontation militaire entre les forces sécessionnistes et l’état Ukrainien doit être traitée par une solution politique amenant à la table des négociations toutes les parties prenantes. Le cessez-le-feu est un premier pas sur ce chemin.

En attendant le règlement politique du différend ukrainien, la France et l’Union européenne sont fondées à exercer des pressions à l’encontre de la Russie pour qu’elle cesse son ingérence et vienne à la table des négociations. Cependant, ces pressions ne peuvent prendre qu’une forme diplomatique, politique et économique, et non militaire pour éviter toute escalade.

Pour que de telles négociations aient une chance de s’ouvrir et de réussir, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN doit être proscrite de façon explicite, car elle constituerait un casus belli pour la Russie. La décision de l’OTAN en vue du renforcement de la « force de réaction rapide » pourrait faire augmenter la tension dans la région entre la Russie et l’Europe, déjà très dégradées depuis la mise en œuvre du bouclier antimissile.

Les sanctions économiques ciblées sur des personnalités russes, soutien du régime de Vladimir Poutine, ont déjà des résultats tangibles à l’intérieur de la Russie et peuvent être élargies et approfondies.

Quant à l’Union européenne, celle-ci a ratifié avec l’Ukraine un accord d’association le 16 septembre dernier. La situation économique de l’Ukraine est fortement préoccupante. L’Etat ukrainien, par un cumul de déficits de plusieurs natures dû à la dictature de Ianoukovitch et de sa corruption, est menacé par une faillite. L’Union européenne se doit d’apporter une aide financière à la hauteur des enjeux dans le cadre d’un plan international. Des réformes institutionnelles et économiques sont sans doute nécessaires, elles doivent être accompagnées par l’Union européenne, qui doit sortir du dogme de l’austérité pour prendre en compte une réelle et fondamentale dimension sociale sans laquelle les citoyens ukrainiens ne peuvent accepter ces réformes. »

 » Avion de la Malaysia Airlines abattu : une catastrophe terrible, conséquence de la folie guerrière des hommes  » Communiqué d’EELV

Pour moi, la solidarité européenne doit (re)naitre. Nous avons laissé l’Ukraine se débrouiller seule face à l’ogre de Russie, le tsar du KGB, Poutine, comme nous avions abandonné la Bosnie Herzégovine, le Kosovo, la Géorgie, la Tchétchénie …etc naguère. Cela doit cesser, et vite, et nous devons montrer que l’Europe a enfin une conscience et un intérêt pour la Démocratie et les Droits de l’Homme. Laisser faire n’importe quoi est inconscient, irresponsable et criminel et cela finit par retomber sur d’autres populations, européennes entre autres.

Mais ce drame va peut-être faire tomber les masques et débloquer une situation inadmissible. Cela rappelle le soutien russe aux séparatistes serbes de Bosnie qui a fini dans l’horreur et les atrocités d’une épuration ethnique barbare ( 200 000 morts côté musulman ) … dans l’indifférence totale des pays dits « démocratiques ». Le jugement sur le drame de Srebrenica qui vient de tomber rappelle ces heures terribles au coeur de l’Europe occidentale il y a à peine une vingtaine d’année ( 8 000 hommes et adolescents musulmans assassinés dans des conditions terribles ). Cela a failli se reproduire au Kosovo, et la les USA ont réagi. En Europe, n’oublions pas la Tchétchénie, complètement abandonnée, et qui subit une terrible dictature pro-russe, la aussi dans l’indifférence des mêmes.

Une géostratégie solidaire doit naître avec ces peuples et pays opprimés ou envahis. En Europe, au Moyent Orient et ailleurs, en Chine par exemple …

Et voici le Communiqué :

 » Il est urgent que l’Europe entre en scène.

L’avion de la Malaysia Airlines a probablement été abattu. Plus de 300 personnes à son bord ont péri et on compte parmi les victimes des familles entières de vacanciers, les voyageurs habitués, mais aussi une centaine de spécialistes du SIDA.

