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 » De l’Oural au Bosphore, le rêve européen doit vivre encore  » par Pascal Durand, Karima Delli,Yannick Jadot, Clarisse Heusquin, José Bové, Eva Joly, Michèle Rivasi, Sandrine Bélier, Nicole Kiil-Nielsen, Catherine Grèze, candidat-e-s EELV pour les européennes 2014 et Danielle Auroi, députée EELV

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 » N’ayons pas l’Europe timide « 

 » A l’approche des élections européennes du 25 mai prochain, l’escalade actuelle en Ukraine, de même que les récentes crises turque et russe, appellent à la nécessité d’un changement urgent et beaucoup plus ambitieux de la politique européenne de voisinage.

LES SIGNATAIRES
Pascal Durand, Karima Delli,Yannick Jadot, Clarisse Heusquin, José Bové, Eva Joly, Michèle Rivasi, Sandrine Bélier, Nicole Kiil-Nielsen, Catherine Grèze, candidat-e-s EELV pour les européennes 2014, et Danielle Auroi, députée EELV à l’Assemblée nationale.

Ecologistes et citoyens européens, nous sommes conscients de cette responsabilité historique et en appelons à un sursaut européen !

Affrontements violents et répression sanglante à Kiev, virage autoritaire et liberticide en Turquie, annexion éclair de la Crimée et nouveaux procès politiques à Moscou…

Depuis Bruxelles, Paris, Londres ou Berlin, la diplomatie européenne regarde trop souvent en simple spectatrice les crises se multiplier à ses frontières. Confrontée à la perte de confiance, au chômage de masse et aux dérives austéritaires impuissantes à enrayer la « finance casino », l’Europe en oublierait presque que l’Union des Européens constitue encore la garantie d’un miracle de paix et de démocratie bien fragile sur un continent qui pas plus tard qu’hier constituait le théâtre principal de deux guerres mondiales.

La « dépression » européenne actuelle nous ferait presque oublier ce miracle, en enfants parfois gâtés que nous sommes de la démocratie, tandis qu’à quelques kilomètres de nos frontières, l’UE représente encore pour des millions de personnes un espace de paix, de liberté et d’état de droit.

Les élections européennes approchent et l’on observe déjà depuis des mois les nationalistes de tout bord et leurs gros sabots imposer des thèmes dans la campagne : immigration, frontières, identité nationale…

Pour les tous les progressistes résolument pro-européens, ignorer ces thèmes serait abandonner en rase campagne la construction européenne aux mains des populistes les plus dangereux. Surtout que le révisionnisme des frontières est un poison qui peut contaminer l’Europe et le rêve de Poutine fait des émules comme Viktor Orban en Hongrie. Il ne s’agit pas d’être « euro-béats », il s’agit de sortir de la facilité pour porter un projet européen ambitieux susceptible de redonner de l’espérance au sein de nos frontières et bien au-delà. Cela commence par une réforme en profondeur de la politique européenne de voisinage.

A Kiev, à Istanbul, à Moscou ou à Minsk, des milliers de personnes attendent de nous un virage audacieux. Mais en face, à Kiev, à Istanbul, à Moscou ou à Minsk, d’autres, qu’ils soient au pouvoir ou soudainement dans l’opposition, parient sur l’échec de l’UE pour « récupérer leur dû » et imposer par la censure, la propagande, les armes ou des élections truquées leur volonté afin de museler les derniers insoumis et de faire échouer leurs espoirs de changement. Notre responsabilité est immense, car en dépend non seulement l’avenir de millions de personnes aux frontières de l’UE, mais également celui de tous les Européens.

Alors que faire ? En 1989, l’Europe occidentale a su tendre la main aux anciennes « démocraties populaires » qui se libéraient tour à tour du joug communiste. La chute du Mur de Berlin reste à ce jour célébrée comme une victoire historique de la démocratie.

En 2004, c’était au tour de l’Ukraine de changer pacifiquement de régime pour se tourner vers la démocratie et les valeurs européennes. Qu’avait alors répondu l’UE à cette soif d’ouverture du peuple ukrainien ? Raideur, mépris, lenteurs et bureaucratie… Aujourd’hui, face au nouveau soulèvement ukrainien menacé par les hommes en uniforme de Poutine, l’Europe doit agir très rapidement, efficacement et d’une seule voix.

