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Nice le Conseil municipal de trop lundi 25 avril 2016 : « Nous ne sommes pas dupes des intentions du maire. Ce conseil municipal extraordinaire n’a pas lieu d’être

Conseil municipal de lundi Nice: « Nous ne sommes pas dupes des intentions du maire.
Ce conseil municipal extraordinaire de lundi n’a pas lieu d’être.

En utilisant tous les prétextes pour refuser l’implantation d’une mosquée dans la plaine du Var, le Maire attise et instrumentalise le climat délétère qui règne ces derniers mois en France.
Les 5 délibérations qui nous sont proposées n’ont pour seule et unique intention que de pointer du doigt une communauté.

En s’immisçant dans les affaires d’un culte, le Maire transgresse la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat qui assure non seulement la liberté de conscience mais aussi celle des moyens des organisations religieuses à pratiquer leur culte sous le contrôle des services de l’Etat afin d’éviter toutes dérives sectaires comme la loi l’exige.

En ces temps difficiles pour notre pays, traversé par une crise sociale, politique et économique, il appartient aux élus de la république, que nous sommes, d’apaiser les débats et d’être des fédérateurs du vivre ensemble en respectant scrupuleusement la laïcité.

Nous ne pouvons pas accepter que Monsieur le Maire joue avec les institutions de notre république à des fins électoralistes.

Le débat qui se prépare sur les élections partielles dans la 5ème circonscription des AM, qu’il entend préserver du FN, n’a rien à gagner dans des surenchères nauséabondes. Nous le ferons savoir lundi et ne tomberons pas dans le piège d’un faux débat sur la laïcité que le maire de Nice nous tend. »

L’égalité ou rien ! Manif antiraciste à Paris le 21 mars

« Le 21 mars prochain nous appelons à manifester pour la journée mondiale contre le racisme

21mars2015Cela prendra place dans un contexte marqué par l’attaque de Charlie Hebdo suivi de l’attentat antisémite de la porte de Vincennes. Nous condamnons ces meurtres et nous refusons que cela soit utilisé pour banaliser l’islamophobie et renforcer les politiques d’État racistes et liberticides.

Nous refusons que cela soit utilisé pour légitimer les théories d’un « choc des civilisations » qui dressent des populations les unes contre les autres en raison de leur religion réelle ou supposée.

Nous condamnons l’islamophobie et l’antisémitisme et toutes les formes de racisme comme nous condamnons les stigmatisations contre les quartiers populaires.
Nous refusons les actes négrophobes.
Nous refusons la chasse aux migrantEs et aux Rroms et les limitations à la liberté de circuler.

Nous refusons toute restriction à nos capacités de résister aux politiques antisociales au nom d’une « union nationale ».
Nous refusons de nous résigner à la montée de l’extrême-droite qu’elle prenne la forme du Front national, des groupes ouvertement fascistes et agressivement islamophobes ou/et antisémites. Nous dénonçons les gouvernements qui ont renforcé la chasse aux sans-papiers, le quadrillage des quartiers populaires et qui contribuent pleinement à la montée du racisme et des idées réactionnaires, notamment homophobes et sexistes.

À cela nous opposons notre volonté de vivre ensemble et notre exigence d’égalité des droits et de justice sociale. C’est pourquoi le 21 mars nous manifesterons ensemble en France et dans tous les pays du monde contre le racisme et contre le fascisme.

Pas de discours, l’égalité ou rien !

Nous exigeons :
la fin des contrôles au faciès,
l’arrêt des démantèlements de camps de Rroms,
le retrait des lois racistes dirigées contre les MusulmanEs,
le retrait des lois liberticides et sécuritaires,
la régularisation de touTEs les sans-papiers avec une carte de séjour de 10 ans,
la fermeture de Frontex, des centres de rétention et la liberté de circulation et d’installation,
le droit de vote des étrangers.

Parce que notre indignation n’est pas sélective, nous n’oublions pas, aux côtés des victimes des attaques de Charlie Hebdo et de l’Hyper-Cacher, les milliers de migrantEs disparuEs en Méditerranée et ailleurs, les victimes des violences policières dans nos quartiers ainsi que Rémi Fraisse, manifestant tué par la police. Nous n’oublions pas les mortEs de Gaza, de Homs, du Nigéria ou de Kobané et toutes les victimes de la guerre comme nous n’oublions pas les victimes de la violence d’extrême-droite.