C’est là une catastrophe sans nom qui appelle des mesures fortes. Cette guerre qui ne dit pas son nom a la frontière de l’Europe doit cesser. L’Europe doit mettre tout son poids dans la balance pour oeuvrer à la fin de la guerre larvée entre la Russie et l’Ukraine. On ne peut tolérer ici ce que l’on ne tolère pas ailleurs. S’il est avéré que la Russie a encouragé les pro-russes dans ce tir de missile alors l’Europe doit parler d’une seule voix pour réclamer et mettre en place des sanctions. Dans tous les cas, l’Europe doit demander urgemment un cessez-le-feu afin de trouver les termes d’un accord entre belligérants.

Nos pensées les plus chaleureuses vont aux familles des victimes et à leurs proches. La disparition d’une centaine de spécialistes du sida constitue une catastrophe supplémentaire, disséminant une partie des forces de recherche et de lutte contre ce virus ravageur.

EELV soutient la demande d’une enquête indépendante, et soutiendra toute initiative allant dans le sens de la paix en Ukraine. »

 » Ukraine : que fait l’Europe ?  » par Joël Roman co-fondateur de  » Sauvons l’Europe  » et candidat sur la liste Europe Ecologie Île de France des Européennes

A lire en entier dans SAUVONS L’EUROPE

http://www.sauvonsleurope.eu/ukraine-que-fait-leurope/

« L’Europe et le monde ont besoin d’une Russie indépendante, démocratique et stable. Et cette Russie n’a pas besoin de Poutine. »  

Adam Michnik historien, journaliste, essayiste et ancien militant de l’opposition polonaise dans les années 1960, 1970 et 1980; directeur de publication de la Gazeta Wyborcza, le plus important quotidien national de Pologne

Le texte de Joël Roman :

 » Certes, l’Union européenne a fini par signer avec l’Ukraine l’accord d’association que l’ex-président Yanukovich, après l’avoir préparé, avait in fine refusé de ratifier, ce qui avait entraîné la colère des manifestants de Maïdan et le changement de régime. Certes, les trois ministres des affaires étrangères allemand, polonais et français sont parvenus à négocier l’accord du 21 février, entre l’opposition ukrainienne et Yanukovich, avec l’accord de la Russie (le représentant de la Russie a paraphé l’accord le 21 au matin, mais était introuvable au moment de la signature le 21 au soir. Le 22, Yanukovich fuyait en Russie, privant l’accord de sens). Mais depuis le début de l’offensive russe, l’Europe est comme paralysée. Elle a assisté impuissante à l’annexion de la Crimée, puis aux troubles probablement suscités par des soldats russes infiltrés et des activistes russophones dans l’Est de l’Ukraine.

Personne ne lui demande d’intervenir militairement, l’escalade serait trop risquée, et de toute manière elle n’y est pas prête. Il lui faut en revanche faire preuve de fermeté, et imposer à Moscou d’entrer dans la voie des négociations. Pour cela les quelques sanctions économiques prises à l’encontre d’une poignée d’oligarques du Kremlin sont notoirement insuffisantes. L’économie russe ne va pas bien : “Après 15 ans de croissance due à l’envolée des prix du pétrole, la croissance économique annuelle est tombée à 0,2 %, contre 1,3% l’an dernier. La crise ukrainienne a fait une chose : aggraver la situation de l’économie russe. Qui doit s’attendre à perdre des investissements d’au moins 100 milliards de dollars, pour partie à cause de l’incertitude de la crise ukrainienne. Et le rouble a perdu 8% de sa valeur“, écrit Kim R. Holms dans Foreign Policy. Aussi l’Union européenne peut-elle se montrer intraitable économiquement, car elle dispose de capacités de sanctions qui ne sont pas seulement symboliques. Le gel des importations de gaz russe mettrait la Russie en grande difficulté financière. Certes, cela obligerait l’Union européenne à se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, sans doute plus onéreuses dans un premier temps, qui obligerait de mutualiser les coûts des importations de substitution. Dans un deuxième temps, ce serait un e occasion formidable de s’engager dans un programme ambitieux de transition énergétique pour réduire se dépendance énergétique envers les énergies fossiles. Il lui faudrait aussi, par ailleurs, mutualiser le coût des annulations d’échanges économiques avec la Russie : on pense bien sûr au gel, avec la menace d’annulation, des contrats signés par la France portant sur la fabrication de deux bâtiments de projection et de commandement construits à Saint-Nazaire pour le compte de la marine russe. Les 400 marins russes ne doivent pas venir à Saint-Nazaire le 1er juin.