La question n’est pas uniquement celle des sanctions à imposer à la Russie : des sanctions contre les proches de Poutine, ses financeurs et les fidèles de son régime (qui paradoxalement, préfèrent tous la Cote d’Azur à Sotchi pour leurs vacances et Oxford aux facs moscovites pour l’éducation de leurs enfants) sont importantes et nécessaires.

Mais les sanctions économiques contre le pays peuvent avoir l’effet l’inverse, risquant de renforcer le sentiment anti-occidental déjà fortement ancré au sein de la population russe et donc d’affermir le pouvoir de Vladimir Poutine. La question est également et surtout de savoir comment construire un avenir meilleur avec les Ukrainiens.

Premièrement, et de toute urgence, une aide financière est nécessaire à ce pays, mis à genou par l’incompétence et la corruption du régime de l’ex-président Viktor Ianoukovitch. Toutefois, nous mettons en garde contre toute volonté d’assortir cette aide de contraintes austéritaires qui ne feraient que renforcer la crise économique et la manque de confiance d’une partie de la population ukrainienne contre le nouveau pouvoir à Kiev.

Deuxièmement, il faut ouvrir les frontières de l’UE pour les citoyens ukrainiens. La volonté de mobilité, d’échanges et d’ouverture est grande dans les pays voisins de l’Union européenne. Si notre politique de voisinage se résume au renforcement de « l’Europe forteresse », elle ne fera que renforcer ceux qui refusent l’ouverture. Enfin, il ne faut pas sous-estimer les craintes de changements au sein d’une partie des populations, notamment des minorités, qui sont nombreuses aussi bien en Ukraine qu’en Turquie. L’Europe est basée sur les principes de respect des minorités et de leur volonté d’autonomie, de préservation de leur langue et de leur culture. Nous ne devons pas l’oublier dans notre dialogue avec les pays voisins.

Lorsque l’Europe tarde trop à prendre ses responsabilités, les tournants autoritaires et nationalistes deviennent quasi-automatiques dans les pays voisins. C’était le cas à Kiev avec la dérive sanglante du régime de Ianoukovitch, c’est le cas à Ankara avec la dérive liberticide d’Erdogan marquée par la censure progressive des médias et des réseaux sociaux.

Prenons-en enfin conscience, ces dérives sont également le fruit de la crainte et du mépris dont a souvent fait preuve l’UE à l’égard de ses voisins, raison pour laquelle une réforme en profondeur de la politique de voisinage est nécessaire. Il ne s’agit pas d’intégrer des dizaines de nouveaux pays dans l’UE sans critères précis mais au contraire de renforcer les critères d’adhésion, notamment dans les domaines du respect des droits et des libertés, de la liberté d’expression et des droits des minorités. Il faut également introduire davantage d’étapes dans le processus de rapprochement et d’ouverture. Par exemple, les partenariats et coopérations, aujourd’hui essentiellement économiques et commerciaux, doivent s’élargir à l’éducation, à la culture et à la mobilité.

L’Europe ne peut continuer à porter un message de liberté tout en érigeant sans cesse des murs toujours plus hauts le long de ces frontières.

Une réforme ambitieuse de notre politique de voisinage serait la meilleure réponse aux nationalistes de tout bord qui clament déjà la fin du projet européen. Cette audace pourrait également redonner aux citoyens un peu de foi et de confiance en la construction européenne et sa capacité d’agir.

Enfin, cela constituerait une réponse pertinente à celles et ceux qui, comme Vladimir Poutine, freinent le changement en jouant sur les faiblesses actuelles et l’effondrement programmé de l’Union européenne. Le sursaut de cette dernière signerait la fin de leur privilèges. Enfin, une politique extérieure crédible, c’est aussi une politique énergétique ambitieuse : 40 % d’efficacité énergétique en Europe d’ici 2030, c’est deux tiers d’importation énergétique russe en moins.

…  »

 » UE-Turquie : Il faut débloquer le processus de négociations avec la Turquie  » Communiqué de presse Hélène FLAUTRE ( Verts / ALE ), Co-présidente de la Commission Parlementaire Mixte UE-Turquie

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Le Commissaire européen en charge de la politique d’élargissement de l’UE, Stefan Füle, a présenté ce matin le rapport de progrès de la Commission à propos de la Turquie.