C’est en leur mémoire que nous appelons à descendre massivement dans la rue le 21 mars prochain. »

Premiers signataires :

UNSP (Union Nationale des Sans-Papiers) ACDR (Arts et Cultures des Deux Rives) ACLEFEU ACORT (Assemblée citoyenne des Originaires de Turquie) ACTIT (Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie) Act Up-Paris AFA (Action Antifasciste Paris Banlieue) AIDDA (Association Interculturelle de production, de Diffusion et de Documentation Audiovisuelle) Amnesty International Angers AMDH – section Paris/IDF (Association Marocaine des Droits Humains) AMF (Association des Marocains en France) ARDLFM (Association pour la Reconnaissance des Droits et Libertés aux Femmes Musulmanes) ASM (Afrique Survie Migrations) ASTI93 ATF (Association des Tunisiens en France) ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France) Association Marche pour l’égalite et contre le racisme de 1983 Association PLUS (Papiers Liberté Unité Solidarité) Association Varec’h ATTAC France BAN (Brigade Anti-Négrophobie) Brigade des Mères (Sevran) Collectif 3C (Culture, Citoyenneté, Création) Collectif 8 mars pour toutES CAPAB (Collectif Antifasciste PAris Banlieue) CEAL (Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi de 2004) CEDETIM/IPAM CISPM (Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants) Collectif antifa La Horde Collectif citoyens Collectif D’ailleurs Nous Sommes d’Ici 37 Collectif D’ailleurs Nous Sommes d’Ici Strasbourg Collectif de Taksim CFPE (Collectif Féministes Pour l’Egalité) Collectif Stop le contrôle au faciès Collectif Universel Paris 8 Collectif Urgence notre police assassine Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri Collectif Vérité et Justice pour Wissam Collectif Paris 18 Charles Hermite contre le racisme et l’extrême-droite CSP17-Foyer St Just CSP75 CSP93 CSP95 CSP Livry gargan CTSP Vitry-94 Coordination Régionale Rhône-Alpes de soutien aux sans-papiers et sans droits DIEL (Droits Ici Et Là-bas) Droits Devant!! ENAR (Réseau européen de lutte contre le racisme) EPI (Etudiants Pacifistes Internationaux) ETM (Egalité Toulouse Mirail – Ecoles TiersMondes46) FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) Femmes plurielles Femmes en Luth Femmes en lutte 93 Ferguson in Paris FFR (Filles et Fils de la République) Fondation Copernic Fondation Frantz Fanon FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives) FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires) Génération Palestine – Paris ICAD (Comité International contre les Disparitions Politiques) IJAN (Réseau international juif antisioniste) Intégration 21 La Voix des Rroms Les Indivisibles Liste des Sans-Voix-Paris 18 Lumière & Couleurs 93 MPF/HM2F (Musulman-e-s Progressistes de France / Homosexuel-le-s Musulman-e-s de France) MTE (Mamans Toutes Egales) Même droits pour Toutes et pour Tous MILI (Mouvement InterLuttes Indépendant) Respaix Conscience Musulmane REMCC (Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture) Riposte antifasciste SKB (Union Socialiste des Femmes) Sortir du Colonialisme UJFP (Union Juive Française pour la Paix) UTIT (Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens) Voix des Femmes Migrantes YS (Young Struggle) CNT-STE 75 Fédération Solidaires étudiant-e-s Sud éducation 84 Sud éducation-Créteil Sud éducation Mayotte Syndicat National Solidaires Justice Union syndicale Solidaires Alternative Libertaire CGA (Coordination des Groupes Anarchistes) Ensemble EELV (Europe Ecologie Les Verts) FCP (Force Citoyenne et Populaire) MJCF (Mouvement Jeunes Communistes de France) NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) PCF (Parti Communiste Français) OCML-Voie Prolétarienne

Manifeste: « Unissons-nous contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires » dont le Dr André Minetto est signataire sur Mediapart

Pour signer: manifeste.islamophobie@gmail.com

« Notre solidarité avec les victimes des attentats » de janvier 2015 à Paris « doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires », réaffirment les signataires de ce manifeste, qui condamnent « résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus ».


La marche du 11 janvier 2015 a exprimé la condamnation résolue des attentats des 7, 8 et 9 janvier et la solidarité avec les victimes.

Que nous y ayons participé ou pas, nous dénonçons ceux qui tentent de dévoyer et de pervertir l’émotion légitime qui s’est manifestée ce jour-là en dressant une partie de la population contre une autre, en alimentant une islamophobie nauséabonde.

C’est donner ainsi raison, après coup, aux terroristes, dont l’intention était clairement de provoquer la rupture entre les habitants de ce pays, le rejet de l’islam dans une part importante de la population, et la peur chez les musulmans et chez les juifs.

La plupart des responsables politiques et des commentateurs ont dénoncé avec raison toute tentative d’amalgame. Certains sont pourtant tombés dans ce piège, et ont tenu des propos inadmissibles ou lourds de sous-entendus. Déjà, le nombre d’actes islamophobes (agressions physiques ou verbales de personnes, attaques contre des lieux de culte, etc.) se monte à plus de 200 durant les deux semaines qui ont suivi ces tueries, autant que durant toute l’année 2014.