L’autre aspect de la résistance à Poutine est idéologique : l’Europe doit fermement résister à la désinformation poutinienne, qui fait des ravages dans une Russie privée de moyens d’information libres, mais aussi dans un grand nombre de cercles complaisants envers cette désinformation en Europe, qui ne se limitent pas aux habituels dictatolâtres à la Jean-Luc Mélenchon. Par exemple, dans l’Express, Jacques Attali , que l’on a connu mieux inspiré, écrivait le 23 mars : « Aujourd’hui, la Crimée, et la Russie ont choisi de profiter du chaos issu de l’arrivée à Kiev d’un gouvernement fortement antirusse pour se retrouver. En quoi cela nous gêne-t-il ? Pourquoi refuserait-on aux habitants de la Crimée de vouloir choisir leur destin, contre l’avis du pays dont ils sont membres ? » Mais tout simplement mon cher Jacques Attali, parce que une décision prise sous la pression des chars et des canons, en un mois, sans négociation avec le gouvernement de Kiev, ne saurait être une décision légitime. En outre, il y aurait sans doute beaucoup à dire sur ce soi-disant « référendum », opération que Moscou s’apprête à réitérer aujourd’hui dans l’Est de l’Ukraine en faisant mine d’être débordé par des pro-russes locaux plus radicaux. Avec un taux de participation qui varie de 30 à 50% et une approbation de l’annexion de 50 à 60 %, selon Slate.fr , on est loin de la quasi-unanimité proclamée par Moscou et par les autorités sécessionnistes de Crimée. Et on dispose aujourd’hui de sondages qui montrent que même dans l’Est de l’Ukraine, la partition du pays n’a pas la faveur de la population. Selon une étude du Pew Research Center, 93 % des Ukrainiens souhaitent l’intégrité territoriale de leur pays, (chiffre qui dans l’Est de l’Ukraine atteint quand même 70 % et 58 % des russophones). Il sera difficile de faire la même opération qu’avec la Crimée.

La vérité est que Poutine a engagé une guerre idéologique et une stratégie de puissance d’un nouveau genre, fondée sur une confrontation permanente avec les Etats-Unis et l’Europe. Il est moins post-communiste que post-fasciste. Il a commencé par s’opposer par tous les moyens aux condamnations visant la Syrie de Bachar El Assad, par lui apporter un soutien diplomatique, économique et logistique impressionnant. Devant l’absence de réaction occidentale, il s’est enhardi et a pu se sentir libre d’agir à sa guise en Ukraine. Encore une fois, seules des sanctions économiques effectives et une contre-offensive idéologique peuvent ici le faire fléchir, et permettre aux forces démocratiques en Russie, qui sont systématiquement combattues et oppressées, de trouver un peu d’espace. Car, comme le rappelle Adam Michnik, « l’Europe et le monde ont besoin d’une Russie indépendante, démocratique et stable. Et cette Russie n’a pas besoin de Poutine. »  »

Joël Roman est avec Jean-Pierre Mignard l’un des deux principaux co-fondateurs de Sauvons l’Europe. Candidat en 7ème  place sur la liste Europe Ecologie Île de France qui a manifesté le souci d’ouvrir ses listes à la société civile et d’accueillir quelqu’un de Sauvons l’Europe dans ses rangs, il nous propose jusqu’au 25 mai une série de billets, qui sont le reflet de sa vision de la campagne européenne et de ses enjeux.

 » De l’Oural au Bosphore, le rêve européen doit vivre encore  » par Pascal Durand, Karima Delli,Yannick Jadot, Clarisse Heusquin, José Bové, Eva Joly, Michèle Rivasi, Sandrine Bélier, Nicole Kiil-Nielsen, Catherine Grèze, candidat-e-s EELV pour les européennes 2014 et Danielle Auroi, députée EELV

A lire en entier dans RUE 89

http://rue89.nouvelobs.com/2014/04/16/loural-bosphore-reve-europeen-doit-vivre-encore-251542

 » N’ayons pas l’Europe timide « 

 » A l’approche des élections européennes du 25 mai prochain, l’escalade actuelle en Ukraine, de même que les récentes crises turque et russe, appellent à la nécessité d’un changement urgent et beaucoup plus ambitieux de la politique européenne de voisinage.