Réagissant au rapport, Hélène FLAUTRE, Co-présidente de la Commission Parlementaire Mixte UE-Turquie a estimé que:

« Le rapport qui vient d’être publié présente une image contrastée de la situation en Turquie. D’une part, la Commission soutient les ouvertures du gouvernement sur la question kurde, les droits des minorités ou encore les réformes judiciaires, mais elle souligne à juste titre que le respect des droits fondamentaux et de la liberté de la presse constituent les faiblesses de la démocratie turque.

Ce rapport vient après les manifestations et la dure répression policière de Gezi et les trop nombreux procès intentés aux journalistes. Il y a deux semaines, un rapport d’Amnesty International est venu rappeler combien les violations des droits de l’homme avaient été massives pendant les manifestations de juin. 

La démocratisation durable de la Turquie reste profondément liée à la réussite des négociations pour la paix sur la question kurde. La Turquie devrait accélérer la procédure de révision constitutionnelle. Elle devrait aussi renforcer les institutions de contrôle du pouvoir exécutif comme la Cour des Comptes ou le Parlement.

Le Conseil de l’UE doit décider la semaine prochaine d’ouvrir le chapitre 22 des négociations d’adhésion sur la politique régionale. Mais il faut aller plus loin dans le domaine des libertés fondamentales : l’Europe devrait ouvrir au plus vite les chapitres 23 et 24 et proposer un agenda crédible de négociations.

 

Enfin, il faut féliciter la Turquie pour les conditions d’accueil des réfugiés syriens et l’encourager à maintenir sa frontière ouverte. »

Michel Rocard, grand homme politique, député européen, homme de conviction et de dialogue:  » Oui à la Turquie, plus que jamais! « 

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Dans ce déferlement de méconnaissance, d’ignorance ou de bêtise, de mensonges, de racisme qui n’ose même pas dire son nom, il y a quand même beaucoup d’hommes politiques qui raisonnent, réfléchissent et agissent en France et en Europe.

A l’opposé du Président Français, Michel Rocard en fait partie. Comme l’ancien secrétaire d’état aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.

Quand Michel Rocard aborde la future adhésion turque, c’est avec raison. Car il a une excellente connaissance de la géostratégie, de l’économie mais aussi des atouts apportés par ce pays à l’UE et une vision saine de notre avenir commun d’Européens et d’Euro-Méditerranéens.

J’ai lu sur son blog :

 » Merci également à tous les blogueurs qui y ont consacré un billet. Je pense par exemple à Michel Cavallier, Nelly Margotton, André Minetto, Henry Moreigne et Daniel Riot, et tant d’autres encore que je ne peux tous nommer ici. Enfin merci à ceux qui sont venus sur ce blog débattre de ce «Oui à la Turquie ». Soyez assurés que toutes ces contributions nous sont utiles, à ma co-auteur Ariane Bonzon et à moi–même. Elles nourrissent notre réflexion et nos prochains écrits sur le sujet. » Michel Rocard

Une remarque: parmi les pseudos arguments souvent agités avec frénésie contre la Turquie, sa localisation en Asie; et Chypre, pays d’UE, ce qui est une bonne chose, ils la situent où ? De toute façon, c’est d’Eurasie qu’il faut parler en géographie physique ( discipline scientifique ), le reste n’est que vue de l’esprit; alors …

Voici son article complet sur son blog :

http://www.ouialaturquie.fr/2009/01/michel-rocard-se-retire-de-la-vie-politique-mais-pas-du-débat-public-.html?cid=6a00e54f0222c0883401156ee1f4cd970c

 » Les médias ont rendu public mon retrait de la vie politique. Mon mandat de député européen s’achève ce mois-ci. Mais je ne quitte pas la vie publique, et comme chacun d’entre vous le sait, je reste plus que jamais un homme engagé. Simplement, je vais pouvoir me consacrer entièrement aux questions qui me paraissent urgentes et décisives, comme celle de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, qui m’a conduit à écrire Oui à la Turquie et à ouvrir ce blog.

Ecrit pour mieux se connaître et se comprendre, entre France, Turquie et Europe, « Oui à la Turquie » sera bientôt publié en turc. Je m’en réjouis car il a rempli l’un de ses objectifs: établir une passerelle entre nos deux pays.
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