Nous affirmons que notre solidarité avec les victimes des attentats sanglants doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires et qui ressentent au quotidien, notamment dans les quartiers populaires, les effets d’une haine instillée depuis de nombreuses années.

Des mesures de sécurité sont nécessaires et compréhensibles, mais nous refusons toute aggravation de la législation en contradiction avec les libertés et la dérive sécuritaire que certains voudraient faire prendre à nos institutions (illustrée en particulier par des condamnations à des peines de prison de personnes ivres ou  psychiquement déficientes, ou encore par des auditions par la police de très jeunes mineurs). Les paroles des enfants doivent être entendues et doivent faire l’objet de réponses pédagogiques dans le cadre de l’école et des autres structures éducatives. Les délits d’apologie doivent faire retour dans la loi de 1881 qui encadre la liberté d’expression et la répression de ses abus.

La laïcité, valeur fondamentale de notre République, doit cesser d’être détournée de manière suspicieuse à l’encontre des musulmans et doit retrouver sa signification fondamentale qui est, en séparant l’Etat des religions, de garantir le vivre ensemble d’individus ayant des convictions différentes et de permettre à chacun de pratiquer sa religion, de n’en pratiquer aucune ou de changer de religion, en pleine liberté.

Nous sommes plus que jamais attachés à l’article premier de la loi de 1905 : « La République assure la liberté de conscience.Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ». Aussi nous revendiquons la liberté pour tous de pratiquer et d’exprimer sa religion au grand jour, d’être présent-es dans la société avec ses lieux de culte sans entraves ni violences, de pouvoir fréquenter les institutions publiques, à commencer par l’école, sans discrimination, d’avoir les même droits et les mêmes opportunités face au monde du travail.

Personne ne devrait craindre d’être victime de paroles ou de violences racistes, ni d’abus policiers, et personne ne devrait se voir continuellement sommé-e de se désolidariser d’actes quelconques en raison de sa religion ou de ses origines. Nous condamnons résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus.

Premiers signataires

Bruno Adjignon, Jean-Joseph Alain, Françoise Alamartine, Sarah Al-Matary, Salika Amara, Marie Aoustin,

Etienne BalibarJean Baubérot, Abraham Behar, Catherine Belkhodja, Louiza Belhamici, Malika Benarab Attou, Esther Benbassa, Léla Bencharif, Mohammed Ben Yakhlef, Daniel Boitier, Alain Bondeelle, Mathieu Bouchard, Antoine Boulanger, Alima Boumediene Thiery,

Cécile Canut, Abdellatif Chaouite, Insaf Chebaane, Omar Cheriguene, Ismahane Chouder, Cyril Cognéras, Gabriel Cohn-Bendit, Sergio CoronadoThomas Coutrot, Monique Crinon,  Bernard Crozel,

Sonia Dayan-Herzbrun, Marina Da Silva, Alain Delame, Karima Delli, Christine Delphy, Bernard Derbez, Pierre DharrévilleFrançoise Diehlmann, Chantal Dhoukar, Pierre-Nadir Doumandji, Bernard Dréano, Jean-Pierre Dubois, Alice Dula, Pascal Durand,

Soraya El Kahlaoui, Didier Epsztajn,

Corinne FaugeronEric Fassin, Eric Favey, Sébastien Fontenelle, Alain Fournier,

Jérôme GleizesFrançois Gèze, Jean-Guy Greilsamer, Imène Guedda, Georges GumpelNacira Guénif-Souilamas,

Fabienne Haloui, Pierre Hassner, Alain Hayot,

Yannick Jadot, Mohamed Jaite, Philippe Jessu, Eva Joly, Benjamin Joyeux,

Amadou Ka, Pierre Khalfa, Abdessalam Kleiche,

Jean LafontStéphane Lavignotte, Henri Leclerc, Gilles Lemaire, Laurent Lévy, Isabelle LorandElise Lowy,

Noël MamèreGilles Manceron,  Sofia Manseri, Malika Mansouri, Gustave Massiah, Christian Mellon, Akli Mellouli, Madjid Messaoudène, Zakia Meziani, André Minetto, Michel Morineau, Claude Moskalenko,

Véronique Nahoum-GrappeAlexandre Piettre, Anastassia Politi,

Tahar Raaf, Tariq Ramadan, Ali Rahni, Bernard Ravenel, Joël Roman,

Nicolas Sadoul, Pierre Saly, Catherine Samary, Maximilien Sanchez, Thierry Schaffauser, Lucile Schmid, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Djamila Sonzogni, Pierre Stambul, Philippe Stanisière, Claude Szatan,

Pierre Tartakowsky, Pierre Tournemire, Anne Tristan, Michel Tubiana,

Marie-Christine Vergiat, Patrick Viveret, Georges Voix,

Richard Wagman, Sylviane de Wangen, Louis Weber,

Fatima Yaou,

Sophie Zafari, Robert Zimmerman.