LES SIGNATAIRES
Pascal Durand, Karima Delli,Yannick Jadot, Clarisse Heusquin, José Bové, Eva Joly, Michèle Rivasi, Sandrine Bélier, Nicole Kiil-Nielsen, Catherine Grèze, candidat-e-s EELV pour les européennes 2014, et Danielle Auroi, députée EELV à l’Assemblée nationale.

Ecologistes et citoyens européens, nous sommes conscients de cette responsabilité historique et en appelons à un sursaut européen !

Affrontements violents et répression sanglante à Kiev, virage autoritaire et liberticide en Turquie, annexion éclair de la Crimée et nouveaux procès politiques à Moscou…

Depuis Bruxelles, Paris, Londres ou Berlin, la diplomatie européenne regarde trop souvent en simple spectatrice les crises se multiplier à ses frontières. Confrontée à la perte de confiance, au chômage de masse et aux dérives austéritaires impuissantes à enrayer la « finance casino », l’Europe en oublierait presque que l’Union des Européens constitue encore la garantie d’un miracle de paix et de démocratie bien fragile sur un continent qui pas plus tard qu’hier constituait le théâtre principal de deux guerres mondiales.

La « dépression » européenne actuelle nous ferait presque oublier ce miracle, en enfants parfois gâtés que nous sommes de la démocratie, tandis qu’à quelques kilomètres de nos frontières, l’UE représente encore pour des millions de personnes un espace de paix, de liberté et d’état de droit.

Les élections européennes approchent et l’on observe déjà depuis des mois les nationalistes de tout bord et leurs gros sabots imposer des thèmes dans la campagne : immigration, frontières, identité nationale…

Pour les tous les progressistes résolument pro-européens, ignorer ces thèmes serait abandonner en rase campagne la construction européenne aux mains des populistes les plus dangereux. Surtout que le révisionnisme des frontières est un poison qui peut contaminer l’Europe et le rêve de Poutine fait des émules comme Viktor Orban en Hongrie. Il ne s’agit pas d’être « euro-béats », il s’agit de sortir de la facilité pour porter un projet européen ambitieux susceptible de redonner de l’espérance au sein de nos frontières et bien au-delà. Cela commence par une réforme en profondeur de la politique européenne de voisinage.

A Kiev, à Istanbul, à Moscou ou à Minsk, des milliers de personnes attendent de nous un virage audacieux. Mais en face, à Kiev, à Istanbul, à Moscou ou à Minsk, d’autres, qu’ils soient au pouvoir ou soudainement dans l’opposition, parient sur l’échec de l’UE pour « récupérer leur dû » et imposer par la censure, la propagande, les armes ou des élections truquées leur volonté afin de museler les derniers insoumis et de faire échouer leurs espoirs de changement. Notre responsabilité est immense, car en dépend non seulement l’avenir de millions de personnes aux frontières de l’UE, mais également celui de tous les Européens.

Alors que faire ? En 1989, l’Europe occidentale a su tendre la main aux anciennes « démocraties populaires » qui se libéraient tour à tour du joug communiste. La chute du Mur de Berlin reste à ce jour célébrée comme une victoire historique de la démocratie.

En 2004, c’était au tour de l’Ukraine de changer pacifiquement de régime pour se tourner vers la démocratie et les valeurs européennes. Qu’avait alors répondu l’UE à cette soif d’ouverture du peuple ukrainien ? Raideur, mépris, lenteurs et bureaucratie… Aujourd’hui, face au nouveau soulèvement ukrainien menacé par les hommes en uniforme de Poutine, l’Europe doit agir très rapidement, efficacement et d’une seule voix.

La question n’est pas uniquement celle des sanctions à imposer à la Russie : des sanctions contre les proches de Poutine, ses financeurs et les fidèles de son régime (qui paradoxalement, préfèrent tous la Cote d’Azur à Sotchi pour leurs vacances et Oxford aux facs moscovites pour l’éducation de leurs enfants) sont importantes et nécessaires.

Mais les sanctions économiques contre le pays peuvent avoir l’effet l’inverse, risquant de renforcer le sentiment anti-occidental déjà fortement ancré au sein de la population russe et donc d’affermir le pouvoir de Vladimir Poutine. La question est également et surtout de savoir comment construire un avenir meilleur avec les Ukrainiens.

