Apiculture :  » Frelons « – nous la catastrophe ? article de Mme Marine Gas étudiante en journalisme et interview du Dr André Minetto

Jeudi 19 mars, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction, à partir de janvier 2016, des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes. Des insecticides réputés toxiques pour les abeilles.

L’assemblée nationale a adopté l’amendement des socialistes Gérard Bapt et Delphine Batho contre l’avis du gouvernement. Selon la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte. Cette décision de l’assemblée est quand même saluée par Frédéric A., apiculteur dans les Alpes Maritimes : « Plus on enlèvera de molécules chimiques, mieux les abeilles se porteront. J’ai une perte hivernale de près de 15 % chaque année ». Frédéric travaille avec deux autres apiculteurs. Ils produisent à eux trois, 15 à 16 tonnes de miel par an. La perte des abeilles de cette année devrait faire baisser le niveau des volumes de 5 %.

Cet apiculteur se dit moins touché que d’autres régions qui produisent en plus grande quantité : «  Tous les ans j’observe quand même une augmentation de la mortalité des abeilles, dû notamment à la stérilité des reines, causée par les produits chimiques », explique t’il.

En 2014 la production de miel en France est tombée à 10 000 tonnes, contre 32 000 tonnes en 1995.

Les néonicotinoïdes : le vrai problème ?

La mortalité des abeilles a plusieurs facteurs. Le frelon asiatique, arrivé de Chine, les dévore. Le varroa, acarien parasite, s’attaque aux abeilles adultes et aux larves. Le noséma, un champignon microscopique affecte leur tube digestif. Malgré le nombre de ces prédateurs, les pesticides restent numéro un sur le banc des accusés.

En 2012, des scientifiques publient un rapport sur le déclin rapide de populations d’abeilles provoqué par l’emploi des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes. Ils agissent sur le système nerveux central des insectes. Désorientées, les abeilles ne retrouvent plus le chemin de leurs ruches.

Les néonicotinoïdes  sont présents dans les produits tels que Gaucho, Cruiser. Tous fabriqués par des géants de l’agrochimie.

Pour André Minetto ( Nice Ecologie ), la décision de l’Assemblée Nationale n’est pas suffisante : « C’est une victoire au coup par coup. On interdit telles ou telles molécules chimiques mais ce n’est qu’une partie du problème. Le vrai soucis est qu’il n’y a pas de volonté politique en face ». Selon ce Conseiller fédéral national d’Europe Ecologie Les Verts, il faudrait une vraie politique de santé environnementale qui réagisse au niveau des industries et ose enfin interdire tous les produits phytosanitaires chimiques. « Il y a quelques années, la presque totalité des aides européennes ( PAC Politique agricole commune ) allaient dans l’agriculture chimique. Nous essayons aujourd’hui, notamment par l’action de nos eurodéputé-es, de faire évoluer ce chiffre ».

Marine Gas

QUELQUES RAPPELS

En France, en 2011, seulement 3,5% de la SAU (Surface Agricole Utile) étaient consacrés à l’agriculture biologique,  4%  en 2012; soit dans l’UE, 17ème position s’agissant de la part de l’agriculture biologique dans le territoire agricole national en 2012.

En 2011, les surfaces en conversion représentaient 28% en France.

En 2010, 30% des produits biologiques consommés en France étaient importés.

Le Grenelle de l’environnement prévoit 20% surfaces consacrées à l’agriculture biologique  en  2020.

Au sein  de l’UE, 70% des produits bio (en valeur) sont consommés dans quatre pays : Allemagne (32%), France (19%), Italie (10%) et Royaume- Uni (9%).

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