Pour signer: manifeste.islamophobie@gmail.com

« L’écologie politique se bat contre tous les racismes, donc contre l’islamophobie ET contre l’antisémitisme  » texte collectif publié sur le Huffingtonpost, signé par des militant-e-s écolos et des Droits humains dont le Dr André Minetto

http://www.huffingtonpost.fr/yannick-jadot/lutte-racisme-islamophobie-antisemitisme_b_6789386.html

Premiers signataires au 2 Mars 2015  : 

3 eurodéputé-e-s, 1 député mis-e-s au début ( Karima Delli, Yannick Jadot, Eva Joly, Sergio Coronado ) et d’autres élu-e-s locaux, régionaux, départementaux …etc, ou internes nationaux, Conseiller-e-s Fédérales-Fédéraux d’EELV, comme moi, et nous sommes tous engagé-e-s pour la défense des Droits humains depuis un bon moment …

 » La France d’après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, celle des grandes manifestations citoyennes du 11 janvier, a montré un pays soudé qui refusait de voir son modèle de vivre ensemble intimidé par des menaces, des pressions et des violences terroristes. La classe politique dans sa majorité, à l’exception notable du Front National, s’est alors montrée à la hauteur de ces terribles évènements en jouant l’apaisement et en ne tombant pas dans le piège tendu par les terroristes de la division et de la surenchère sécuritaire.

Mais l’union nationale aura été de très courte durée. Après ce court sursaut républicain post traumatique, notre vivre ensemble est à nouveau aujourd’hui plus que jamais menacé par les tensions qui traversent depuis des décennies la république française et qui n’ont jamais été véritablement abordées de front par la classe politique, dont son passé colonial comme sa période de collaboration. D’un côté, en plus de l’attentat de la Porte de Vincennes, des propos et des actes antisémites qui se multiplient, de l’autre des associations qui dénombrent sur le terrain autant d’actes islamophobes dans le seul mois de janvier 2015 que durant toute l’année 2014.

Dans les écoles, les tribunaux, les médias, des individus, parfois des enfants, des mères voilées, sont montrés du doigt, jetés à la vindicte et jugés selon des procès expéditifs. Dans une récente enquête d’opinion, à l’affirmation « l’Islam représente une menace pour la République française », 56% des sondés sont « tout à fait et plutôt d’accord ». Il y a donc péril en la demeure et urgence. Trop souvent, notre laïcité et son principe d’universalité continuent d’être dévoyés pour nier l’égalité des droits que demandent les personnes issues des minorités, dont celles et ceux qui se réclament de l’Islam.

Le fait que Marine Le Pen et ses affidés du Front National, de même que la frange la plus à droite de l’UMP ne cessent aujourd’hui de se proclamer les principaux défenseurs de la laïcité en est la meilleure illustration.

Face au cancer du racisme qui gangrène notre société, il est fondamental que nous, militantes et militants écologistes, nous nous insurgions avec la même clarté et la même détermination contre toutes ses manifestations d’où qu’elles viennent, qu’elles soient islamophobes comme antisémites. La lutte contre le racisme ne se saucissonne pas et ne se clientélise pas et la liberté religieuse est une valeur fondamentale. C’est pourquoi nous avons été particulièrement choqués de la récente séquence qui a vu le parti EELV demander le retrait de sa signature de soutien à un meeting de lutte contre l’islamophobie le 6 mars prochain à Saint-Denis, au moment même où Roger Cukierman, le président du CRIF, déclarait : «toutes les violences antisémites sont commises par des jeunes musulmans» et « Marine Le Pen est irréprochable ».

Pourtant les écologistes étaient jusqu’alors fiers d’être dans un parti politique à la pointe de la lutte contre l’Islamophobie et la stigmatisation de l’ensemble des musulmans de France, parti qui a donné l’impression aujourd’hui de reculer au prétexte de la présence d’une seule organisation polémique dans une longue liste d’amiEs. Or nous considérons qu’il ne nous appartient pas d’inspecter les consciences et les intentions de chacun avant de nous engager dans un collectif, dès lors que la cause défendue est également la nôtre, car nous voulons rompre avec ce regard méprisant et colonial des uns sur les autres qui conditionne la discrimination, notamment islamophobe, et peut en inciter une infime minorité à tomber dans le radicalisme violent. Tous les ultras, qu’ils soient musulmans, juifs, chrétiens ou en l’espèce laïcs, menacent notre cohésion sociale et notre vivre-ensemble et sapent l’efficacité de la lutte contre le racisme en pratiquant le double discours et l’indignation à plusieurs vitesses.