Premièrement, et de toute urgence, une aide financière est nécessaire à ce pays, mis à genou par l’incompétence et la corruption du régime de l’ex-président Viktor Ianoukovitch. Toutefois, nous mettons en garde contre toute volonté d’assortir cette aide de contraintes austéritaires qui ne feraient que renforcer la crise économique et la manque de confiance d’une partie de la population ukrainienne contre le nouveau pouvoir à Kiev.

Deuxièmement, il faut ouvrir les frontières de l’UE pour les citoyens ukrainiens. La volonté de mobilité, d’échanges et d’ouverture est grande dans les pays voisins de l’Union européenne. Si notre politique de voisinage se résume au renforcement de « l’Europe forteresse », elle ne fera que renforcer ceux qui refusent l’ouverture. Enfin, il ne faut pas sous-estimer les craintes de changements au sein d’une partie des populations, notamment des minorités, qui sont nombreuses aussi bien en Ukraine qu’en Turquie. L’Europe est basée sur les principes de respect des minorités et de leur volonté d’autonomie, de préservation de leur langue et de leur culture. Nous ne devons pas l’oublier dans notre dialogue avec les pays voisins.

Lorsque l’Europe tarde trop à prendre ses responsabilités, les tournants autoritaires et nationalistes deviennent quasi-automatiques dans les pays voisins. C’était le cas à Kiev avec la dérive sanglante du régime de Ianoukovitch, c’est le cas à Ankara avec la dérive liberticide d’Erdogan marquée par la censure progressive des médias et des réseaux sociaux.

Prenons-en enfin conscience, ces dérives sont également le fruit de la crainte et du mépris dont a souvent fait preuve l’UE à l’égard de ses voisins, raison pour laquelle une réforme en profondeur de la politique de voisinage est nécessaire. Il ne s’agit pas d’intégrer des dizaines de nouveaux pays dans l’UE sans critères précis mais au contraire de renforcer les critères d’adhésion, notamment dans les domaines du respect des droits et des libertés, de la liberté d’expression et des droits des minorités. Il faut également introduire davantage d’étapes dans le processus de rapprochement et d’ouverture. Par exemple, les partenariats et coopérations, aujourd’hui essentiellement économiques et commerciaux, doivent s’élargir à l’éducation, à la culture et à la mobilité.

L’Europe ne peut continuer à porter un message de liberté tout en érigeant sans cesse des murs toujours plus hauts le long de ces frontières.

Une réforme ambitieuse de notre politique de voisinage serait la meilleure réponse aux nationalistes de tout bord qui clament déjà la fin du projet européen. Cette audace pourrait également redonner aux citoyens un peu de foi et de confiance en la construction européenne et sa capacité d’agir.

Enfin, cela constituerait une réponse pertinente à celles et ceux qui, comme Vladimir Poutine, freinent le changement en jouant sur les faiblesses actuelles et l’effondrement programmé de l’Union européenne. Le sursaut de cette dernière signerait la fin de leur privilèges. Enfin, une politique extérieure crédible, c’est aussi une politique énergétique ambitieuse : 40 % d’efficacité énergétique en Europe d’ici 2030, c’est deux tiers d’importation énergétique russe en moins.

…  »

 » Visite officielle de Noël MAMÈRE en Russie : un soutien aux écologistes et opposants russes  » Communiqué de presse du député EELV ( Europe Ecologie Les Verts )

 »

Du 26 au 28 juillet 2013 Noël MAMÈRE sera en visite officielle en Russie. Invité par les écologistes russes, il interviendra au festival Ecotropa (http://ecotropafest.ru/english/) lors des premières journées d’été de l’écologie en Russie.

Il rencontrera également les opposants et militants russes pour les droits humains.

Accompagné par Alexis PROKOPIEV, président de l’association Russie-Libertés (russie-libertes.org ), Noël MAMÈRE apportera son soutien politique à celles et ceux qui luttent pour l’écologie et les droits humains en Russie.  »

Contacts presse :

Léa BALAGE, collaboratrice parlementaire de Noël MAMÈRE : +33 6 85 97 70 81

Alexis PROKOPIEV, président de Russie-Libertés : +33 6 13 49 53 84