C’est pourquoi nous, militantes et militants EELV, anti-racistes et cosmopolites, nous dénonçons tant les propos du président du CRIF et regrettons le retrait de notre signature au meeting du 6 mars contre l’islamophobie, meeting auquel nous appelons chacune et chacun à participer pour y porter nos valeurs écologistes et converger avec toutes les associations et organisations qui luttent contre toutes les formes de racisme. .  »

Premiers signataires :

Sergio Coronado, Karima Delli, Yannick Jadot, Eva Joly, Rafy Abdoul, Sylvette Amestoy, Karim Ameur, Yacine Ayari, Nadia Azoug, Michel Bock, Kader Chibane, Alain Delame, Suzanne D’Hermies, Chantal Dhoukar, Salim Didane, Edwige Dorbon, Pierre-Nadir Doumandji, Bernard Dreano, Jean -Michel Dreyer,  Véronique Dubarry, Françoise Duthu, Hicham Fassi-Fihri, Xavier Fontaine, Edouard Gaudot, Séverine Goudiguen, Gregory Guttierez, Nadia Hathroubi-Safsaf, Aicha Jabrane, Benjamin Joyeux, Nabila Keramane, Abdessalam Kleiche, Jean Laffont, Elise Lowy, François Maillard, André Minetto, Navaz Mouhamadaly, Thanh-Tin Nguyen, Roumana Nguyen, Evelyne Perrin, Jacques Picard, Tahar Raaf, Ali Rahni, Zakia Rezaiguia-Meziani, Abdelkarim Ramdane, Eros Sana, Gilles Sarfati, Djamilia Sonzogni, Philippe Stanisière, Khalid Zougagh

Manifeste signé par le Dr A. Minetto :  » Unissons-nous contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires « 

Voici un manifeste que je viens de signer.

«  La marche du 11 janvier a exprimé la condamnation résolue des attentats des 7 et 9 janvier et la solidarité avec les victimes.

Que nous y ayons participé ou pas, nous dénonçons ceux qui tentent de dévoyer et de pervertir l’émotion légitime qui s’est manifestée ce jour-là en dressant une partie de la population contre une autre, en alimentant une islamophobie nauséabonde.
C’est donner ainsi après coup raison aux terroristes dont l’intention était clairement de provoquer la rupture entre les habitants de ce pays, le rejet de l’islam dans une part importante de la population et la peur chez les musulmans et chez les juifs.

La plupart des responsables politiques et des commentateurs ont dénoncé avec raison toute tentative d’amalgame. Certains sont pourtant tombés dans ce piège, et tenu des propos inadmissibles ou lourds de sous entendus. Déjà le nombre d’actes islamophobes (agressions physiques ou verbales de personnes, attaques contre des lieux de culte, etc.) se monte à plus de 200 durant les deux semaines qui ont suivi ces tueries, autant que durant toute l’année 2014.

Nous affirmons que notre solidarité avec les victimes des attentats sanglants doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires et qui ressentent au quotidien, notamment dans les quartiers populaires, les effets d’une haine instillée depuis de nombreuses années.
Des mesures de sécurité sont nécessaires et compréhensibles, mais nous refusons toute aggravation de la législation en contradiction avec les libertés et la dérive sécuritaire que certains voudraient faire prendre à nos institutions (illustrée en particulier par des condamnations à des peines de prison de personnes ivres ou psychiquement déficientes, ou encore par des auditions par la police de très jeunes mineurs). Les paroles des enfants doivent être entendues et faire l’objet de réponses pédagogiques dans le cadre de l’école et des autres structures éducatives. Les délits d’apologies doivent faire retour dans la loi de 1881 qui encadre la liberté d’expression et la répression de ses abus.

La laïcité, valeur fondamentale de notre République, doit cesser d’être détournée de manière suspicieuse à l’encontre des musulmans et doit retrouver sa signification fondamentale qui est, en séparant l’Etat des religions, de garantir le vivre ensemble d’individus ayant des convictions différentes et de permettre à chacun de pratiquer sa religion, de n’en pratiquer aucune ou de changer de religion, en pleine liberté.
Nous sommes plus que jamais attachés à l’article premier de la loi de 1905 : « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ». Aussi nous revendiquons la liberté pour tous de pratiquer et d’exprimer sa religion au grand jour, d’être présent-es dans la société avec ses lieux de culte sans entraves ni violences, de pouvoir fréquenter les institutions publiques, à commencer par l’école, sans discrimination, d’avoir les même droits et les mêmes opportunités face au monde du travail.

Personne ne devrait craindre d’être victime de paroles ou de violences racistes, ni d’abus policiers, et personne ne devrait se voir continuellement sommé-e de se désolidariser d’actes quelconques en raison de sa religion ou de ses origines. Nous condamnons
résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus.   »

Premiers signataires :

Sarah Al-Matary, Salika Amara, Etienne Balibar, Jean Baubérot, Abraham Behar, Louiza Belhamici, Mohammed Ben Yakhlef, Daniel Boitier, Alain Bondeelle, Antoine Boulanger, Alima Boumediene Thiery, Abdellatif Chaouite, Insaf Chebaane, Omar Cheriguene, Ismahane Chouder, Gabriel Cohn-Bendit, Monique Crinon, Sonia Dayan- Herzbrun, Marina Da Silva, Christine Delphy, Bernard Dréano, Jean-Pierre Dubois, Alice Dula, Soraya El Kahlaoui, Didier Epsztajn, Eric Fassin, Eric Favey, Sébastien Fontenelle, François Gèze, Imène Guedda, Nacira Guénif-Souilamas, Pierre Hassner, Mohamed Jaite, Philippe Jessu, Benjamin Joyeux, Amadou Ka, Pierre Khalfa, Henri Leclerc, Laurent Lévy, Gilles Manceron, Sofia Manseri, Gustave Massiah, Christian Mellon, Akli Mellouli, Madjid Messaoudène, Zakia Meziani, Michel Morineau, Véronique Nahoum-Grappe, Alexandre Piettre, Anastassia Politi, Tariq Ramadan, Joël Roman, Pierre Saly, Catherine Samary, Maximilien Sanchez, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Claude Szatan, Pierre Tartakowsky, Pierre Tournemire, Anne Tristan, Michel Tubiana, Marie-Chrstine Vergiat, Patrick Viveret, Georges Voix, Louis Weber, Sophie Zafari, Robert Zimmerman.

« Vu du Sénat #46: Quand les « Arabes » prennent le pouvoir par la plume: ces rapports qui font trembler le gouvernement » par Esther Benbassa, Sénatrice ( EELV )

A lire en entier dans le Huffingtonpost

http://www.huffingtonpost.fr/esther-benbassa/quand-les-arabes-prennent_b_4451281.html?utm_hp_ref=france

« Cinq rapports, des centaines de pages, qui dormaient sur le site du Premier Ministre depuis un mois. L’un des auteurs de ces textes, avec qui je travaille depuis des années, m’a confirmé au téléphone qu’il pensait depuis longtemps déjà qu’ils étaient enterrés. Mais, contexte préélectoral oblige, la droite s’en est emparée ce vendredi pour mettre le feu et tenter de déstabiliser l’exécutif et de se gagner quelques voix à sa propre (extrême) droite. Et elle a concentré toutes ses attaques, comme elle en a l’habitude depuis des lustres, sur un tout petit passage relatif à la suppression des dispositions légales et réglementaires scolaires discriminatoires, concernant, notamment, le « voile ». Tout juste neuf lignes. Rien de plus. Mais c’était déjà trop ! En tout cas suffisant…

La France a mal à son islam

Ce qui fait mal à la France, c’est son islam. Et la bronca des derniers jours nous le rappelle. Le voile, toujours le voile, agité comme un épouvantail, brandi à nouveau à chaque échéance électorale pour pallier l’absence de contenu des programmes politiques ! L’excitation est générale, touchant aussi bien les copéistes que les marinistes (ou néo-lepénistes) en perpétuelle concurrence.

La laïcité, « valeur suprême » de la République, est sollicitée inlassablement par les uns comme par les autres. Une laïcité qui, on l’oublie, émerge finalement assez tard dans l’histoire de cette République, et qui relève plus d’un contrat que d’une valeur. Mais quand on est bien à court d’arguments et de projets, voilà qu’elle sert d’armure pour cacher – ou pour se cacher – son islamophobie.

Je dirai en un mot qu’il y a une laïcité éthique, qui est le ciment de notre vivre-ensemble, et une autre, qui divise, synonyme, dans le meilleur des cas, d’une crispation, guère nouvelle, à l’endroit de l’islam en France, et dans le pire des cas, d’un rejet profond, voire d’une haine, des musulmans.

Cette instrumentalisation de la laïcité par nos responsables politiques de droite et d’extrême droite à des fins purement électoralistes n’illustre rien d’autre que leur impuissance, leur manque d’imagination, leur incapacité à produire un discours crédible. Ce qui donne une justification de plus au désamour des Français à l’égard de tous leurs élus.

A gauche, l’invocation de la laïcité ne sert ordinairement pas les mêmes objectifs, le rejet de l’islam ne lui est pas aussi consubstantiel. Mais ne nous cachons pas la face : les motifs d’inquiétude sont réels là aussi, lorsque la laïcité est mise en avant comme valeur « non négociable ». Non négociable en quoi ? Pourquoi ? La laïcité n’est-elle pas aussi ce qui doit permettre la libre expression des religions, tant quelle ne menace pas la neutralité de l’Etat ?
En quoi, par exemple, une mère de famille musulmane à la tête couverte d’une écharpe menace-t-elle cette neutralité lorsqu’elle demande à accompagner des élèves dans une sortie scolaire? La question du port du voile à l’école justifiait-elle une loi, et une interdiction sans recours, alors que ce dont nous avons besoin, pour faire société, est d’abord d’espaces de dialogue et de négociation ? Ne pouvait-on convaincre les élèves par des arguments plutôt que d’interdire et de sanctionner sans explication?

J’abandonne cet épineux sujet à la réflexion de M. Peillon, patron de l’éducation. Mais cela ne m’empêche pas de me demander quels sont les moyens à mettre en œuvre pour que l’islam sorte du registre de la polémique et de la stigmatisation, qui mène directement au repli.

Courage, fuyons !

Bien sûr, le Président de la République a pris la parole de Guyane où, par malchance, il se trouvait quand Paris était en ébullition, pour assurer à ses détracteurs que la question du voile avait été définitivement « tranchée par le législateur » et qu’on n’avait pas à y revenir. Le Premier Ministre, très mal à l’aise, a fait ce qu’il a pu, lui aussi, pour calmer le jeu. Et voilà. Et voilà comment cinq rapports ont été sacrifiés sur l’autel de l’islamophobie des uns et de la frilosité des autres.
Puisque chaque fois qu’on propose une idée intéressante ou novatrice, notre exécutif, les yeux fixés sur la droite et l’extrême droite, se montrant vite effarouché, fait marche arrière sans hésiter, histoire de ne pas risquer de perdre trop de voix au centre, et même à gauche, bien sûr, une gauche pas toujours moins conservatrice que la droite.

Et tout cela, cette fois-ci, quand on annonce, pour les municipales, des triangulaires avec le FN qui sauveront (peut-être) le PS. In fine, une crainte alibi justifiant de ne pas prendre trop de « risques ». Le résultat ? L’impopularité qui touche de plein fouet le cœur même de la gauche. On pourrait parler là du serpent qui se mord la queue… A force, ça devrait lui faire mal.

La vérité qui blesse

Mais revenons aux rapports, que peu de ceux qui s’en offusquent ont lus, probablement. Alors, ces rapports, ils disent quoi, ils proposent quoi ? Rien de plus et rien d’autre que ce qui se dit et que ce qu’on propose, depuis des années, dans les milieux universitaires. Rien de bien révolutionnaire.

Utiliser le mot « intégration » à propos de personnes issues de l’immigration mais nées en France est évidemment un non-sens. Thierry Tuot, conseiller d’Etat, le disait avec éloquence dans un autre rapport, présenté au Premier Ministre en février 2013… et lui aussi aussitôt enterré (il y a beaucoup de places au cimetière des rapports) ! Sa liberté de parole lui a coûté son poste. Ne savait-il donc pas qu’on préfère la langue de bois ? Titre de son œuvre ? La Grande Nation. Pour une société inclusive.

Ca s’annonçait mal, c’est sûr. M. Tuot, qui avait dirigé le Fasild et qui, à ce titre, connaissait bien le sujet, appelait déjà à une refonte de la politique d’intégration, il utilisait déjà le mot « inclusion ». Or les rapports qui font jaser aujourd’hui abordent de la même manière certaines des questions soulevées par M. Tuot. Les auteurs de Vers une politique française de l’égalité demandent ainsi qu’on travaille le sentiment d’appartenance, plaident pour un « Nous inclusif et solidaire », et pour cela préconisent de reformuler la question nationale. Ils ajoutent, avec raison, que l’altérisation des populations perçues comme « étrangères » a pour conséquence immédiate et nocive de restreindre la définition du « Nous ». La stigmatisation de l’immigration, de l’islam ou des populations dites Roms renforce et relégitime le « Nous » nationaliste qui périphérise d’emblée des groupes entiers tenus pour des « outsiders ».

« La récurrente instrumentalisation politique de quelques populations construites en ‘bouc émissaire’, insistent les auteurs du même rapport, se retrouve à peu de choses près dans les discours de tout l’échiquier politique ». Qui pourrait dire le contraire ? Mais cela ne plaît évidemment pas à ceux qui se croyaient vertueux en la matière et découvrent qu’ils ne le sont guère… Allons, encore une belle phrase qui froissera les mêmes, je suppose : « le grand retour du thème de la laïcité est moins lié à un enjeu de religion (et de rapport de l’Etat avec les religions, problème qui est globalement réglé) qu’avec un enjeu idéologique pour le nationalisme: utiliser la question de la religion pour maintenir à distance la reconnaissance des populations vues comme ‘musulmanes’. » Cela me semble assez clair.

La grande peur des élites

Ce diagnostic est posé par les concernés eux-mêmes. Pas par des technocrates à la langue de bois. Pas par des chercheurs théorisant dans leur cabinet sans avoir à salir leurs mocassins dans les quartiers. Cette parole-là, les politiques ont du mal à l’entendre. Ils préfèreront toujours, sur ces sujets, un autisme protecteur à la prise de conscience, qui oblige à faire retour sur ses préjugés et qui dérange. Ceux qui parlent là savent de quoi ils parlent, ils l’approchent avec les outils de la critique, mais ils l’ont aussi vécu dans leur chair. Insupportable prise de parole qui est une prise de pouvoir.

C’est sans doute ce qui fait dire au chercheur Hervé Le Bras, de son bureau du 6e arrondissement de Paris, dans le JDD du 15 février : « aucun des chercheurs qui font autorité sur ces questions à droite comme à gauche, n’y a participé ». C’est sûr : ces chercheurs aux noms à consonance arabe (à côté, tout de même, de quelques autres aux noms « bien français »), ces associatifs qui sont sur le terrain, tous ces auditionnés venus d' »en bas » ne sont de toute évidence pas les mieux placés pour parler de ce dont ils parlent… On le sait depuis longtemps, et on n’est pas étonné : les élites sont un vrai frein pour l' »inclusion », le grand « Nous » préconisé par les rapporteurs leur fait peur. Et si ces gens-là, si mal-nommés, venaient un jour leur prendre leurs places ?

Décolonisons l’action politique

Ils dénoncent pourtant avec raison la discrimination et l’ethnicisation à l’école et dans l’orientation scolaire, dans la formation professionnelle et universitaire et dans l’accès à l’emploi, l’inégalité dans l’accès aux mesures d’aide à l’emploi, la discrimination et la racialisation dans le travail, l’effet négatif des étiquettes, le rapport négatif des populations minorisées à la société française. « C’est l’expérience de la discrimination et de la racialisation qui fabrique de la désidentification, précisément car celle-ci fonctionne comme un refus de reconnaissance de la ‘normalité’ ici et maintenant. Le vécu quotidien d’un renvoi à une altérité contribue au sentiment d’être perçu comme un étranger, et finalement de se sentir étranger ».

Voilà qui permettrait à certains de comprendre qu’il arrive qu’on siffle la Marseillaise ou qu’on parade, dans les matchs France-Algérie, avec des drapeaux algériens. Pour faire une société commune, pour éteindre ces accès de fièvre « antifrançaise », ne faut-il pas descendre à la racine du mal et le guérir vraiment ? Il est temps d’y voir clair, et de s’atteler à une approche politique de la question, au lieu de jouer les vierges effarouchées. Les problèmes existent et les auteurs ne les cachent pas. Leur diagnostic n’a rien d’exceptionnel. Ce qui serait exceptionnel, ce serait de se donner les moyens de faire la politique autrement et d’agir aussi bien au niveau de l’Etat qu’à la base. « Une politique qui vise à changer les ‘règles du jeu' », qui « dédramatise l’altérité et décrispe le rapport à l’immigration ».

Les préconisations formulées ne sont pas moins intéressantes que le diagnostic posé : enseigner une histoire plurielle, mettre l’accent sur l’enseignement de l’arabe et d’une langue africaine, créer une « cour des comptes de l’égalité » (mais là c’est peut-être trop : donner le nom de cette honorable institution à un organisme s’occupant de l’égalité des filles et fils d’étrangers avec les Français « de souche » !), formation des enseignants, accès facilité à l’enseignement supérieur (là où se forment les élites!), etc. La liste est longue et riche.

N’enterrons pas ces rapports ! Enrichissons-nous de leur contenu ! N’ayons pas peur ! C’est un devoir de la gauche que de décrisper la société et d’œuvrer à la construction de ce grand « Nous ». Entendre ces voix reviendrait à entamer la décolonisation de l’action politique. Avant d’engager les réformes demandées pour qu’une autre France soit possible demain. Les socialistes manqueront-ils par pur calcul politique ce rendez-vous si attendu ? Vont-ils encore, par faiblesse, nourrir un peu plus les rangs du désormais premier parti de France, celui des déçus et des abstentionnistes ? On peut le craindre. Mais pas s’y résoudre.  »